A M. LE COMTE XAVIER DE MAISTRE
« Genève, 21 novembre 1S39.
« Vous m'encouragez à vous écrire, monsieur; n'ayez peur que je ne profite pas de la permission, ou plutôt craignez que je n'en profite trop. C'est pour moi un plaisir plein de douceur et je n'ai qu'un regret, c'est de n'avoir pas commencé à correspondre avec vous si tôt que j'aurais pu, peut-être. Ce n'est pas l'envie qui me manquait, mais à moins d'un peu d'aide de votre part, je n'osais. Cette aide m'est venue et de la plus gracieuse manière ; j'en profite donc.
« Je viens d'écrire à M"e de Virieu qui a vu entre vos mains mes Voyages et qui me remerciait de lui en avoir offert un. Je lui dis que je vous remercierai à mon tour de m'avoir procuré l'honneur de faire sa connaissance et de m'entendre dire par elle beaucoup de jolies choses, sans compter un dessin de sa façon qu'elle me demande
la permission de m'offrir. Vous devez penser si j'ai bien vite accordé la permission. Je m'aperçois bien souvent, monsieur, que je vous suis redevable auprès de personnes distinguées par leur esprit et leurs sentiments, de la bonne opinion qu'elles veulent bien avoir de moi, et que vous me faisiez, outre beaucoup d'honneur, autant de bien qu'il était en vous, avant même que j'eusse la possibilité de vous exprimer toute ma gratitude. Ainsi font les personnes excellentes ; aussi ce procédé ne m'étonne pas de votre part, mais il me touche et augmente mon affection pour vous.
« Ceci m'amène à M">c de Marcellus dont vous dites : Mats divinior, etc., dont je veux dire à mon tour:
» Gratior et pulchro veniens in corpore virtus.
m Sa figure est de celles qu'on n'oublie pas, et les qualités de cœur dont vous me parlez s'y devinent. Elle représente pour moi qui, je l'avoue, ne connais la société française que par les livres, et un peu par quelques parents d'élèves à qui j'ai affaire, ce type élégant, digne et pur qui tend à se perdre et qui ne sera bientôt plus que dans le souvenir de quelques personne que les rois s'en vont; je trouve que ce qui est plus vrai, en France même, c'est que les femmes s'en vont, la façon dont cette charmante dame me priait de rendre compte de l'ouvrage de son mari, me représentait entre elle et lui, que je ne connaissais point, une allectlon intime et toute tendre, quoique conjugale, inspirant sympathie et respect. Quand je dis que je ne connais point M. de Marcellus, ce n'est plus exact aujourd'hui. |'ai appris- à le connaître en lisant son Voyagt, et je me h tout rempli de sympathie pour lui. 11 a un tour délicat, sensible, un peu mélancolique, ce nalurel : oit et puis, et puis...
un dieu que j'adore .'•' i, H. ou. ■
que je ne sache eu aucune façon ècrlrt à »ol
propos ; donné, je me suis mis a cet article
avec un vif désir d'y réussir. Je ne sais pas si j'ai réussi à y réussir, mais tout au moins le cœur s'étant mis un peu de la partie et l'ouvrage m'ayant beaucoup intéressé, j'ai accompli mon article. Il y a six semaines qu'il est prêt et il devait paraître dans la Bibliothèque universelle, ce mois-ci, et puis on m'a renvoyé au mois prochain. J'aimerais qu'il allât jusqu'à vous, et j'aimerais surtout que vous n'en fussiez pas trop mécontent. Mme de Marcellus doit croire que j'ai oublié sa requête, très -flatteuse d'ailleurs, et je suis impatient de lui avoir montré qu'il n'en est rien.
