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Tes livres corrupteurs auront cessé de nuire, Et lorsque les humains cesseront de les lire ! »
A ces mots, Alecton plonge le mécréant Au fond de l'eau bouillante, et de son bras puissant Referme pour toujours, frémissant de colère, Le couvercle de la chaudière.
L'Amitié des chiens.
Aux rayons du soleil, deux chiens de bonne mine,
Couchés tout près de la cuisine,
Reposaient amicalement Et discouraient, au lieu d'aboyer au passant. Un chien bien élevé n'est méchant qu'à la brune ; De là vient le proverbe : Aboyer à la lune. Nos compagnons médisaient des humains A qui mieux mieux, parlaient du sort deschiens,
Du cuisinier et de son avarice,
De certains maîtres sans pitié,
Du bien, du mal, enfin de l'amitié :
« Il n'est point, disait l'un, de mal que n'adoucisse Le tendre sentiment de deux cœurs bien unis;
Tout est plaisir pour des amis; Le bonheur est doublé, la peine est partagée ; Sans rien dire on jouit, rien qu'à se regarder.
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Mon âme s:rait soulagée, Et mon emploi me semblerait léger, Si, par exemple, ici nous vivions de la sorte; Destinés à garder tous deux la même porte, Attables l'un pour l'autre, empressés, généreux, Nous pourrions dans la paix couler des jours heu-
Ils le sont tous, lorsque l'on s'aime! [reux; Qu'en penses-tu, Barbet? — Mais j'y songe moi-mê- Reprit le camarade ; au lieu de grommeler, [me, De nous battre sans cesse et de nous quereller, Soyons amis, Briffaut, c'est moi qui t'en convie; Nous vivrons sans aigreur comme sans jalousie, Et nous ne verrons pas comment passe le temps; Nous irons côte à côte attaquer les manants ; Ensemble on nous verra dormir et nous repaître. Jouer innocemment, caresser notre maître. Je me sens tout ému quand je pense à cela; Donne la patte, allons. — J'y consens, la voilà ; Jesuistout prêt moi-même à pleurer de tendresse.»
Et nos amis de s'embrasser, De battre de la queue et de se caresser. Mais, comme ils en étaient à hurler d'allégresse,
Le marmiton leur jette an os :
La trêve est expirée; adieu les bons propos,
Oreate furieux s'élance sur Pilade; Il ne s'agit plus d'embrassade, Nos deux amis jouant des dents;
Avec peine un seau d'eau calme les combattants.
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POESIES. 2'jp
Et cette fable au vrai nous peint beaucoup de gens. Ils sont tout feu, tout flamme ; on dirait des amans ; Leur amitié sincère en proverbe est passée; Mais jetez-leur un os, vous verrez leur pensée ; Tous leurs bons sentiments feront place aussitôt A la tendresse de Briffaut.