‹ Œuvres inédites (volume 2)Chapitre 5 sur 41 · XL VII · texte numérisé non relu

XL VII

A LA MÊME

Le 30 mai 183 (.

En f 1 n nous avons de vos nouvelles depuis que vous êtes tranquille sur le sort de vos amis; chère enfant, mon cœur me disait tout ce que vous avez dû souffrir pendant cet intervalle d'incertitude, et M"11' Mac-Arty, qui a fait le voyage avec vu us sur le bateau à vapeur, nous a touches aux larmes en nous racontant mille détails sur le triste passage et les angoisses que vous faisait souffrir votre précieuse amitié pendant que je combattais contre une maladie cruelle ; heureusement la volonté de Dieu a permis que je sortisse victorieux

du combat.

Je VOUS ai déjà écrit quel mes lignes au coin- : ut de ma convalescence, maintenant j'ai à peu près repris ma saute, à part un peu de faillir, les jambes qui, j'espère, se dissipera à Castellamare ; noua comptons y aller mardi prochain, ;iprés le l'ai de l.elveltern qui doit avoif

lieu lundi j juin; voua comprendras, d'ap

que j ■ \ ma mai que de la faiblesse de mes jambes,

que ce n'est pas pour moi que notre départ pour la campagne est retardé ; nous voulions partir le ier juin, mais, outre le bal qui se donne au grandduc de Toscane, une autre raison nous retient. Le pauvre Basile, qui est le bras droit de Sophie, est malade et nous ne pouvons rien faire sans lui.

J'ai seulement su en revenant au monde combien j'ai été près de passer dans l'autre. Je ne m'en suis nullement douté. Le jour où j'étais le plus mal, ma pauvre femme demanda à Langiani s'il ne serait pas nécessaire de faire demander mon confesseur. Elle était bien décidée à me faire ellemême la proposition, s'il le fallait absolument. Le docteur lui répondit que si la saignée qu'on allait faire ne faisait pas tomber la fièvre dans la journée, il faudrait appeler le prêtre. Jugez de ce que votre amie a dû souffrir dans cette attente. Le soir, la fièvre était de beaucoup diminuée, et l'on fit une seconde saignée qui décida de mon sort. Voilà ce que l'on m'a raconté, car je n'ai pas eu un moment d'inquiétude, me croyant guéri parce que le mal de gorge était passé. Cela m'a fait faire de sérieuses réflexions.

Je me suis toujours moqué de ces gens qui attendent le dernier moment pour remplir leurs devoirs religieux, et j'ai été huit jours en danger sans y penser ! Il faut croire que la fièvre est du département du Diable, et qu'elle détruit les bonnes pensées, — c'est une bonne leçon pour l'avenir.

En attendant, je jouis du plaisir de me trouver au milieu de mes amis et de pouvoir lire encore les lettres de ceux qui sont absents.

Si vous saviez, bonne Valentine, le plaisir que j'ai eu, lorsque j'ai pu m'approcher de la fenêtre du salon, et que j'ai revu la'villa Reale et le golfe paisible de Naples par le plus beau temps du monde, et Capri, et le Vésuve! Tous les arbres écimes avaient repris une toque de la plus belle verdure; la rue contenait deux files de voitures, dans lesquelles les élégantes Napolitaines promènent leurs loisirs; le trottoir était peuplé de nombreuses cavalcades, tout était vie et mouvement sous mes yeux.

Naples, Naples! pays favorisé du ciel! il faudra cependant te quitter un jour, mais en attendant, revenez bien vite pour que je puisse en jouir avec tout ce qui peut l'embellir encore.

Le charme d'une amitié si éprouvée et si sincère, le sentiment que j'éprouve en pensant à vous et en vous écrivant me fait voir que je suis parfaitement guéri et je crois même rajeuni, et me prouve jue mon cœur s'est plus vite rétabli que mes jambes

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