FRAGMENT SANS TITRE
gracieusement la nombreuse et brillante assemblée, il s'éioigna au petit galop pour prendre champ; on remarqua bientôt qu'il s'éloignait plus qu'à l'ordinaire; de temps en temps il regardait en arrière, sans cependant presser son cheval. Les soldats furent les premiers à soupçonner son projet, un murmure confus et quelques éclats de rire se firent entendre : « Où va-t-il donc ? s'écria le général. Cosaques, à cheval! »
Lorsque le fugitif s'aperçut du mouvement qui avait lieu, on le vit se pencher sur la crinière de son cheval et disparaître bientôt dans un tourbillon de poussière. Toutes les poursuites furent inutiles. On ne le revit plus.
(inédite']
[Extraite de la Correspondance diplomatique de Joseph de Maistre)