‹ Œuvres inédites (volume 2)Chapitre 6 sur 41 · XL VI II · texte numérisé non relu

XL VI II

N ata mi unis écrit tant de choses que je h. n plus rien à vous dire de C.astell.ini. ire. 1 Ull la lettre j'ai appris imù-mciiie beaucoup

de particularités que j'ignorais, car l'organe de l'observation est très-obtus chez moi. J'ai cependant observé en gros que les dames s'ennuient ic et bâillent à s'avaler la langue. Il nous est revenu aussi que Mme de Courval, pour exprimer énergiquemcnt combien elle s'était ennuyée à certaine soirée, disait :

« Imaginez que nous étions une douzaine de femmes, et en hommes nous n'avions pour toute ressource que M. de L., M. de L. F. et M. de Maistre, encore les deux derniers jouaient aux échecs!!! Vous figurez-vous une semblable détresse ! » Pour mon compte je ne m'ennuie jamais, et vous verrez par la lettre de Natalie que j'obtiens d'assez remarquables succès.

Personne n'a pu comprendre pourquoi une belle dame a dit que je lui fais l'effet d'une prière, mais je puis vous l'expliquer. Comme elle sait que je l'adore, elle a sans doute cru voir dans mes regards passionnés une prière que je ne lui ai pas encore faite verbalement : voilà le nœud de l'énigme.

Si j'en viens là, je ne manquerai pas de vous faire part du résultat.

La folle Natalie s'est amusée a taire un petit mannequin en papier tenant une fleur à la main, et dans un moment où. la conversation languissait, elle l'a apporté à D. ; on en a beaucoup ri. Mais le lendemain, dans une partie que nous avons faite au clair de la lune à Pompéi, D. ayant fait une promenade avec le jeune Paget, très-beau et trèsgrand jeune homme, M",c de C, que cela n'arran-

geai pas, dit avec humeur: « Mme D. n'a plus besoin de l'homme de papier de Mlle N.; elle en a trouvé un d'une belle taille. »

Ne voilà-t-il pas que je vous fais des commérages ! cela peut avoir quelque prix à Audour après que vous avez fait la récolte de mourons pour vos oiseaux

J'attends avec empressement la nouvelle de l'arrivée définitive de vos tableaux. Je suis sûr qu'ils seront en bon état, car ils ont été soigneusement emballés et je me vois avec plaisir accroché à un clou dans votre cabinet.

Adieu, mille tendresses à votre agriculteur. J'envie son occupation, mais je n'ai jamais eu un pouce carré de terre en ma possession, et je ne saurais où planter un noyau de cerise ailleurs que dans mon oreille.

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