« Je n'entends plus rien dire de M. de Sainte-Beuve et de M. Charpentier, mais gardez-vous de vous imaginer que je m'en soucie en aucune façon, ou qu'à aucun prix j'allasse leur rappeler leur ancien projet d'éditer mes bluettes. Plus j'avance, plus je suis content de n'avoir aucun rapport avec critiques, éditeurs, gazettes, etc., d'écrire dans l'obscurité pour ma récréation, sans aucune idée de spéculation, sans aucune prétention de célébrité, d'être un maître d'école qui écrit et non pas un auteur qui est maître d'école. C'est grâce à cette méthode que des critiques que'quefois un peu virulentes et qui me supposent des prétentions que je n'ai point, m'amusent dans ce qu'elles ont de faux et ne m'irritent point dans ce qu'elles ont de juste, tandis que le suffrage indulgent et amical de quelques esprits distingués me cause un vif plaisir et que les éloges, de quelque part qu'ils viennent, ne me font poînt de peine. Mais pour en revenir à Charpentier, je vais faire une chose qui ressemble à celle qu'il voulait faire, c'est de réunir sous le titre de Nouvelles et Mélanges et en trois volumes mes ouvrages imprimés ici : le Col d Anlerne, le Lac de Gers, etc., et quelques articles comme le Dincr d'artistes, Joseph Homo, le Progrès, qu'on me demande bien souvent et qui n'ont été publiés que dans la Bibliothèque universelle. J'aurai donc: 1er vol., Histoire de Jules, 2mc et 3me, le Près-
bytère, que je vous envoie, et .)mf !es Nouvelle* et Mélanges que vous nie permettre? de vous adresser plus tard. A présent, puisque c'est vous qui me remettez sur le chapitre de mes opuscules, excusez-moi, si je vous en entretiens un moment, après vous en avoir déjà entretenu dans ce paragraphe. Vous allez dire que je suis bien plus auteur que je ne crois l'être, et j'ai horriblement peur que vous n'avez parfaitement raison.
«Je veux d'abord rectifier l'idée que vous vous faites de mes opuscules sur l'encre de Chine. Vous croyez que je les reprends en sons-œuvre. Non, je les public successivement, afin d'arriver, si vie et santé demeurent, à un ouvrage complet. Telle a élé mon intention de; le premier livre; quand j'approcherai de la fin, je ne publierai plus à part, mais je me réserverai mes derniers livres, pour donner quelque attrait de nouveauté au volume complet. Ainsi, sur ce point, ne manquez pis de me décharger de tout reproche dans votre première. Quant à la Bibliothèque tle mon oncle, j'accepte toutes tiques, et je pense qu'on a tort de donner un bonnet et des souliers à une femme qui plaisait mie. Mais le tort principal est, je crois, dans des ouvrages de ce genre, de donner les parties successivement. Si j'avais publié tout d'une fois l'Histoire île Jules, n'est-il pas vrai que, tout en préférant le milieu, les deux extrémités auraient pas donné lieu aux mêmes remarques? Tour ce qui est de moi, c'est vrai, je m'attache aux | que j'ai imaginées, j'ai de la peine A m'en df'p/tfi îniiii plaisir de les revoir, de me retrouver a\ et je finis par 1 Ul ajuster le bonnet et chausser les soulier.. |
mm 'ut avec :
que je connais toujo j'aime à appro-
fondir curieusement, q I
-indépendamment de son plus ou moins
de mérite ou de défauts, le plus cher de mes enfants. Et ce livre-là, bien que j'aie fait paraître le premier livre cinq ans avant les autres, je l'ai conçu d'une pièce. Il vous plaira bien peu, je le crains. Pourquoi j'y suis affectionné? C'est parce que j'y ai vécu beaucoup; parce que j'y ai voulu peindre les mœurs de ma patrie, et sans autre ambition que celle d'obtenir le suffrage de mes concitoyens, surtout de la masse, chez qui ces livres-là, tirés du terroir, renforcent, en le flattant un peu, l'esprit de nationalité, la seule sauvegarde et .le précieux bien des petits pays ; parce que j'y ai peint un gredin à qui ressemblent beaucoup de gredins moins noirs pourtant ; parce que, dans les lettres de ce gredin, j'ai employé un idiome fort vulgaire, mais qui a le charme (le défaut pour les étrangers) d'être l'idiome natal, et dans les lettres de Reybaz, un français un peu ancien et libre que j'aime par dessus tout, parce que je m'ensuis donné à cœur joie, et d'étudier des caractères, ce que j'aime merveilleusement, et de larmoyer vers la fin, ce que j'aime encore.
« Tes parce que, dit le Dieu, ne finiront jamais!
