XAVIER DE MAISTRE
Page ), ligne 2/. — On y est fort content du jeune roi. — Ferdinand II, monté sur le trône le iû décembre 1830.
Page 6, ligne 3. — Les Polonais... se défendent bien. — Xavier, bien que ses sympathies fussent dans l'autre camp, ne peut s'empêcher ici de reconnaître le courage des insurgés, mais c'est le seul passage. Les mois de mars et d'avril furent très-heureux pour l'insurrection polonaise : Shzrynecki avait culbuté l'avant-garde russe dans la forêt de Wawer (3 1 mars), puis attaqué Dambé et mis en fuite le 2e corps d'armée; enfin, une division russe fut défaite à lganie; mais, après cette victoire, le général polonais perdit du temps, ne sut p.is profiter de ses avantages, et le prince Paskewitch, qui prit le commandement de l'armée russe, faisait son entrée le S septembre dans la capitale de la Pologne.
Dans la lettre suivante, datée du 16 mai, Xavier se montre, en effet, plus rassuré. La victoire était revenue sous les drapeaux russes.
Page 10, ligne }. — Les événements i!e Tarascon , de Met:, de Grenoble. — Le signal avait été donné simultanément dans un certain nombre de villes pour des soulèvements correspondant à l'insurrection de Paris des 5 et 0 juin 1S31.
Page 11, lig>ie j. — Le prince Gagarin. — Ambassadeur de Russie à Naples, beau-père de Mme Schwctchinc.
Pave jj, ligne 1. — M. de Sibeaupierre. ■ — Ambassadeur de Russie à Constantinople, fut grand chambellan de l'empereur de Russie.
Page rj, ligne 19. — La merveilleuse Grotte d'azur, — située au N. O. de l'île Capri. On n'y peut pénétrer qu'en se couchant au fond du canut ; à l'intérieur, la voûte s'élève à 13 mètres de hauteur au-dessus de la mer. L'admirable teinte bleue répandue sur tous les objets dans cette grotte, profonde de 53 mètres, avait du frapper Un voyageur curieux, comme Xavier, de tous les problèmes de physique et de chimie.
; ;, ligne 2ç/. — La Piscine, les Catnmeielles, la
Tombeaux. - La Piscina mirabilis, prés de Bacoli,
réservoir d'eau établi à l'extrémité de M aqueduc Julien,
avec un plafond voûté reposant sur quarante-huit forts
piliers, le tout parfaitement conservé.
1 1 immerilles. On croil qu< les réduits souterrains trelle (1 eni chambres), I Nerone, > ' yrintbe, étaient les substructions d'une villa de Jules '
1 bu*, la plus belle pai tic de
Pompéles, est une grande route militaire qui conduisait
Naples, et de là à Rcggio, pai Herculanum
Page 13, ligne 30. — Le Temple de Vénus — situé à l'O. du Forum était inachevé au moment de la catastrophe. Au milieu d'une grande cour carrée, s'élevait, sur un soubassement le temple proprement dit qu'on abordait par un escalier de treize marches. Devant l'escalier, l'autel aVec le nom de ses fondateurs, qui servait à des sacrifices d'encens, tels qu'on les offrait à Vénus. Derrière le vestibule, s'étendait le sanctuaire dominé par la statue de la déesse, placée sur un piédestal élevé. On n'a retrouvé en ce lieu que les débris d'une statue mutilée de Vénus.
Page 14, ligne z. — Nous ne savons point ce que fait le maréchal Pasketuitcb. — « La partie d'échecs se débrouillait. » La fortune continuait à servir le maréchal et lui fournissait des armes dans le camp même de ses ennemis. La veille du jour où Xavier écrivait cette lettre, dans la nuit du 15 août, éclatait l'insurrection de Varsovie, où une foule furieuse massacrait les membres de l'aristocratie, sous prétexte qu'elle paralysait et trahissait la cause nationale. Ce sont là, dans l'histoire des peuples, de ces pages lamentables qui sembleraient parfois donner raison aux doctrines des frères de Maistre.
Page 14, ligne 20. — Afm« de Lulzoff. — De la famille des Czartoriski. Son mari fut ambassadeur de Naples à Rome.
Page 16, ligne 31. — Ces vers appartiennent sans doute à la pièce dont Xavier cite trois vers. (Voir notes du tome Ier, p. 20;.)
