ALEXANDRIE
Vue de la colonne de Pompée.
Vue de f obélisque de Cléopdfre.
Vue de la ville d'Alexandrie ; mosquée de mille et une colonnes.
Les bains de Cléopâtre.
Trois dessins représenianl des danses, mariages, diseuses de bonne aventure, etc., de l'Egypte.
Environ vingt dessins des plans, élévations, coupes et profils de monuments de la Palestine, la Syrie et r Egypte, dont la plupart sont absolument inconnus.
UNE PREMIERE RÉDACTION DE LA. PRÉFACE DK PERFECTION ET DÉCADENCE DES LETTRES \
Il n'y a de bonheur pour aucune race vivante qu'à f" 'O^C-). suivre ce à quoi la nature la destine. Les hommes, d'après la perfection de leur voix et de leurs organes, et leur inquiétude à chercher toujours quelque chose, à se dégoûter du présent, à s'étendre en tous sens, à s'élancer en de nouvelles idées, et à laisser des vestiges de leur existence, doivent sentir que la nature ne les a point créés pour ne connaître que les soins et les appétits de la vie animale, comme les bêtes, mais pour agir d'esprit non moins que de corps et pour vivre ensemble. Et nulle société ne pouvant durer sans l'équité et la justice, elle les a faits capables de moralité dans leurs actions ; ils sont donc composés de raison et de passions. Les unes, mal dirigées, aveuglent et perdent l'autre ; mais quand les unes sont réglées par des mœurs saines et de bonnes
I. Cette première rédaction nous est fournie parle manuscrit autographe de la Bibliothèque Nationale (voldfcne IV, fo» 198 à 202). Le texte publié par nous ci-dessus, (pages là 11), d'après Latouche et Becq de Fouquières, provient vraisemblablement d'un manuscrit de la Vallée-aux-Loups aujourd'hui égaré.
a. La l'oliotation de ce fragment est irrégulière.
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lois, et que l'autre reste libre et vraie, alors la raison nous fait juger ce qui est bon et utile, et les passions nous échauflent d'un amour avide pour ce qui est beau et illustre.
Quelques-uns, plus grands que tous, n'ont que le pur f° 198 v». enthousiasme de la vertu; d'autres y joignent le désir de la gloire. De ce désir ou de celui d'être utile naît l'émulation, source' de mille biens dans toute société bien ordonnée, parce qu'alors elle aiguillonne chaque homme^ à se montrer parfait dans la vertu, et le meilleur entre les bons. Ce sentiment est bien loin de l'envie, car il est fondé sur la conscience de ses talents et de sa probité, et sur l'estime qu'on fait d'autrui; et l'envie est un aveu d'impuissance^
Deux choses, étant plus que les autres le fruit du génie et du courage, et ordinairement de tous deux, mènent à la vraie gloire ; ce sont les grandes actions qui soutiennent la chose publique, et les bons écrits qui l'éclairent . Bien faire est ce qui peut le plus agrandir un homme ; bien dire n'est pas non plus à dédaigner; et souvent un bon livre est lui-même une action ; et souvent un auteur sage et grand, étant la cause lente de saines révolutions dans les mœurs et dans les idées, peut sembler avoir fait lui-même tout ce qu'il fait faire de bien.
Mais dans les commencements des républiques, la vertu étant encore un peu rude et agreste, et chacun ne
1. Les mots a source... le meilleur entre les bons )> sont raves dans le manuscrit.
2. Variante (rayée) du manuscrit: (aiguillonne chaque homme) à lutter, non d'avarice avec le concussionnaire, d'astuce avec le fourbe de brigue avec l'ambitieux, mais de vaillance avec le vaillant, de prudence avec le sage, d'intégrité avec le tempérant, (à se montrer parfait dans la vertu et le meilleur entre les bons), etc.