« Voilà pourquoi. Vous voyez que mes motifs sont drôles, et ne concluent que pour moi. Ce serait par trop commode qu'on pût conclure pour les autres. . « A propos, monsieur, voici une occasion, et une excellente, que je trouve de vous faire parvenir mes livres. C'est mon bon ami François Duval, le fils aîné de M. Jacob Duval, l'aîné de la famille actuelle. Il habite Moscou, où il va retourner, après avoir fait une visite à son vieux père; je le chargerai de mon paquet, et j'espère qu'il pourra vous le porter lui-même et se payer de ses peines par l'avantage de vous voir. C'est un digne et excellent homme, un de ceux à qui le cœur
et l'estime se donnent tout entiers et se conservent toujours. Il vous remettra le Presbytère, le quatrième livre de l'Encre Je Chine, le Voyage de cette année et, enfin, ma nouvelle édition de Vieux Bois. C'est, je crois, tout ce que j'ai fait depuis votre départ de Paris. Du reste, vous ne trouverez, dans mon quatrième livre, aucune impertinence sur le daguerréotype. 11 n'y figure que comme le 0 dans le thermomètre, c'est-à-dire comme un excellent terme de comparaison, dans un livre où je veux montrer que l'imitation est, dans l'arl, moyen et non pas but, ou. en d'autres termes, qu'un excellent Raphaël sera toujours autre chose et plus que la plus fidèle imitation du plus beau site par le plus parfait des procédés. Vous jugerez si j'ai réussi. D'ailleurs, entendons-nous. ]e n'ai pas l'ombre de rancune contre le procédé Daguerre, je le trouve curieux et admirable, mais j'en veux à l'idée admise aussitôt par le vulgaire que ce procédéenfoncé l'art, idée matérialiste, et que, à ce titre, j'ai légèrement en abomination, comme tout ce qui contient implicitement le principe du matérialisme. C'est comme en phrénologie, |e n'en veux pas à tel savant qui étudie les bosses d'un pendu, quand même, en le voyant faire, je l'observe avec quelque défiance ; mais j'en veux, et bien, à un Çratliose, qui, avant de rien savoir.se hâte de systématiser la doctrine la plus matérialiste du monde et de jeter dans les niasses des idées qui, en raison même de leur clarté matérielle, y font des ravages que cet anima 1-1 à n'arrêtera pas, une fois 'faits. Au fond, j'honore M. Cri pin, et M»« Crépin, je ne peux pas la souffrir. |'.ii reçu en cadeau un Dagucrre, qui représente voisines. C'est admirable de fini, curieux, instructif, e", toutefois, je nie suis continué dans l'idée que ceci D pur* imitation, quel. (ne belle qu'elle soit, elle manque du plfacipf de vie qui rend l'arl immortel, principe qui est la pentes, cl rien d'autre. Et la preuve, nous la venoiu du moment
où ces épreuves seront infiniment multipliées et à bas prix : l'on n'en fera guère plus d'usage que du kaléidoscope, tandis que l'on fera toujours du cas des tableaux. A chaque épreuve, c'est une reproduction identique de la nature par le même procédé ; à chaque tableau, c'est une reproduction nouvelle de la nature par d'autres procédés, qui sont d'expression et non d'imitation.
« Je ne puis vous taire, monsieur, une nouvelle qui peut cependant heurter vos douloureux souvenirs, c'est la délivrance de ma femme, qui m'a donné ces jours passés, et le plus heureusement du monde, une petite fille. Je lui ai présenté (à ma femme) vos hommages, ainsi que vous m'en chargez, et elle est infiniment sensible à cette attention que vous avez de faire mention d'elle dans vos lettres. Veuillez, non pas certes en retour, mais parce que c'est mon sentiment bien sincère, faire agréer à Mme de Maistre mes respectueuses civilités, et, puisque vous lui lisez mes lettres, je me figure donc que je lui écris aussi un peu ; c'est un honneur auquel j'attache beaucoup de prix.
a Le tableau est encadré, verni, placé, et je tâche de l'admirer le plus modestement que je puis; mais il m'arrive de mettre les gens sur la voie de me demander de qui je tiens ce joli tableau, et, une fois que je les ai mis sur la voie, je ne puis plus les laisser se perdre.
« Il n'y a rien de retors comme l'amour-propre, le bourgeon. Si j'ai bien parlé du bourgeon, c'est que je l'ai étudié sur moi-même, apparemment.