Page 1S, ligne 7. — Mes idées sont diamétralement
opposées aux vôtres. — Si la discrétion ne nous permet pas de préjuger les opinions de M. le colonel Hiiber- Saladin, ces mots semblent assez clairs; on peut, d'ailleurs, s'en faire une idée par la lecture de ses principales brochures politiques: Peu de mots sur l'Italie (1831);
De- la tolérance religieuse (1832), etc. (Voir la note du tome I", p. 203.)
P.içe li), ligne 52. — Ce sont des outils de la Providence. — C'est, en propres termes, la doctrine de Joseph de Maistre. *
Page 20, ligne 21. — A Cour. — Voir la note du tome Ier, p. 258.
Page 20, ligne 2;. — L'amitié de M. Deodati. — (Deodat est une faute typographique; nous avons trouvé le nom de cette famille écrit Deodati et Diodati). Pasteur et bibliothécaire genevois, cet écrivain distingué avait passé l'hiver de 1S31 à Rome. Il descendait d'une famille patricienne de Lucques, qui embrassa le protestantisme et vint s'établir à Genève vers le milieu du xvi« siècle. Le comte Joseph de Maistre avait eu des relations suivies avec un proche parent du pasteur. (Voir premier volume de sa correspondance, lettres au comte Deodati à Genève.)
ne 26. — Mou mémoire sur les couleurs. — S'agit-il ici de ce mémoire sur >• la Physique des couleur s cl sur le Mécanisme de la peinture » dont Xavier parledans une lettre de l8j8(t. II, p. 1 :o)? Cet ouvrage dont les ■ ne savaient que faire • aurait pu enfii
idati, voir le jour après trois ans d'attente. Li
Bibliothèque de Genève a bien donné l'année suivante
■1 mémoire sur la Couleur de l'air et des tauxprO- ■ 1 plutôt du premier.
M ,■: M«i Eynai /.— M. I Lullin, connu par sou dévouement à la cause de la
• itlon de M. PIctet de Rochemont, ministre plénipotentiaire de la Diète helré-
tique à Vienne et à Paris. La belle maison, dite palais Eynard, à Genève, a été moins habitée que le palais de Florence, où M. et Mm« Eynard, en grande faveur a la cour du grand-duc, ont reçu pendant plusieurs années la plus brillante société européenne. (Note de M. H. S.)
Pige 2r, ligne 27. — La santé de M. Vcrnci. — (Lisez Mademoiselle et non Monsieur). M'Ie Vernet,' fille du syndic Vernet-Pictet avait épousé le baron Auguste de Staël, fils aîné de l'auteur de Corinne et frère de la duchesse de Broglie. Elle est morte récemment à Genève, laissant le château de Coppet à sa nièce, Mme la comtesse d'Haussonville. Les deux volumes de Doudan renferment un grand nombre de lettres à son adresse. Un frère de Mme de Staël mourut, croyons-nous, vers cette époque, victime de son dévouement dans vin incendie. Est-ce à ce deuil que le comte Xavier de Ma'stre fait allusion ? (Note de M. H. S)
Page 2}, ligne 20. — Une main de fer comme celle de Napoléon. — Quelque jugement que l'on porte sur les opinions de Xavier Je Maistre, on ne peut s'empêcher d'être frappé de ces mots et de se reporter à vingt années au delà.
Page 2}, ligne 30. — Votre excellent oncle. — François Hùber-Lullin, savant naturaliste, né à Genève vers 1750, fut atteint dès l'âge de vingt ans d'une cécité complète. Son domestique François Eurnand, devenu depuis un instituteur distingué, lui servait à la fois d'explorateur, de lecteur et d'écrivain. Mme Hiiber a souvent aussi aidé son mari dans ses observations entomologiques. Hùber a découvert que la mère abeille est fécondée en l'air par l'approche des faux bourdons. C'est de lui que Delille a dit, dans son poëme des Trois règnes :
Enfin, de leur hvmen, savant dépositaire. L'aveugle Hiïber l'a vu par les regards d'antrui, L'tsur ce grand problème un nouveau jour a lui.
Page 24, ligne 2;. — L'ècharpe.— On ne s'étonnera pas que Xavier ait été peu favorable à VicoU romantique et à son cbef. 11 est évidemment, sur Notre-Dame de Paris, de l'avis d'Kugénie de Guérin avec laquelle nous savons qu'il entretint une correspondance. « Ces génies, écritelle, ont des laideurs qui choquent l'oeil d'une femme. Je déteste de rencontrer ce que je ne veux pas voir, ce qui me fait fermer bien des livres. Notre-Dame de Paris que j'ai sous la main cent fois le jour, ce style, cette Ësméralda, sa chevrette, tant de jolies choses me tentent, me disent : « Lis, vois. » je regarde, je feuillette, mais des souillures par ci par là sur ces pages m'arrêtent; plus de lecture et je me contente de regarder les images. » {Journal d'Eugénie de Guérin, p. 153.)
