AU MÊME
Pise, le 28... de 1828.
LA bonté et la complaisance de M™* de Marcellus étant une qualité de famille, je ne crains pas de m'adresser à vous, Monsieur, pour vous demander un petit service au moment de votre retour en Toscane : il s'agira de prendre chez M. le banquier Alfred Saladin, rue Neuve-des- Capucines n" 9, un paquet à mon adresse, et de me l'apporter. C'est un ouvrage sur la physique des couleurs et sur le mécanisme de la peinture que j'avais adressé à mon neveu Vignet; celui-ci l'a laissé en partant à un de ses amis. Les libraires m'ont fait dire de leur envoyer des romans ou des Lépreux, mais qu'ils ne savent que faire d'un ouvrage sur la peinture. J'avais prié M. de Palier de le remettre à mon ancien éditeur, M. dcWalery,
IJO CORRESPONDANCE.
bibliothécaire du roi. Il s'est trouvé parti pour l'Italie; il ne me reste donc plus que de rappeler dans le sein paternel cet enfant fourvoyé, jusqu'à ce que mes moyens me permettent de l'établir à mes frais. Si vous avez, Monsieur, l'extrême bonté de retirer ce paquet, lorsque votre retour en Toscane sera fixé, la prière que je vous en fais ici et votre nom suffisent pour cela, sans que j'écrive à M Saladin, auquel je vous prie de faire agréer mes remerciments.
Je suis bien reconnaissant pour l'offre qu'a bien voulu me faire M"'* la vicomtesse, de m'apporter des matériaux pour la peinture. Je n'ai besoin de rien autre que d'être encouragé par son activité et son talent, et de l'accompagner quelques fois lorsqu'elle ira dérober ses secrets à la belle nature des environs de Sattachio ; d'ailleurs je vous avoue que je ne compte pas avec une certitude absolue sur votre retour. Le callidoscope de Paris est toujours en mouvement, les ministres à l'extérieur sont au nombre des objets brillants qui en forment les apparences variables. Peut-être, au moment de votre retour, vous trouverez-vous faire tout à coup partie d'un nouvel arrangement. Tout ira bien, pourvu que vous en soyez satisfait, fîitce même aux dépens de ceux qui vous attendent avec empressement en Toscane. En mettant à l'épreuve votre complaisance, j'ai compté sur votre amitié. Veuillez, je vous prie. Monsieur, ratifier cette confiance et croire aux sentiments sincères et affectueux de votre dévoué serviteur.