« Mais me voici au bout de mon papier, il me reste tout juste la place convenable pour vous réitérer, monsieur, l'assurance de mon respect et de mes sentiments bien affectueux. Ne tardez pas trop à me répondre, afin que je n'attende pas trop longtemps le plaisir de vous écrire de nouveau.
« P. S. — Dans le Voyage, la tour du Lépreux est très-exactement dessinée, d'après son état actuel. »
il 35
Page 130, ligne 1. — Le gros Presbytère. — Xavier dit le gros Presbytère, parce que l'auteur en a donne le Ier livre sous forme de nouvelle dans les Nouvellse genevoises et que c'est le roman tout entier, composé de cinq livres, que Xavier envoie à Mme de Marcellus. Sa critique est juste, parmi des éloges bien mérités: « il y a des longueurs » dans ce roman de 500 pages. Topffer nous a confessé qu'il ne peut plus se détacher des êtres créés par son imagination. Ce léger défaut est moins prolixité d'écrivain, qu'amour d'un père pour ses enfants.
Page 130, ligne 16. — Le jeune comte Appony. — Son père fut ambassadeur à Paris, jusque vers l'époque où a été écrite cette lettre.
Page 130, ligne 20. — L'inventeur, le docteur Dieffenbach, — Avant lui, Stromeyer avait pratiqué en Allemagne (1828) la strabotomie, c'est-à-dire la section des muscles trop courts de l'œil chez les personnes qui louchent.
Page 1)6, ligne 1. — Le nouveau malheur que vous
venez d'éprouver. — Voir la note consacrée au comte
in, père du la comtesse de Marcellus (Tome i,r,
■ , 1 ). Bien que le manuscrit ne donne pas l'année de cette lettre, la mort de M. de l-'orbin et les incidents diplomatiques dont parle Xavier permettent de l'établir avec certitude.
Page i)j, ligne IÇ. — Je vais maintenant tvu. parler
tleC... — 11 s'agit de Charles de la Ferronnays. On connaît
le mauvais vouloir de la cour de Saint-Péicr.sbo ..
tie de luillct. Le < ' Bni par
officiellement le nouveau
rapports restèrent toujours singulièrement
tendus entre les deu-.
de donner a Louis-Philippe le titre de Majesté, . »: . de 1 lioni 1 iption d'un pr:
» qu'es, En 1841, (' Pei "''
n'avait que le titre de chargé d'affaires. Les petites taquineries, « les picoteries n que subit longtemps le corps diplomatique étaient l'expression de ces ressentiments qui ne pouvaient ou n'osaient se traduire sous une autre forme.
Page 140, ligne S. — Vingt jours en Sicile, — Comme l'écrit plus loin Xavier, cet ouvrage du comte de Marcellus a achève très-bien les Souvenirs d'Orient ». Sa lettre du 29 décembre 1S42 nous apprend que les Souvenirs furent adoptés « comme livre classique par l'Université ».
Page 140, ligne } 2. — Un folliculaire déboulé. — -Nous n'avons pas besoin de protester contre la violence inacceptable de ces expressions, appliquées à un écrivain dont le talent a honoré les lettres françaises et tiendra une grande place dans la critique du xixe siècle. Xavier lui-même a conscience des exagérations de sa plume, quand il avoue à Mmo de Marcellus (t. II, p. 162) qu'il a écrit à son mari « dans un moment de chagrin et d'irritation contre Sainte-Beuve •. De même, en raillant sa candidature à l'Académie, « ses mauvais vers et sa détestable prose », il ne peut s'empêcher de confesser qu'il a lu <c avec plaisir » son livre de Port -Royal qui « l'a fort amusé ».
Page 141, ligne 22. — J'en ai lu un dans la Revue étrangère. — Xavier en nomme l'auteur, M. F. Foyot, dans sa lettre du 2 août 1841.
Page 142, ligue 21, — La mort du pauvre comte de la Ferrounayi. — (Voir la note du tome Ier, page 256.)
Page 146, ligne 22. — Son mari est neveu de Sophie. — Le comie Anatole DemidofT épousa, en 1S40, la princesse Mathilde, fille du roi Jérôme. Nous supposons que c'est à la suite de ce mariage qu'il fut « rayé des cadres ».
