TOME IV YjJLV. TCO ypOVW
L'or prend soin lui-même de punir les forfaits dont il est cause. — « Eh bien, Clive, ministre sanguinaire de l'Angleterre, toi qui, sur les bords du Gange, as pris soin de faire haïr ta patrie... Eh bien, as-tu assez bu de flots d'or et de sang.^ Tâche maintenant, si tu le peux, de vivre avec toi-même. Tu fais l'approche des hommes; tu cours dans tonpalais qu'habitent les Furies; tu veux être seul, mais tu restes avec toi, avec ton souvenir tout peuplé de tes crimes. A la nuit, tu fais allumer mille bougies ; tu trembles de voir les ténèbres ; tu crois voir des spectres menaçants; mais dans ton cœur est une nuit épaisse, impénétrable, oii tu entends gémir les ombres des huit cent mille Indiens que tu as fait périr. Tu cherches le repos, mais ce sang que tu as dévoré te dévore à ton tour. . . les valets accourent près de toi et reculent d'horreur en voyant ton sommeil effroyable... ils te voyent t'agiter, suer, crier, implorer un pardon, gémir, trembler, prier. « Nabab, ce n'est point moi ! — Ce n'est point toi, barbare ? ce n'est point toi qui... Ce n'est point toi qui... » Mais vous, remords, rage, terreur, désespoir, accourez, jetezvous en foule dans le cœur de ce coupable. Retracezlui tous ses forfaits ; tonnez-lui sa condamnation ; et alors les morts seront vengés, les vivants sécheront
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leurs larmes et n'accuseront plus les dieux ; les concussionnaires pâliront de crainte et sauront qu'avant le trépas dans le cœur des pervers le crime et les remords allument des enfers*.
^01»/.. Imiter ces vers de Shakespeare^ dans la pre-
1. Ici comme en d'autres passages, il serait fort facile de dégager du texte en prose des vers, parfois fort beaux, qui s'y trouvent enchâssés. Malgré l'initiative de M. Dimoff une telle restitution ne nous a pas semblé tout à fait légitime. Chénier nous confesse indirectement dans un passage de la Perfection des arts (ci-dessus page 28) qu'il lui arrivait d'écrire en vers en quelque sorte malgré lui, au milieu d'un développement en prose. Les vers dont il s'agit n'ont pas été dégagés par lui du texte qui les précède et qui les suit; rien ne prouve que leur forme et leur rythme eussent satisfait le délicat poète et qu'il eût retenu pour les faire entrer dans l'un de ses poèmes ces productions spontanées de sa virtuosité prosodique.
2. Chénier a emprunté divers motifs à l'auteur de Roméo et Juliette (Voir notamment dans l'édition G. de Chénier, t. I, p. io5 et 234). Dans la Perfection des Arls, il se rencontre une page de notre poète très agressive à l'égard de Shakespeare. Il faut croire qu'il revint, au sujet du poète anglais, à un jugement plus favorable, car je relève dans une leltrede Marie-Joseph à André le passage suivant (i3 février 1788) : « Vous vous plaisez à Londres, et je m'y attendais. Je voudrais bien un jour pouvoir aller vous embrasser dans cette belle ville, avant de vous revoir à Paris. C'est de tous les ouvrages celui qui me plairait davantage; mais jusqu'ici mon espérance à cet égard est un peu éloignée. Vous me paraissez indulgent pour Shakespeare ; vous trouvez qu'il a des scènes admirables. J'avoue que, dans tous ses drames, je n'en connais qu'une seule qui mérite à mon gré ce nom, du moins d'un bout à l'autre : c'est l'entretien de Henri IV mourant avec son fils le prince de Galles, etc. »
Cette lettre nous montre, en outre, que le poète ne se déplaisait pas tant à Londres que certains passages de ses œuvres pourraient le faire supposer. Le charme qu'il éprouvait dans la société des belles
mière scène des deux gentilshommes de Vérone
as tlie most forward bud Is ealen by tlie canker ere it blow, Even so, by love, the young and tender wit Is turnod to folly, blasiing in ihe bud, Losing bis verdure even in tbe prime, And ail [tbe] fair efifects of future bopes.
f" a8o L'injure à l'œil ardent, aux lèvres palpitantes.
Et l'étude à l'œil creux, du sommeil ennemie. L'étude nocturne.
Les rides studieuses... savantes.
L'injure aux cris aigus, de colère étouffés.
La colère insensée à la voix rauque et dure.
Et la colère blême à la vue égarée.
Une mer menaçante et grosse de naufrages.
Anglaises fut sans doute pour beaucoup dans les sentiments favorables dont on trouve ici l'indication.
Ces droits nés avec la nature f» 284.
Contemporains de l'Éternel.
Vaincu par sa propre victoire.
Devant les nations souverains légitimes Héchir ce front qui se dit souverain.
Ces fiers tyrans, valets sous le tyran suprême.
Punir les erreurs par des crimes.
Un jeune enfant couché sur le côté parmi des f» gg. feuilles, à l'ombre, et son âme portée au ciel par un groupe d'anges bien lumineux, bien transparent, et ces vers :
Je voudrais que l'Arioste vécût : il était digne de conter ce que j'ai appris à Pathmos...
In quclla terra dunque, per star sincero, Avenue il caso si degno di memoria Che s'altri m'en facesse il verbo intero Che inimici délia papal signoria, Del gran Vangelio l'affermerei^più vero, Clie men contô un fratel greco la storia. Un fratel greco, ma dotto dotto adonte Di Marco Tullio, Platone o Senofonte.