‹ Œuvres inéditesChapitre 41 sur 57 · FRAGMENT SANS TITRE · texte numérisé non relu

FRAGMENT SANS TITRE

de son cheval à côté d'un poteau, il se retournait sur la selle, sans s'arrêter, et tirait sur le poteau qu'il manquait rarement. Cependant, au milieu des distractions qu'on lui accordait, et mal gré la cordialité que le général paraissait employer dans ses relations avec lui, le jeune prince ne tarda pas à s'apercevoir qu'il était prisonnier ; un cavalier d'ordonnance venait prendre ses ordres chaque jour et ne le quittait point; une garde veillait sans cesse auprès de lui. Il avait espéré conserver son Kanat sous la protection de la Russie, comme il le possédait auparavant sous celle de la Perse; déçu de cette espérance, il craignit de perdre sa liberté et résolut de s'évader tandis qu'il en avait la possibilité.

Pour exécuter ce projet, il fit un jour ses exercices plus maladroitement qu'à l'ordinaire : il manqua plusieurs fois de suite le poteau et en accusa son cheval, promettant aux jeunes gens qui l'entouraient que, si on lui permettait de faire venir des montagnes une jument favorite qu'il y tenait au vert, semblable mécompte ne lui arriverait plus. La description qu'il donna de la beauté de ce cheval fit naître chez le général le désir de le voir; un homme de la suite du Cheik-Ali fut aussitôt expédié et ramena l'animal qui fut admiré par tous les connaisseurs.

Après un jour de repos, un poteau fut placé à la tête du camp. Le prince monta son nouveau cheval richement enharnaché; il était lui-même paré de ses plus beaux habits. Après avoir caracolé quelque temps autour du poteau, et salué

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