‹ Œuvres inédites (volume 2)Chapitre 12 sur 41 · X.iple?, il mai i S i; SI · texte numérisé non relu

X.iple?, il mai i S i; SI

Ne m'en veuillez pas, m'a chère Valentine , si je vous écris si rarement ; je me reproche souvent de répondre si mal à tant d'intérêt et d'amitié, pardonnez-le moi, je ne suis plus le même homme que vous avez connu et qui aimait tant à vous dire tout ce que son cœur et sa tête lui dictaient. Alors la vie me souriait, mon heureuse vieillesse s'avançait doucement sans crainte pour l'avenir, c'est qu'alors je ne savais pas que je devais mourir deux fois !

Ne croyez cependant pas que je me laisse abattre par le chagrin. J'aurais la force de le supporter s'il n'avait frappé que m < > i ; j'aurais peut-être dû me résigner, mais je n'ai point Je force contre les larmes de ma pauvre femme; sa douleur, sans cesse renouvel e par mille souvenirs qui nous entourent à Naple i, a imble s'accroître avec le temps; nés de son ménage, les amis qui viennent

oir parviennent à la distraire quelq

n ras niuis retrouvons seuls, l'horrible vide se présente aussitôt. Nos tristes entent» I ■ lotit sentir plus vivement encore, il faut quitter Naples; jusque-là nous n'aurons aucun i le moment sera terrible. Malgré

le malheur qui m'y a frappé, j'aime ce beau pays et je le quitterai avec regret. J'y finirais volontiers mes jours auprès du monument de mon cher Arthur.

Nos préparatifs sont presque achevés, je pense cependant que nous ne pourrons pas partir avant les premiers jours de juin , quoique le projet arrêté serait pour le 25 de ce mois. Nous n'avons aucun plan de fixé ; nous irons à Rome où Sophie veut faire ses dévotions à la chapelle grecque; de Rome à Florence, puis Livourne demande un autre tribut de larmes. Là on se décidera pour le reste du voyage.

Comme ma belle-sœur veut retourner en Russie pour l'automne, je ne sais comment nous pourrons arranger notre marche-route. Elle veut voir Venise; de mon côté, je veux voir mes parents qui sont dispersés à Nice, Turin et Chambéry. Et ces autres parents de mon cœur, les Marcellus, quand les retrouverons -nous? Natalie sera la première à jouir de ce bonheur, puisque vous lui faites espérer de la venir voir à Aix où elle sera avant nous. Vous serez étonnée du changement qui s'est opéré en elle depuis quelque temps. Elle est engraissée d'une manière surprenante; son aimable visage n'y a rien perdu. Je ne l'ai jamais vue si fraîche, si colorée, mais sa taille en a souffert : elle a l'air d'une grosse maman, et les bonnes femmes ne manquent jamais de lui souhaiter un garçon! Vous trouverez aussi ma femme bien vieillie. Je ne sais comment elle peut résister à tant de chagrin, sa bonne constitution la sauvera;

j'espère el je compte beaucoup sur la distraction et le mouvement du voyage. Elle parle souvent de vous, et vous êtes pour nous tous une perspective consolante qui fait le sujet le plus ordinaire de nos conversations.

Lorsque je vois les idées tristes, les cruels souvenirs troubler nos entretiens, je parle d'Audour, de Paris, sera-t-il possible d'y passer l'hiver, d'avoir un appartement près du vôtre? Alors les cœurs s'apaisent, nous parlons de la bonne Eulalie, du marquis, de Délie, de plusieurs amis que nous reverrons avec plaisir, les la Ferronnays, Gontaud, et cependant ce sera bien triste de nous présenter seuls! Les choses qui semblent éloigner cette idée nous y ramènent toujours.

J'avais préparé pour vous une vue du chemin de Quisilana, mais je ne puis plus m'en séparer maintenant. Tout ce qui rappelle Castellamare, ce pays où j'ai été si heureux et si malheureux, sera toujours précieux pour moi. Natalie vous aura dit que nous avons un portrait bien ressemblant d'Arthur, ça été un vrai miracle VOUS ferez connaissance avec lui, car il ne ressemble plus à ce qu'il était lorsque VOUS nous ave/ quitte. Voilà tout ce qui nous reste de tant d'espérances!

Je vais finir ma lettre, c'est la dernière fois que je VOUS p. nierai de mes chagrins; aujourd'hui je ne :.;iis parler d'autre chose et je m'en veux de n'être pas plus raisonnable. Adieu, chère enfant, j'aurai de VOS nouvelles par les Iriesenholl, car je pas avoir de réponse à Cette lettre avant

Dit . ie vous prie, mille chi

mables à votre mari. Sophie vous embrasse tendrement l'un et l'autre.

Je vous écrirai encore avant de partir, pour "vous raconter notre expédition à Palerme dans laquelle nos dames ont souffert, de la fatigue sans mal de mer, malgré une nuit entière de bourrasque.

Communiquée par la famille Oudinot

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