‹ Œuvres inédites (volume 2)Chapitre 29 sur 41 · VERS ADRESSÉS A LA PRINCESSE H. G. Q U I SAVAIT FAIRE LA BARBE · texte numérisé non relu

VERS ADRESSÉS A LA PRINCESSE H. G. Q U I SAVAIT FAIRE LA BARBE

Aimable Hélène, quel caprice

A pu de vous faire un barbier?

Je crois démêler l'artifice,

Qui vous fit prendre ce métier :

En vous appliquant à l'étude

Du bel art que vous cultivez,

Vous voulez prendre l'habitude

De mener les gens par le nez.

Hier, de votre apprentissage,

J'ai fait l'essai sans avoir peur,

Je cra;gnais peu pour mon visage,

Mais je craignais tout pour mon cœur.

Votre heureux talent à Cythère

Paraîtrait dans un plus beau jour,

Car dans l'art d'aimer et de plaire

Vous feriez la barbe à l'Amour.

Èpitaphe du Chat Pantalon X App.irtenant à l'archevêque de Tarente

Ci-gît l'aimable Pantalon,

Qui vécut sans ambition

Aussi longtemps qu'un chat peut vivre,

Laissant un bel exemple à suivre;

Vrai phénomène au temps présent :

11 n'aima ni l'or ni l'argent;

De la constance il fut l'emblème;

Sensible, doux et caressant,

11 mourut aimé tendrement

D'un maître que tout le monde aime

Le Prisonnier et L' Papillon.

Colon de la plaine éthéréc, Aimable et brillant Papillon, Comment de cet alfreux donjon As-tu lu découvrir l'entrée?

A peine entre ces noirs créneaux Un faible rayon de lumière Jusqu'à mon cachoi solitaire Pénètre à travers les barreaux.

As-tu reçu de la nature Un cœur sensible à l'amitié?

Viens-tu, conduit par la pitié, Partager les maux que j'endure?

Ah ! ton aspect de ma douleur Suspend et calme la puissance ; Tu me ramènes l'espérance Prête à s'éteindre dans mon cœur.

Doux ornement de la nature,

Viens me retracer sa beauti;

Parle-moi de la liberté,

Des eaux, des fleurs, de la verdure.

Parle-moi du bruit des torrents,

Des lacs profonds, des frais ombrages,

Et du murmure des feuillages

Qu'agite l'haleine des vents.

As-tu vu les roses éclore?

As-tu rencontré des amants ?

Dis-moi l'histoire du printemps Et des nouvelles de l'aurore; Dis-moi si dans le fond des bois Le rossignol, à ton passage, Quand tu traversais le bocage, Faisait ouïr sa douce voix!

Le long de la muraille obscure Tu cherches vainement des fleurs !

Chaque captif de ses malheurs Y trace la vive peinture.

Loin du soleil et des zéphirs, Entre ces voûtes souterraines, Tu voltigeras sur des chaînes Et n'entendras que des soupirs.

Léger enfant de la prairie, Sors de ma lugubre prison; Tu n'existes qu'une saison, Hâte-toi d'employer la vie.

Fuis! tu n'auras, hors de ces lieux Où l'existence est un supplice, D'autres liens que ton caprice, Ni d'autre prison que les deux.

Peut-être un jour dans la campagne, Conduit par tes goûts inconstants.

Tu rencontreras deux enfants Qu'une mère triste accompagne :

Vole aussitôt la consoler ; Dis-lui que son amant respire, Que pour elle seule il soupire; Mais, hélas!... tu ne peux parler.

Etal la riche parure

Aux yeuj de nus jeunes enfants;

i moin Je leurs jeux innocents, Plan,; autour d'eux sur la verdure.

Bi II tôt, vivement poursuivi,

i wloir te laisser prendre, i ' il ii r en Heur va Ks attendre Pour Ks conduire jusqu'ici.

Leur mère les suivra sans doute, Triste compagne de leurs jeux :

Vole alors gaîment devant eux, Pour les distraire de la route.

D'un infortuné prisonnier Ils sont la dernière espérance :

Les douces larmes de l'enfance Pourront attendrir mon geôlier.

A l'épouse la plus fidèle On rendra le plus tendre époux ; Les portes d'airain, les verroux, S'ouvriront bientôt devant elle.

Mais, ah ! ciel ! le bruit de mes fers Détruit l'erreur qui me console; Hélas! le Papillon s'envole... i Le voilà perdu dans les airs!

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