Pdg' *S> ligne 4. — A/lle Yvanoff. — Nièce de la comtesse de Maistre.
Page ;;, ligne 12, — A/'1* Silreslre. — Institutrice genevoise de la princesse Augusta de Saxc-Wcimar, aujourd'hui impératrice d'Allemagne.
/' . I 26, ligne S. — Voilà la Duchesse du Btrry. — Le
coup de main tenté par la duchesse de Rerry (avril iN;:) avait échoué dans le midi, lin Vendée même, sur cette
terre classique du dévouement aux principes monarchiques, malgi tits d'armes brillants, tels que h . combats de Riallé, du Chêne, le siège du ehtteau de 1.1 Pcnissière, l'entreprise n'avait servi qu'A fain
inutilement le Sang fiançais. Les chefs du parti les
■ dans l'Ouest, soii i Pari . MM, di la Roche Saint-André, de Goulalnej di Goyon, de Tin-
guy, Ch.itc.tuhii.tnd, 1 James, Bellune, l'astoret,
etc. , avaient désapprouvé énergiquement cette aventureuse entreprise, et Berryer avait été chargé de supplier la princesse de s'éloigner.
Page 26, liane ,1}. — Que je suis sous le joug. — Allusion à sa posit'on en Russie. Ce joug, Xavier le confesse, lui était assez léger à porter.
Page 2j, ligue 6. — Bien que Xavier soit parvenu à un âge avancé, il semble avoir été d'une santé délicate. Cette correspondance nous le montre atteint deux fois d'une maladie qui mit sa vie en danger. Il était encore bien faible quand il traça ce billet, car ces quelques lignes sont détachées d'une lettre écrite de la main de sa nièce.
Page 30, ligue 5. — Lehzeltern. — Ambassadeur d'Autriche à Naples, épousa Mlle de Laval. Leur fille était la vicomtesse des Cars.
Page 30, ligne 28. — Une excursion que le grand-duc a faite à Pompei. — La ville de Pompeïes, en grande partie détruite par un tremblement de terre (63, ap. J.-C.) fut anéantie en 79 par une épaisse pluie de cendres. Un certain nombre d'habitants, qui ne prirent pas la fuite à temps, trouvèrent la mort dans la ville. On a exhumé plus de cinq cents squelettes dans la partie de la ville découverte (la population de Pompeïes a été évaluée à 30,000 âmes). Des éruptions postérieures ont porté vingt pieds d'épaisseur la couche de décombres qui recouvre la ville. L'antiquité y entreprit quelques fouilles, et le moyen âge l'oublia. Ce n'est qu'en 1748, après la découverte fortuite de statues et d'ustensiles de bronze, que le roi Charles III fit commencer les fouilles : l'Amphithéâtre et le Théâtre furent découverts. Le gouvernement de Murât les fit pousser activement, et le forum,
les murs de la ville, la voie des Tombeaux, un grand nombre de maisons particulières revirent le jour. Depuis 1860, ces travaux sont confiés à un directeur qui dispose d'un budget spécial. Les ruines sont découvertes systématiquement : enfin l'on a créé un chemin de fer et un musée pour le transport et la conservation des objets exhumés.
Page 32, liane 11. — Le général BugeauJ. — Il avait été chargé, en 1832, du commandement de la citadelle de Blaye, où était détenue la duchesse de Berry.
Page f.f, ligne J. =* Les Mun. — Xavier écrit ordinairement les Meun; nous avons arbitrairement supprimé Ve, croyant d'abord qu'il s'agissait de la famille d'Adrien de Mun, le mari d'Eugénie de la Ferronnavs. Cette famille n'a aucun rapport avec celle des La Ferté- Meun. La marquise de Meun et Mme de Champlastreux étaient filles de M. Mole. La duchesse d'Ayen est fille de cette dernière.
P"Sf H> l'g"c 4' ~~ Mmt ''< Blron. — De la famille des Gontaut-Biron, était une demoiselle de Mun.
\6, Kgftt 6. — Ciarkoe-Stfo, c'est une des résidences
impériales du c/.ir. Le premier essai de chemin de fer
fut t'ait de Saint-Pét 1 et * l'au-
ne Ligne, de 2; kilomètres environ, fui ouverte à 1.1 circulation en is-,s. a cette époque la fouli
tait avec fureur au pire impéri. il de Curkoc-Selo et ,iu
Wauxhall de Paulowsk, où L'administration lui préparait
. de tout genre.
