AUX SOCIÉTÉS D'AGRICULTURE
AUX œMIGES ,
ET A TOUS LES CONSEILS GENERAUX ET d' ARRONDISSEMENT.
Messieurs ,
Le conseil général de la Seine a demandé l'abaissement du tarif des douanes sur les bestiaux étrangers.
Les bouchers de Paris réclament Tentrée en franchise du bétail maigre , et rabaissement du tarif à vingt francs par tête sur les bœufs gras.
Ils ont présenté leurs pétitions au gouvernement et aux chambres.
Nous avons donc contre nous Paris et sa puissance ; s il l'emporte , si la loi de 1822 est modifiée , il faut renoncer à toute amélioration.
Je prétends que le mal est dans la perception du droit d'octroi par tête. Si j'ai raison , soutenez-moi. — Adressez aussi des pétitions au gouvernement et aux chambres ; réclamez rétablissement du droit au poids : il ny a que cela de Juste; demandez une loi impérative et générale.
Le vieux paysan du Poitou ,
Jacques BUJAULT , laboureur.
QUEsmoxs.
Doit-on percevoir le droit dentrce au poids et non par tête ?
Ce changement augmentera-t-il nos produits ? — Lisez d'abord , jugez ensuite.
L'usage a établi le droit d'octroi par tête ; comme si tous les animaux d'une espèce avaient partout le même poids et le même volume. — Ce fut la facilité de la perception , la difficulté du pesage , qui firent prévaloir ce mode.
Dans le principe , lorsque le droit était minime , il avait peu d'inconvéniens. Mais à mesure que les villes se sont peuplées , leur dépense a été doublée ; il a fallu augmenter les droits , et la question est devenue grave. — ^Autre temps , autre mode ; puisque tout change autour de nous , changeons également.