Page r/o, ligne 22. — L'injustice qu'on a faite à Granet. — Nous ignorons de quelle « vilenie > semblable fut victime
arto NOTES.
Granet ; mais les artistes savent trop bien ce qu'il leur en coûterait de réclamer contre certains droits de courtage exercés par des Mécènes peu désintéressés.
Page if y, ligne 8. — Une conversion miraculeuse d'un juif. — M. de Ratisbonne. (Voir la note du t. I", page 256.)
Page i6f, ligne 21. — Le vicomte d'Arlincourt. ■ — L'immense réputation de l'auteur duSolitaire a tenu bien moins à un véritable talent qu'à une imagination fantastique, à l'étrangeté de son style et à l'éclat, après 1S30, de ses ressentiments politiques. L'auteur de l'Etrangère, du Renégat, d'ipsiboé était complètement oublié avant sa mort (18)6). Déjà en 1S42, — le témoignage de Xavier est curieux à recueillir — le vicomte d'Arlincourt, par ses excentricités et ses naïvetés, était juge dans son monde « un peu ridicule ».
Page 167, ligne la. — Son rôle militaire était si beau. — Le marquis Oudinot fut chargé de diriger l'expédition d'Italie en 18.(9 ct l'c rétablir l'autorité du pape Tic IX.
Page 16S, ligne 5. — M. Calante. — Nous avons vu a Paris, il y a quelques année-;, une exposition des œuvres de ce peintre genevois. Son pinceau s'est particulièrement exercé à peindre des pays» Bt des Vues de
monta
170, ligne 2. — On nous a dit qu'il tirait HOMmi
leur à Vienne. - Lamartine, de 1S21 à 1850, occupa
(liilérents postes diplomatiques, à Naples, i Londres, à
Florence et en Grèce; m :", il n'est pas
1 entré dans cette carrière. Il fut envoyé à la Chambre par les électeurs de liergues (i8;.|), et, de 1839 1 1 \t,J
1 Mtcon, ta ville natale, On sali la pan Importante qu'il a prise aux événement-, de 1848, De is|K à
emeni membre dn gouvernement provi-
IQ te, a res, membre de l'As-
semblée constituante, de la Législative, il est rentré après le coup d'État du 2 décembre dans la vie privée.
Page iji, liane 14. — Baltimore... Le quartier de Philadelphie. — Nous n'avons trouvé aucune trace de ces deux ouvrages dans les catalogues spéciaux de librairie.
Page 1J2, ligne 9. — Rubens VamhassaJeur. — Rubens n'est pas seulement le plus grand des peintres flamands; anobli et comblé d'honneurs par l'archiduc Albert , gouverneur des Pays-Bas, et par l'infante Isabelle, son épouse, il fut chargé par cette dernière de missions diplomatiques près de Jacques Ier d'Angleterre, de Philippe IV d'Espagne et des sept Provinces-Unies.
Pagcij2, ligne 10. — Remercier M. de Caraman. — C'est de cette petite brochure que nous avons extrait les lignes citées (p. xui) dans notre Etude.
Page 175, ligne 25. — Merci four le précieux album. — C'est le Portefeuille du comte de Forbin, qui parut cette année même, avec un texte rédigé par son gendre, le comte de Marcellus.
Page TJ3, ligne 31. — Mon portrait que vous avez fait avec tant de soin. — Celui que représente l'eau- forte de notre volume de Nouvelles.
Page 1-4, ligne 1. — Ainsi tout change, ainsi tout passe. — Ces cinq vers sont les derniers de la 2i« pièce des Méditations poétiques de Lamartine, le Golfe de Bâta.
Page IJ4, ligne iS. — Les brillants succès que la comtesse Rossi... — La grande cantatrice Sontag, qui épousa le comte Rossi en 1850 et se fixa à Berlin. A la suite de revers de fortune, elle reparut, après 1848, sur la scène à Londres, à Paris, et mourut du choléra à Mexico.
Page ijf, ligne 20. — Félicité passée... — Ces vers sont une poésie de Bertaut, évèque de Séez (15 52-161 1).