La cinq principaux foc Uni principal tuteurs de le Vt ovieî
Page 4S, ligne 22. — Portki-Sainl-Jorio — occupe l'emplacement de l'ancienne ville d'Herculanum. On y a retrouvé un grand nombre d'antiquités, qui ont été transportées au Musée de Naples.
Page 4<), ligne 10. — La machine anglaise — doit être un système quelconque d'échelle de réduction.
Page je), ligne 23. — Un pauvre Ciociaro, — ou plutôt ciocciaro (paysan chaussé de cioccie) (chôches), d'où l'on a dit un chôchard.
Page ;6, ligne 6. — Aux vrais intérêts de notre sainte Religion. — Nous avons cru pouvoir reproduire cette scène étrange d'intolérance, curieuse au point de vue des moeurs d'une partie du clergé italien, il y a plus de quarante ans. La piété sincère du narrateur, qui n'a jamais écrit une ligne capable de nuire, comme il le dit, « aux vrais intérêts de la sainte religion », est une garantie de l'exactitude de ce récit.
Page S7i ligue 1. — L'aimable Eulalie, — marquise Oudinot jusqu'en 1847, aujourd'hui Mme la duchesse douairière de Reggio. (Voir notre étude, p. xm.)
Page S7, ligne 10. — La belle Délie, — Mmc de Lauriston.
Page tj, ligne 1J. — J'ai marqué avec un point ncir. — L'en-tête de la lettre est une mauvaise vignette représentant quelques maisons au premier plan et le Vésuve fumant à l'horizon.
Page /7, ligne 20. — Une cote qui réunit le Vésuve à la Summa. — Le monte Somma est la partie N.-R. du mont
Vésuve. Une profonde vallée, en forme de faucille, sépare le Somma du Vésuve proprement dit. Celui-ci est un cône de cendres, au milieu duquel se trouve le cratère, le seul foyer en activité intermittente depuis trois siècles.
Page 60, ligne 20. — La Famille de Henry Quatre et Marguerite. — Xavier, rarement exact dans la transcription des titres, appelle la même pièce dans la lettre suivante, Henry Quatre en famille. C'est, croyons-nous, un tableau anecdote en un acte, représenté au théâtre Comte, le 27 juin 1828. Nous supposons que la seconde pièce est Marguerite, comédie en un acte, mêlée de chant, par Pigol et Félix Picard (1S21).
Page 61, ligne 9. — Les Acton. — Famille naturalisée
anglaise, dont le chef était alors le chevalier Acton. Un membre de cette famille a été cardinal.
Page 63, ligne iS. — Écrit mit panse d'à. — Locution vieillie, qui signifie tracer le corps d'un a, c'est-àdire : je n'ai pas écrit une seule lettre.
64, ligue 8. — Le bon Gigante. Nous n'avons pu nous procurer de renseignements sur cet artiste qui ne parait avoir laissé aucun souvenir aux pensionnaires de la villa Médicis. Sans rien vouloir présumer, ce déla peinture à l'huile, cette vente au rabais de 1 Semblent pas s'accorder avec un talent ne. D'ailleurs » ébaucher, mais ne savoir ni retoucher, ni finir », n'est pas le fait d'un artiste bien sérieux.
v. Ma passion pour Iti trombes. Nous lié dans 1 ; ■"■ met*
imitativei pom tenh .i l'explication du trombei (i8f3).
Page 66, ligne 9. — Qu'il ne soit pas libéral. — On appelait alors libéraux les partisans de la liberté, dans quelque mesure qu'ils le fussent. On était franchement, ou l'on n'était pas libéral. Dans la conviction de Charles X un libéral était un révolutionnaire et ne pouvait être royaliste. En 1828, M. Aug. de Leyral, un député royaliste, disait à la Chambre : « Le royalisme est devenu libéral et le libéralisme est devenu monarchiste. » Déjà le sens du mot s'était modifié depuis 1824. Le mot ne tarda pas à passer dans la langue parlementaire; l'immense majorité des Français l'adopta, quitte pour chacun à l'interpréter dans l'acception et la mesure de son opinion personnelle. Il tend à disparaître du vocabulaire politique avec les principes et les intérêts dont il était l'expression plus ou moins précise.
