‹ ŒuvresChapitre 101 sur 148 · I. De Dieu , et du culte qui lui est dû · texte numérisé non relu

I. De Dieu , et du culte qui lui est dû

Autant que nous sommes purs, autant pouvonsnous imaginer Dieu : autant que nous nous le représentons , autant devons-nous l'aimer : autant ()ue nous l'aimons, autant ensuite nous l'entendons

En cette vie , il faut en partie que Dieu descende à nous; c'est ce qu'il fait par la révélation. 11 faut aussi que nous montions à lui; c'est ce que nous iaisonsparla foi. Sans cela, nous n'aurions jamais

• Joan. m , 24.

de société avec Dieu : cette bonté inestimable demeurerait comme resserr<^een elle-même ; et l'homme resterait éterneifenient dans son indigence.

Porro unum est necessarium ' : « Une seule « chose est nécessaire. » Toute multiplicité est ici foudroyée : il faut que tout soit ravagé , pour nou s ramener à cette heureuse unité qui fait notre santé et notre bonheur.

Dieu nous cherche quand nous le cherchons : Trahe me; post te curremus » : « Entraînez- « moi ; nous courrons après vous. » Tl ne nous quitte jamais le premier; mais il faut faire effort pour le retenir : autrement il se retire , et nous tombons dans l'abîme ; « nous nous égarons dans un pays « fort éloigné, » in regionem longinquam '.

Si nous avons sincèrement cherché notre Dieu , disons donc : Tenui eum , nec dimitlam 4 : « Je « l'ai arrêté, et je ne lelaisserai point aller. » Qu'est-ce que ce Tenui'? C'A sont les bons mouvements, les attraits de la grâce, les instructions, tout ce qui nous parle de Jésus-Christ : s'en souvenir, en converser, se renouveler dans l'amour des vérités saintes , dans le désir d'y conformer ses sentiments et sa conduite; se tenir ainsi toujours inviolablement attaché à Jésus-Christ , afin qu'après avoir dit avec vérité durant le cours du voyage : Non dimittam , nous le disions avec assurance dans la gloire.

Parce que nous connaissons Dieu , nous l'aimons ; parce que nous ne le comprenons pas , nous l'adorons.

Ce n'est pas Dieu mais nous qui croissons par le culte que nous lui rendons : nous venons , non pour le faire descendre à nous , mais pour nous élever à lui : il ne rebute pas toujours quand il diffère; mais il aime la persévérance, et lui donne tout.

f-^eri adoratores adorabunt Patrem in spiritn et veritate ^ : « Les vrais adorateurs adoreront le « Père en esprit et en vérité. » Il faut éviter trois faux cultes : l'erreur, l'hypocrisie, la superstition. L'erreur n'adore pas Dieu tel qu'il est : il n'est tel que dans l'Église catholique. L'hypocrisie ne montre pas l'homme tel qu'il est. La superstition mêle l'un et l'autre, et en est un monstrueux assembJage; c'est ce que saint Paulin exprime très-bien par ces paroles : Superstitioni rehgiosa, religioni profana ^.

Non in manufactis templis habitat 7 : « Diea « n'habite point dans les temples bâtis par les hom- « mes. » Les temples ne sont pas élevés comme pour y renfermer la divinité, mais afin de recueillir nous-mêmes nos esprits en Dieu. Ce Dieu qui est immense, les hommes s'imaginaient pouvoir le ramasser en un temple ou dans des statues; au lieu qu'il fallait songer à recueillir en lui leur esprit dissipé.

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