Page 1S1, Vigne i. — Ce marquis de Pomcnars, dont barle M">« de Sèvigni. — La citation du texte même de M'"e de Sévigné est indispensable pour comprendre le passage de Xavier de Maistre : « Pomenars peut se faire raser au moins d'un côté, il est hors de l'affaire de son enlèvement; il u\i plus que le courant de sa fausse monnaie, dont il ne se met guère en peine. » (24 juin 1676.) Il avait refusé de se faire raser et de « prendre de la peine après sa tête, avant de savoir si elle devait rester au roi ou à lui ».
Page 1S2, ligne 25. — Czarkoc-Scio. — (Voir la note de la page 36, ligne 6.)
Page 182, ligne ya. — fail » .VA/. Michèle! et Quitiet. — Il s'agit de l'ardente polémique soulevée par la question de la liberté d'enseignement, où ces deux èminents professeurs défendirent le monopole universitaire et les droits de l'État.
Page iSj, ligne 1. — L'Université catholique. — Ce titre, devenu de nos jours 0 al, était sans doute
celui d'un journal ou d'une revue périodique. P.irmi les innombrables brochures que fit éclore la polémique de 1840a 1845, citées parle Journal de Lt librairie, nous meune mention de cette publication. La sévérité delà censure russe a l'égard de toute publication politique ou religieuse, non orthodoxe, explique la « communication clandestine ».
lu R. P. Ravignan. — F.c titre . tistence et <le l'institut des Jésuî' t brochure de 1 1 Paris, 1
I' >■ ■ !, ,rélit. 1845). L'auteur y examine en
exercices spirituels, les constitutions, le et les m
Enfin j'ai h les Mystères de Perli
— Cet enfin ne signifie pas que Xavier en ait achevé la lecture, car dix-huit mois après, il écrit que «M. Sue est tombé par terre, qu'il l'y a laissé et n'a pu l'achever », à moins qu'il ne s'agisse en ce dernier passage du Juif errant ou de quelque autre roman du même auteur.
Page 1S3, ligue 26. — Pas la moindre esquisse de ce visage.
— Qu'ét.iit devenu le portrait dont il parle dans deux lettres (t. I", p. 165 et 167), ce portrait peint par luimême « qui était sur une table et qu'il regardait souvent ». Il s'en était sans doute séparé en faveur de sa nièce Natalie ou de Mme de Marcellus elle-même.
Page 186, ligne 5. — La nature marâtre, etc.
Ces deux vers sont tirés de la tragédie de Crébillon RJiadamiste et Zinobii (acte II, se. 11). La citation du second vers est inexacte. Pharasmane, le personnage qui le prononce, dit :
Ne produit, au lieu d'or, que du fer, des soldats.
Page iSS, ligne 2; . — J'ai lu la vie de Rancè. — Le jugement de Xavier sur cette biographie du réformateur de la Trappe est fort juste. C'est une des œuvres les plus médiocres de Chateaubriand.
Page iSç/, ligne 8. — Le Voyage en Orient de M. d'Es- 'ourmel. — Le comte Joseph d'Esiourmel, préfet sous la Restauration, est né en 1783 et mort en 1852. Outre le Journal d'un voyage en Orient (2 vol. in-S°avec iéo planches, 1844), il a publié des Souvenirs de France et d'Italie dans les années 1S30-31-32 (1848); on a publié, en 1860 ses Derniers Souvenirs.
Page 19], ligue iS. — Un ancien roman que j'ai retrouvé.
— Probablement la nouvelle inachevée dont l'héroïne est Catherine Freminski. (Voir un fragment, t. I,r, p. 90.)
Page 194, ligne 11. — .Mme Je Biencourt — était delà famille des Montmorency; son mari a longtemps habité Naples.
Page 19c/, ligne 11. — Histoire universelle de i'Églis, catholique. — Bien que Xavier ait écrit Bourbachcr, il n'y a point de doute, l'auteur de cette volumineuse et savante histoire est l'abbé Rhorbascher, né dans le département de la Meurtrie, en 1780, mort en 1856. La ire é.iition avait paru de 1S42 à 1848 (20 vol. in-8°). Une 2e édition en a été donnée (1S65-1867) par J. Chantrel, avec continuation jusqu'en 1860, suivie d'une table générale et d'un atlas de 20 cartes dressées par Dufour (16 vol. gr. in-S)
Page 204, Hg'it 9- — La mort de voire illustre père. — L'affection ne dictait aucune hvperbole à Xavier, quand il parlait des regrets de l'Europe entière. Dans la liste des maréchaux de France, aucune carrière n'est plus héroïque et plus honorable que celle du duc de Reggio. Son intégrité, son désintéressement — mérite rare à cette époque — ont égalé sa brillante valeur.