Page 6~, ligne f. — Ainsi dit le Marinant. — Le maréchal, duc de Raguse, malgré ses talents, ses services et ses victoires, n'a pu échapper à l'impopularité qui atteint la versatilité des dévouements. Les diverses apologies qu'il a publiées de sa conduite n'ont pu l'excuser en 1814 et en 1850. Cette expression même qu'emploie Xavier, le Marmont, donnerait à penser que les hautes dignités dont il fut revêtu sous la Restauration n'avaient point suffi à lui rendre toute la considération de la petite société de Castellamare. Les faveurs de Louis XVIII n'avaient pas complètement fait oublier le vieil homme.
Page 6<), ligne 31. — Six mois à Tiflis. — Lors de son expédition en Géorgie (Voir notre étude, page xxxu.)
Page 70, ligne 2. — ■ Parce que j'en ai soixante et onze (ans). — Ce passage de Xavier, nous l'avons dit, serait décisif pour déterminer avec précision l'année de sa naissance; malheureusement, cette lettre, par exception n'est pas datée.
Il ji
Page Jl, ligne o. — Le fameux tremblement de terre de 1S06. — Nous croyons que Xavier se trompe d'une année; on a cité les éruptions de 1804 et 1805, mais V Annuaire volcanique n'en signale point de nouvelle en 1S06.
Page 7j, ligne 1. — Les deux tourtereaux. — 11 s'agit du baron Gustave de Friesenhoff et de Natalie, qui étaient sur le point de se marier.
Page 79, ligne 20. — M. Palegoix, — le nouveau précepteur, sans doute celui que le comte de Marcellus avait procuré, pour achever l'éducation d'Arthur. (.Voir t. Ier, page 262.)
Page Si, ligne 16. — 11 ira à la messe autres. — C'est-à-dire par l'entraînement ; par l'exemple,
il fera comme tout le monde.
Page Si, ligne iS. — Je devrais m'excuser vous. — Ces mots sembleraient le début d'une nouvelle
lettre, mais s'expliquent par les dernières lignes : u Ma lettre a chômé quelques jours sur ma table » (p. ,S|).
ne -'/. - Je me sens devenir apathique et me. -- C'est à cette annéi Xavier
tre signale, pour la première fois, dans cette ! i sent qui,
■ i sprit, mais si bien, quand il prend la plume, que le lecteur ne
nient. Pourtant, il souvent sur cette infirmité, qui devait le laisser vivre encore par le cceui pendant
1 Dam le jugement... sur sonfoime. m. Ce poème de Lamartine avait
Page Sj, ligue 10. — La politique rationnelle. — Brochure in-8°, publiée en 183 i. Encore attaché de cœur à la monarchie des Bourbons. Lamartine n'avait d'abord pas voulu servir celle de Juillet qu'il regarde comme une époque de transition. Dans sa brochure, il indique à la société et au pouvoir une politique chrétienne qui est à la fois « celle de la morale, de la raison et de la vertu » . Pensant qu'il a donné assez de regrets « an passé qui n'est plus qu'un rêve », il se décide à rentrer dans la vie active. Il se laissa porter candidat pour la députation à Toulon et à Dunkerque, mais ne fut pas élu. C'est à la suite de cet échec qu'il entreprit son voyage en Orient.
Page S}, ligne 14. — Le sainl-simonisme. — Nous n'avons pas besoin d'interroger Xavier pour deviner son opinion sur Saint-Simon et sa doctrine. Il s'en explique d'ailleurs assez clairement dans la lettre où il raconte avec une bouffonnerie spirituelle la tentative de suicide de trois malheureux saint-simoniens (t. II, p. 4$).
A propos d'un ouvrage ayant pour titre : le Sainl- Simonisme jugé far un saint-simottien (1S68), où l'on voit figurer les noms des principaux adeptes de Ménilmontant, les Charton, les Chevalier, les d'Eichtal, les Barrault, M. A. Desonnaz, faisant la part des illusions généreuses de la jeunesse, juge cette doctrine avec une judicieuse sévérité. « Ces égarements de la raison naissent presque toujours d'une même cause : l'orgueil. C'est parce qu'on ne consent point à n'être qu'un homme qu'on arrive à être moins qu'un homme et ce mot de Pascal est éternellement vrai ! Qui veut faire l'ange fait la hete. » Le châtiment de ces orgueils surhumains ne se fait pas attendre. On est puni non-seulement par le désordre moral de sa pensée, mais aussi par le désordre moral de sa vie; on commence par l'ascétisme, ou finit par le charlatanisme, et quand se réveille la raison, la moralité ne se réveille pas tout entière. »
Page S}, ligne 27. — Ont apostasie comme »\/. Lamennais. — Après iS;o, il rompit avec l'Église et embrassa la cause démocratique. Fondateur du journal l'Avenir, il avait déjà publié sous l'inspiration de ces nouvelles idées Paroles d'un croyant (1834), Affaires Je Rome (i8;é) Le livre du peuple paraissait Tannée même où est écrite cette lettre (1837.)
