Sadhi dans Chardin, t. 5, p
3. Ces extraits ont été transcrits en anglais p* Chénier d'après la grammaire de la langue persane de Jones : A Grammar of the Persian lang uay e hy Jones, csq., Londres, Richardson, 1781. H nous a paru qu'il n'y aurait aucun intérêt à reproduire ces textes en anglais et qu'il était préférable d'en fournir ici une traduction.
y6o ANDRÉ GHÉMEH
Garçon, apporte du vin, car la saison des roses approche ; afin qu'entourés de roses nous rompions de nouveau nos vœux de repen tance. O Hafiz, tu désires ainsi que les rossignols, la présence de la rose; ton âme doit être la rançon de la terre où marche le gardien de roses !
Fais apporter du vin, et sème des fleurs autour de nous.
La nuit est obscure; la crainte des vagues nous accable et le gouflre est terrible ! Comment ceux qui sur les rivages ne portent que des fardeaux légers connaîtraient-ils la misère de notre situation .►^
L'éclat de ton visage est plus splendide que la joue du jour, la noirceur de tes cheveux est plus obscure que la couleur de la nuit.
La lune est brillante, mais ta face est plus brillante qu'elle ; le cyprès est agréable, mais ta forme est plus agréable que le cyprès.
Les jeunes fdlesau visage d'anges sont confondues à Taspect de cette joue, les nymphes à l'odeur du jasmin sont pleines d'envie en voyant ces boucles de cheveux.
J'allai, je brisai leurs casques : je défigurai leurs beaux visages.
Quand le roi du monde montra sa face, le général baisa la terre, et s'approcha de lui (Ferdusi).
Joie à Shiraz et à ses charmants environs ! O ciel, préserve-le de ruine !
Colore de vin ce tapis sacré, si le maître de la fête te l'ordonne ; car celui qui voyage n'ignore ni
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les usages, ni les manières des maisons des festins.
Sais-tu ce que le matineux rossignol me dit? Quel homme es-tu, dit-il, qui peux ignorer ce que c'est que l'amour? (Sadi.)
Ciel! combien est grand mon bonheur cette nuit! puisque cette nuit ma bien-aimée est arrivée sans être attendue!
Ce jour est le jour des plaisirs et de la joie; c'est la fête du printemps : ce jour, mon cœur obtient ses désirs, et la fortune lui est favorable.
O ciel ! quelle perle précieuse et quel joyau inestimable est cette fille royale, dont la joue ressemble à la lune, et le front à celui de Vénus!
Le sentier de l'amour est un sentier auquel il n'y a point de fm, et sans lequel il n'y a de ressource pour les amants que celle de livrer leursâmes.(Hafîz.)
Je dis, est-ce le zéphir dont l'haleine s'exhale du jardin? ou est-ce une caravane de musc venant de Khoten?
Ils se plongeaient dans les plaisirs et les délices, ils étaient constamment attentifs à la mélodie du luth et de la cymbale. — (C'est de la prose, observe Chénier.)
Si je pouvais dormir une nuit sur ton sein, je croirais toucher le firmament de ma tête élevée. (Ferdusi dans une chanson d'amour.)
Ces cheveux, dont chaque boucle v§ut cent sachets de musc de la Chine, seraient vraiment doux à sentir, si leur odeur provenait de la douceur du caractère. (Hafiz.)
Nous avons livré nos âmes à ces deux agréables narcisses (yeux), nous avons placé nos cœurs sur ces deux hyacinthes (boucles de cheveux). (Hafiz.)
L'éclat de la coupe et du gobelet obscurcit la clarté de la lune; les joues des jeunes échansons dérobent au soleil sa splendeur.
L'haleine du vent du couchant répandra bientôt le musc autour de nous ; le vieux monde reprendra sa première jeunesse. (Hafiz.)
11 est impossible d'obtenir le joyau de tes souhaits par tes seuls efforts ; c'est une idée vaine que de présumer d'y parvenir sans assistance. (Hafîz, l'Anacréon de Perse.)
La vie de l'homme est un journal dans lequel il ne doit écrire que des bonnes actions. (Poète cité dans l'histoire de Cazvini.)
O roi Mahmud, toi, conquérant de tant de régions, si tu ne me crains pas, du moins crains Dieu! Pourquoi as-tu enflammé ma colère ? Mon épée dégouttante de sang ne t'alarme-t-elle pas.^^ (Ferdousi dans sa noble satire contre un roi qui l'avait négligé.)
J'ai éprouvé les peines de l'amour : ne me demande pas pour qui; j'ai goûté du poison de l'absence : ne me demande pas de qui.
Garçon, apporte une coupe de vin ; apporte encore quelques coupes de vin pur.
Dis, n'apporte point de flambeau dans notre assemblée, car cette nuit la lune de la joue de ma bienaimée est en son plein; ne répands point deparfums
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dans la salle du festin, car nous nous plaisons suffisamment à l'odeur de tes cheveux.
Quand le soleil de ce vin s'élèvera de l'orient de cette coupe, mille tulipes naîtront dans le jardin de la joue du jeune échanson.
0 doux zéphir, passe par le lieu que tu sais, et révèle les secrets de mon cœur que tu sais.
Avec cette agréable nuance que tu portes sur la rose de ta joue, tu tires une ligne sur la surface de la rose du jardin.
Poursuis vivement tes plaisirs, car tandis que tu fermes tes yeux, l'automne s'approche, et la fraîche saison se passe.