Page 20C1, ligne 1 — L'invasion du choiera à Pètershourg — C'est la redoutable invasion qui devait atteindre la France, et surtout Paris, pendant l'été de l'année suivante (1849).
Page 207, ligue S. — Notre roi Charles-Albert aura un sort analogue. — I.a double prédiction de Xavier s'est a peu près réalisée. Lamartine, après une éclatante popularité, s'est éteint dans la gène c; presque dans l'oubli. Charles-Albert, vaincu à Novare (2-, mars 1849), mourait dans l'exil, quelques mois après sa défaite.
08, ligne 12. —Dans le chaos de cet interminables
guerres. — A cette date, à 1 1 suite des événements de 1848,
l'empereur Nicolas, apr^s avoir contracté alliait..
et l'Autriche pour comprime) l'esprit révolution»
Mire, avait puissamment aide ce dernier État a écraser l'insurrection hongroise (1849).
Page 210. ligne 2 ;. — Lu Castel-Ilajac. — M. .1
I ui-père de la jeune duchesse de Kc
ambassadeur à Saint-Pétersbourg. C'est lui qui annonça à la famille de Marcellus la mort de leur ami Xavier de Maistre (12 juin 1S52).
Page 2i}, ligne 16. —Radewsky.., qui gagne des hatailles à quatre vingt-dix ans. — Xavier de Maistre exagère un peu. Radewsky, né en 1766, vainquit Charles-Albert à Novare et reprit Venise en 1S49. Le feld-maréchal autrichien n'avait donc que quatre-vingt-trois ans.
Page 216, ligne 9. — La perte que vient défaire Valentint. — Comme le dit la suite de la lettre, la comtesse de Marcellus venait de perdre sa belle-mère.
Cette lettre, qui termine la correspondance, tracée d'une main tremblante, est assurément une des dernières écrites par Xavier ; on sent qu'il a voulu prendre sur lui dé remplir un devoir d'affection en écrivant au comte de Marcellus ces lignes de condoléance.
Page 219. — Poésies. — On trouvera dans notre étude (page xvi et suivantes) quelques détails relatifs à ces pièces de vers.
Page 220, ligue 1. — Lpitaphe du chat Pantalon. — Cette pièce, composée à Naples, en juin 1832, est citée par le comte de Marcellus à propos d'un autre chat, celui du pape Léon XII, Miatta, dont Chateaubriand avait hérité « J'ai connu à Naples le chat de l'archevêque de Tarente, Panlalone, qui avait pris son nom d'un masque de Venise, Mon ami, le comte Xavier de Maistre, improvisa ainsi son épitaphe, un jour que nous revenions ensemble du palais du prélat affligé de sa mort. »
(Chateaubriand et son temps, page 431.)
Page 220, ligne 13. — Le Prisonnier et le Papillon. — Un prisonnier avait raconté à l'auteur qu'un papillon était un jour entré dans sa prison en Sibérie. Cette jolie pièce 11. 54
a été traduite en russe, puis retraduite en vers français par un de nos secrétaires d'ambassade qui n'en savait pas la première origine. Pareille aventure est arrivée à la Chute des feuilles de Millevoye. (Note de Saint-Beuve.)
Page 22), ligne 19. — L'Auteur et le Voleur, — Nous croyons la part de Xavier de Maistre beaucoup plus considérable que celle de Kriloff dans cet apologue et dans le suivant. On regrette dans le premier la finesse ordinaire et la touche délicate de l'auteur du Voyage. La haine que Voltaire a inspirée aux de Maistre se donne trop aisément carrière dans cette pièce qui est moins une fable qu'une violente satire.
Page 2:7, ''i''"' 7- — L'amitié des chiens. — Nous préférons de beaucoup cette jolie fable où les réminiscences de Corneille et de la Fontaine semblent trahir la plume d'un fabuliste français bien plus que celle d'un écrivain ru^se.
MS ni. S NOTES DU TOME SECOND.