Page S}, ligne 2S. — Jocelyn a été mis à l'index. — L'auteur revient ailleurs sur ce poème de Lamartine, X dont, à ce moment, il n'avait encore vu que quelques
extraits. (Voir tome II, page 104.)
Page S4, ligue 10. — Quelque opinion que l'on porte sur la carrière politique de Lamartine, on ne peut s'empêcher de remarquer avec quelle perspicacité Xavier dvait pressenti que le poète, lancé dans cette voie, ne pourrait se contenter de jouer un personnage subalterne, t que son ambition et son talent, aides des circonstances, le pousseraient fatalement, comme les Thiers et les Gui/ot, à un premier rôle. Ajoutons que cette affection « quand même », entre deux hommes d'opinions si opposées, les honore l'un et l'autre.
Page Se, ligue 6. — Une longue et triste lettre aprèr la mort Je mon dernier frère. — Elle n'a pas du arriver a destination, les Marcellus n'eussent pas manqué d'y répondre.
André, l'évêque d'Aostc, était mort en 1818; Joseph, le :(. juin 1821. Victor mourut très-jeune. 11 s'agit donc ici de Nicolas. (Voir notre étude, p.i; lv.).
86, ligne S. — Le petit BoUapianoUt, — Il va .ans
doute ici err ur de date, ou confusion entre le petit et le grand Boccapianola, car nous avons vu, dans une lettre précédente t II. I . ur le
il .l'un architecte, quitta subitement le petit Botta
piatwla, alarmée par le peu de solidité de la maison. Il n'est pas probable qu'elle y soit rentrée, l'ayant abandonnée pour un pareil motif.
Page Sj. — Que le lecteur, a qui nous nous garderions bien de dicter ses impressions, nous pardonne, pour une fois, de lui faire remarquer le charme de cette page, une des plus gracieuses et des mieux venues de cette correspondance. Xavier excelle à peindre un paysage animé par la présence ou le souvenir d'un ami. En ce sens, il est peintre d'histoire; un personnage suffit à sa plume pour mettre en pleine lumière le site qu'il décrit.
Page SS, ligne 20. — Depuis mon malheur. — Il venait de perdre, à Naples, Arthur, le dernier de ses quatre enfants, et si quelque chose avait pu augmenter l'affection qui l'unissait aux Marcellus, ce sont les témoignages de tendre amitié qu'il en reçut dans cette douloureuse épreuve. 11 les aime assez pour que l'espoir d'un rapprochement soit cr une vraie consolation », mais ce n'est là qu'un faible éclair, comme le prouve la lettre suivante, et la poignante amertume de ces mots : « C'est qu'alors je ne savais pas que je devais mourir deux fois. »
Page 9/, ligne 9. — Des députés de la noblesse et de la bourgeoisie savoyarde. — Un frère de Xavier, Nicolas, fit partie de cette députation. (Voir notre Etude, page xxvi.) Sans nier l'attachement des Savoisiens pour la maison de Savoie, il est permis de rappeler combien étaient divisés les partis politiques. Charles-Emmanuel IV a fait d'impuissants efforts pour comprimer dans son royaume les ferments de révolution, et plus tard l'héroïque vaincu de Kovare, Charles-Albert, père du roi actuel, fut le représentant des idées libérales dues à son éducation française.
Page 97, ligne 50. — Babylone. — Avons-nous besoin de l'expliquer, c'est Paris qu'il allait, cette année même, visiter pour la première fois. Il y était au plus tard dès le début de novembre, puisque la lettre suivante, ditée de Paris, porte la date du 6 novembre.
Page 98, ligne 7. — Mon neveu ,/<• Bulle! . — Dans une lettre, adressée à M. le comte de Marcéllus (; oct. 1S5;), nous trouvons les lignes suivantes : « M. de Iîuttel était son neveu favori; c'est à lui qu'il a donné dans le temps le petit héritage qui lui était échu en Savoie ; c'est même là, tin château tic Belmemt, pris du ponl Beauvoisin, que demeure ce dernier qui, premier officier au ministère des affaires étrangèresà Turin, a pris sa retraite, lorsque, après les événements de Février, la politique de ce pavs a pris une tournure qui ne pouvait convenir à un homme d'opini n^ politiques et religieuses aussi décidées que les siennes 1 . (Voir notre Étude, page xiv.)