O Nakshebi, un homme qui désirejouirdesa bienaimée doit être actif et diligent : quiconque agit avec diligence dans ces affaires, obtiendra à la fin l'objet de ses vœux. (Nakshebi, Fable dan perroquet.)
Je ne sais pourquoi ces belles filles, hautes comme des cyprès, qui ont des yeux noirs, et qui brillent comme la lune, n'ont pas la couleur de l'amour. (Hafiz.)
Il vaut mieux pour moi que je ne détourne pas ma face de la patience ; il peut arriver que je trouverai ce que mon cœur désire.
Les bosquets reprennent l'éclat de la jeunesse ; la rose en envoie l'agréable nouvelle au rossignol à la voix mélodieuse. (Ces trois derniers mots*, observe Ghénier, sont épithètes du rossignol.)
I. With sweet notes. Évidemment, le poète voulait les retenir; il les a soulignés, du reste.
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Une beauté avec un visage semblable à la lune, odoriférante comme le musc, ravissant les cœurs, délectant l'âme, séduisant les sens, belle comme la pleine lune.
Dorénavant toutes les fois que j'écrirai ton nom, j'y ajouterai faux, désobligeant, et sans foi.
Un jardin où se trouvaient les plus clairs ruisseaux, un verger dans lequel le cliant des oiseaux était mélodieux ; l'un était rempli de tulipes colorées de plusieurs nuances, l'autre rempli de fruits de couleurs variées.
Il fait jour, garçon, remplis cette coupe de vin ; le ciel roulant ne fait aucun délai; hâte-toi donc. Le soleil de ce vin se lève de l'orient de cette coupe ; si tu désires les délices et la joie, quitte ton sommeil. (Hafiz.)
Quand le rossignol chante tes louanges à haute voix, je suis tout oreilles, comme la tige d'un rosier. (Gelaleddin Ruzbehar.)
Considère attentivement : y a-t-il une rose sans épine ? (Hafiz.)
O haleine du vent du couchant, dis à ce tendre faon, tu nous as confiné dans les collines et dans les déserts.
Ociell reconduis ce faon musqué à Khoten, ramène dans son natif jardin ce haut et ondoyant cyprès.
Si je pouvais envoyer mon âme même en celieu, combien peu de chose serait ce présent î
Les rossignols gazouillaient dans le jardin, et les faons se jouaient sur les collines.
NOTES SUR L.\ PERSE aCô
Le mal qui vient d'en haut n'est pas un mal.
Hélas! hélas! faut-il qu'une si brillante lunesoit cachée par les nuages! (Gelaleddin Rumi, fable du marchand et du perroquet.)
Hier, la présence de ma bien-aimée délectait mon ame, et aujourd'hui son absence la remplit d'amertume ; hélas ! faut-il que la main de la fortune trace alternativement la joie et la douleur dans le livre de ma vie! (Sultan Togrul Ben Erslan.) Le grammairien ajoute ceci, observe Chénier: Cet illustre héros et poète fut le dernier roi de la race des Selgiucides : il aimait passionnément les poésies de Ferdusi, et dans la bataille où il perdit la vie, on l'entendit répétera haute voix les vers suivants de Chahnama:
Quand la poussière s'éleva à l'approche de l'armée ennemie, les joues de nos héros pâlirent ; mais je levai ma hache d'armes, et d'un seul coup j'ouvris un passage à mes troupes : mon coursier, ainsi qu'un éléphant furieux, faisait rage, et la plaine était agitée comme les vagues du Nil. (Ferdusi, Shahnama.)
Par l'approche du printemps et le retour de décembre, les feuilles de notre vie sont continuellement pliées.
Si le zéphyr disperse le parfum de tes cheveux sur le tombeau d'Hafiz, cent mille fleurs sortiront de la terre qui renferme son corps. (Hafiz.)
Les rivières murmurent, et les branches se courbent pour adorer leur créateur. Leurs coupes regorgeaient de vin, et mes yeux de larmes (poète arabe).
Si celle belle de Scliiraz voulait accepter mon cœur, je donnerais les villes de Samarcande et de Bokhara pour le seing noir qui est sur sa joue.
Oui! toutes les fois que le soleil paraît, quel avantage en retira Soha, si ce n'est celui d'être éclipsée? (Le grammairien remarque, ajoute Chénier : Soha est le nom arabe d'une étoile très petite et très obscure dans la constellation de la Grande-Ourse).
Les désavantages d'une trop grande hâté sont plusieurs, et les avantages de la patience et de la délibération sont innombrables. (Je crois que c'est de la prose, ajoute Chénier.)
Pourquoi es-tu venu? Si tu es venuipour apprendre la science des temps anciens et modernes, tu n'as pas pris le vrai sentier : est-ce que le Créateur de toutes choses ne connaît pas toutes choses ? Et si tu es venu pour le chercher, sache que dans le lieu oii tu fus d'abord fixé, il était présent . (C'est de la prose, remarque Chénier. Un philosophe persan.)
Si j'avais su que ton absence m'eût été si douloureuse, et si affligeante, je ne me serais pas éloigné de toi, pas même pour un seul jour; et je n'aurais voulu te quitter un seul moment.
J'ai ouï dire que deux tourterelles vivaient ensemble dans un même nid, et chuchotaient leurs secrets dans une même chambre; la poussière de la jalousie n'avait jamais souillé leurs âmes, et les angoisses de l'infortune n'avaient jamais percé leurs cœurs.
L'araignée tient le voile dans le palais des Césars; le hibou fait sentinelle sur la haute tour d'Afrasiab.