Page xoo, ligne af. — Une scène d' Hernani, de V.Hugo,
— Cette toile est a ajouter a la liste de ses œuvres que
ms donnée aux notes du tome l°r, page 2\6. I.e
tableau des Capucins, dont il est question dans ce même
passage, est probablement le Chœur des Capucins de la
— Les Staielberg. — M. de Stakel-
berg fut longtemps ambassadeur de Russie à X.r. quclqi I' ris.
.-■ 1. — Il y a plus de quarante l.i 1" édition du Voyage fut publiée en 1 ne quarante-six ans que son premier es le 1 ient-il pas compte du /' la lettre publié, en 17S |.
. ligne tS, — Combien d'auteurs cil
I >n peut bien supposer qu'il pense à ' leui il /•■ Voleur, t. 11. p.
Page 10S, ligue /. — II me serait plus facile de parler de Naples. — Ne croirait-on pas voir dans ces lignes une sorte d'acquiescement à la publication d'une partie Je cette correspondance, tout inspirée par « le beau climat de l'Italie n ? C'est du moins, s'il eût consenti à reprendre la plume pour le public, le sujet dont il l'eût le plus volontiers entretenu.
Page 10S, ligue 2j . — Elle y est remontée d'elle-même sur les ailes de la gloire. — Xavier, comme son frère Joseph, malgré leur haine profonde pour Napoléon, ne pouvait s'empêcher, par échappées involontaires.de rendre quelquefois hommage à ce fatal et puissant génie. Cette admiration inspire ici à sa plume une image vraiment poétique.
Page ni, ligne 3. — Mais les femmes n'y sont pas admises!— Xavier de Maistre est tout entier dans cette exclamation. Nous nous expliquons pas ses qualités, par ses défauts mêmes, le charme de son commerce pour les femmes et leur séduction sur son esprit.
Page ni, ligne 7. — Un des hommes les plus patients, — Nous serions bien trompé si Xavier ne voulait désigner ici le comte de Marcellus. Nous avons prouvé par quelques citations que, malgré « son inaptitude » et sa répugnance, il se laissait quelquefois entraîner sur le terrain politique dans l'intimité.
Page 11} , ligne If. — Le Voyage en Orient, — ou les Souvenirs d'Orient, ouvrage de M. de Marcellus ; il en est encore question plus loin (p. 135) pour un article que Tôpffer lui consacra dans la Bibliothèque universelle de Genève.
Page II}, ligne 16. — La bonne marquise. — Mme la marquise Oudinot.
Pagt 114, ligne 21. — La rue de Bourgogne ou celle dé Las-Cases. — L'hôtel du marquis Oudinot, alors au
numéro 52 (depuis 44) rue de Bourgogne, et celui du comte de Marcellus.
Page 11 f, ligne 2S. — Colowrat. — Le comte François- Antoine Kolowrat-Licb-Sleinsky, né à Prague, en 177S, fut nommé, en 1S10, Obersl-Burggraf de Bohême, c'està-dire gouverneur suprême. En 1826, l'empereur François l'appela à Vienne, comme ministre de Cabinet et d'État. En cette qualité, il devint le chef de toute l'administration de l'empire et conserva ce poste sous deux règnes, jusqu'à l'année 1S4S, où la révolution de Vienne l'éloigna des affaires. 11 est mort en 1S61. lia légué une précieuse bibliothèque de 40,000 volumes au musée de Prague.
Pendant vingt-deux ans, le comte de Kolowrat fut le rival du prince de Metternich. Ces deux hommes d'Etat étaient ennemis politiques déclarés. Leur lutte, dans les séances de la conférence d'État, fut d'autant plus vive, que les limites du pouvoir et les attributions des deux ministres n'étaient pas bien définies. Le comte Kolowrat ne se mêlait pas du département de son collègue, tandis que le prince de Metternich, comme chancelier d'Etat, se croyait autorisé à surveiller et i régenter les actes officiels du comte. L'empereur François, malgré sa confiance dans le prince comme homme politique et ministre des affaires étrangères, sauvegardait l'indépendance de Kolowrat dont il avait apprécié l'intégrité et l'économie. M. (jui/ot, dans ses Mémoires, raconte que le prince de Metternich lui avait avoué, pendant leur exil à Londres, qu'il n'avait jamais gouvirni l'Autriche, et M. Guizot a prît cette parole pour une bizarrerie de son interlocuteur. Le prince était pourtant dans la vérité, en ce sens que lit réellement Kolowrat, et non lui, qui conduisait le gouvernement intérieur de l'empire.
S'il y eu: entre les deux rivaux une sorte de rapprochement a L'avènement >le l'empereur Ferdinand qu'il-. ... mirent alors le besoin d'unir leurs efforts pour
défendre leur pouvoir contre l'archiduc Louis, placé par le conseil de famille à la tête des affaires, à cause de l'incapacité de l'empereur.
Page 11 ;, ligne 2?. — Clam. — Charles-Joseph Nepomuk de Clam-Martini ez, né à Prague, en 1792, feld-maréchal-lieutenant sous le règne de l'empereur François, grand favori de ce souverain et de l'empereur Alexandre Ier de Russie, et aide de camp général de l'empereur Ferdinand. Il était chef de la section militaire dans le conseil d'État, c'est-à-dire ministre de la guerre, mais plus diplomate encore que militaire, grand ami du prince de Metternich, grand soutien de la politique de ce ministre, et employé par lui aux négociations les plus importantes de l'époque. — Xavier de Maistre a donc raison d'écrire que Clam et Kolowrat « n'étaient pas d'accord ». Clam est mort à Vienne, en 1840.
On trouve partout des renseignements sur Metternich qui, pendant un demi-siècle, a mis la main aux plus grandes affaires et à tous les traités européens ; nous avons préféré fournir quelques détails précis sur Kolowrat et Clam, personnages presque ignorés des nouvelles générations. Nous tenons ces informations d'un secrétaire qui a connu tout l'ancien personnel diplomatique.
Page 117, ligne 13. — Pastorel — (le comte Amédée de), fils du célèbre président de la Chambre des pairs en 1820, se démit de tous ses emplois en 1830 et devint l'un des conseillers intimes du duc de Chambord, dont il administra les biens. A la suite de dissentiments politiques, le comte Pastoret rompit avec les Bourbons et se rallia au second Empire.
Page ny, ligne 24. — Le Dieu poursuivant sa carrière. — Tout le monde connaît ces premiers vers d'une strophe de Lefranc de Pompignan, les seuls qu'on ait retenus de ce poète oublié.
Page 120, ligne 2}. — Topffer aura taule raison J'en être blessé. — Une lettre inédite de l'écrivain genevois que nous publions à la page suivante, lettre écrite quatre mois après celle-ci, montre que ces « corrections » étaient bien loin d'avoir obscurci du moindre nuage l'amitié des deux écrivains. Ce témoignage suffirait à prouver l'exagération des scrupules de Xavier.
121, ligue n. — Le poète défunt dont vous avez sans doute entendu parler. — Xavier oublie qu'il en a luimême entretenu Mrae de Marcellus dans une lettre précédente (4 avril 1839).
Page 124, ligue II. — L'anecdote que pavais commencée à Paris. — C'est, croyons-nous, l'anecdote relative au roi de Suède, Gustave, extraite d'une nouvelle inachevée. (Voir ce fragment, t. ltr, p. 107.)
-'7, ligne 2;. — M. de Sircey. — Fils de l'amiral de ce nom. a été ministre plénipotentiaire à Téhéran.
ne 2t>. — Je VOUS envoi.- la IcUie de Topffer.
que Xavier annonce deux fois l'envoi d'une lettre
1;;), nous croyons qu'il n'en a
envoyé qu'une à M de M.ucellus. Nous avons la bonne
fortune de la pouvoir donne: 1rs. Apréi tant
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stitués à l'art, autant de pages qui méritaient vraiment de voir le jour.
Nous avons retrouvé cette charmante lettre au milieu de celles que Xavier adressait à Mme la comtesse de Marcellus, Elle est donc inédite, comme toute la correspondance de Tôpffer et nous ne résistons pas au plaisir d'en enrichir ces notes. Malgré la place modeste où nous sommes obligé de la reléguer, on appréciera à sa valeur, croyons-nous, cette épître qui nous fait connaître avec une si sincère et si rinc bonhomie le sentiment de l'auteur sur lui-même et sur ses amis. Combien cette lettre augmente Ls regrets, que nous avons exprimés dans notre étude, de n'avoir pu obtenir communication des cinquante lettres que Xavier avait adressées à ce charmant esprit!