‹ ŒuvresChapitre 121 sur 145 · COMMENT SE FAIT LE COMMERCE DES BOEUFS · texte numérisé non relu

COMMENT SE FAIT LE COMMERCE DES BOEUFS

Ceux qui élèvent n'engraissent point. Ils vendent les veaux de 20 à 30 mois aux laboureurs , lesquels n'achettai que pour le travail , jamais au-delà du strict nécessaire. Ces gens les brocantent entre eux ; quand les animaux ont 9 à 10 ans , ils vont chez les nourrisseurs , ensuite a la boocherie.

Voici des faits. — On vend à Cholet 47 mille bœufs par année , engraissés dans un rayon de 5 à 6 lieues. On croit à Paris, que ce sont des bœufs d'Anjou ou de Cholet — Erreur.

On vend , à la Mothe-Saint-Héraye , Saint-Maixeni et Vautebis, 5 à 6 mille bœufs gras, qu'on nomme, dans la capitale, bœufs du Poitou.

Ils sortent presque tous du Cantal , des bords de la Dordogne , des rives de la Charente , et des herbages qui bordent rOcéan. — Quelques-uns sont nés dans de bonnes fermes, où ils prennent du poids et de l'ampleur. Ce sont réellement alors des bœufs de Cholet et du Poitou. Mais c'est une exception.

moir lyocTBOi paa tAe. w:

Cantal verse annuellement une qaantxti^ pmiiiçi>TU^ mes bœufs dans une partie de la Vienne . ik la Cha^ , de la Charente-Inférieure et des Deta^S^ro». ux qu on élève dans les bocages vendéens snnt de rac^ fnnc ; ils vont en Bretagne ou dans les plaines 'i^ la î. On dit à Paris que ce sont des boeufs de T^rrmut usez-vous que les bœufs que les faerbae^n vxmiifmt % (, durant Tété, sont de la Xormandief Es ^tVX ^ ^'

où se trouvent les grandes ra^^iss, — Dus !i( p^&f ^ de Beauvoir , près Niort , les Yormands ^iduftseat «t emps une quantité considérable de b«Ku£i guagr'tJt m lent de pays fort éloignés , mais asurm 4e ^ ^jvattiht njours de grande race.

es voyages que font les bsuÊi Vjfit iutAimna j«r< ations sont fort curieuses; avant «f arrrrer «tx iJM0Siur« Paris, ils ont souvent fait dexx '>a& Jjtn#»9» - ^

est pas ainsi des BcntrAss: ^.«s wioum t^iar y:;« ntaires.

ourquoi ces longues yfir^zrxoLrxiA^ * t;»^ i^ ; v^yv. tête. On veut des bomf^ grsï&k. fuia :r»uca v^auids , encore plus muk ; ^x, tPkX ^ «^i^iEtn^:? lactxi^ u

J^ viande des grande r*/uïs ett 'VA', «#iaii^nif>: ijt^ *>îU petites et de* moyerx*^* XvJ^flwac — î'vuf-jw <*> ^-t-on ces demi«frçs? Les ;?*** 'i^jiçr-f: v:«f. •^^jsu^^*. ^. lent garder un vitù/r^, zû^bz^..

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En France . !e {Xr-vis «wn ** <fc V.nf.^ >« •*^>» • ^v-i^;/ * *»

En France, il y a 6,600,000 bœufs; — En Angleterre, 10,120,000.

— Examinons ces faits :

Nous n'engraissons qu'à 9 ou 10 ans , terme moyen. C'est un fait connu. — Pourquoi? — C'est que les contrées qui produisent les grandes races ne suffiraient pas à un engraissement plus prompt.

Néanmoins l'augmentation de la population , ainsi que le bien-être général exigent plus de viande. Mais qui ne peut ne peut.

Je cite im fait. — Le Poitou , l'Angoumois et la Saintonge tirent du Cantal 50 mille bœufs par année. Si on engraissait îi 5 ans, il faudrait en tirer 100 mille. — Le Cantal ne les fournirait pas. — Si on lui en demandait seulement 20 mille de plus , les prix augmenteraient au point que l'acheteur serait en perte.

Si au contraire vous fixez le droit au poids , toutes les races concourront. Alors nous élèverons ; il y aura profit d'engraisser de 5 à 6 ans , parce que l'argent rentrera plus vite, et c'est ce qu'il faut au cultivateur, comme à tout It monde. — Attendre 10 années la rentrée d'un capital , e^t une opération ruineuse. — ■ Cela me paraît facile à comprendre.

C'est luic grande erreur de croire que la chair des vieux bœufs est meilleure que celle des jeunes.

Les Anglais qui s'y connaissent mieux que nous , disent le contraire et ont raison.

La chair du jeune bœuf est réellement plus tendre et plus savoureuse.

C'est encore à tort que l'on pense que les jeunes bœufs s'engraissent mal , parce qu'ils croissent. — Les jeunes sont moins délicats sur la nourriture, ils ont l'estomac meilleur, ils mangent mieux, et l'assimilation se fait mieux.

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autant j<rai la <viny,mixiitrj«i* Vuut ut jt lurjz ïaî§ — C e>:

448 L'ACmCDLTURB POPUUIU.

donc à cause de votre mode de perception qoe tous eiigei de nous une chose impossiblel II tous est plus bcik de changer , qu'à nous d'aller contre les lois de la natore.

U me vient une idée. Pourquoi ne percevez-vous pat lei droits sur leis vins uniquement par futailles! Vous ne tariez plus de feuillette de Bourgogne à Bercy , mais dai tonneaux de 20 hectolitres.

C'est exactement ce que vous feites pour le bétafl.— Sous la peau de cet animal , il y a 300 kilog. Ifi de viande; sous la peau de celui-ci, il y en a 1,500 , et vous prcns le même droit pour les deuxl — Il n'est pourtant pas phi difficile de peser cet animal que de jauger cette barrique.

9" La France n'a que 6,600,000 boeufs , et TAnglelcne en a 10,120,000. — C'est possible. — Ce nombre n'vfmentera pas chez nous', tant que vous percevrez roctroi jn tête; vous verrez même Tapprovisionnement diminuer ar les marchés de Sceaux et de Poissy. — Tout cela vientde ce que vous ne voulez que des éléphans. — Ecoutei mi raisons.

Dans toutes les villes de province , les besoins ont obligé les conseils municipaux d'augmenter les droits , et ki bouchers n'achettent plus que les grandes races. — Comme la production est limitée , la viande manque et doit manquer.

Dès que l'intérêt du boucher est de s'attaquer toujoon aux grandes races, vous proscrivez les petites et les moyennes. — 11 n'y a rien à répliquer à cela. — Je vais vous citer im exemple entre mille. A Niort, on ne tne que 525 boeufs ; mais ils sont tous , terme moyen , du poids de 1,050 1/2 kilog. , viande nette. C'est bien certainement de la grande race. — N'est-ce pas déplorable de voir nos villasses et nos bourgades rejeter nos produits , et ne consommer que les bœufs nés à 85 lieues de chez nous !

mon D'OCTROI par tête. 449

Messieurs , si vous trouvez dans cet écrit quelques expressions qui vous blessent, vous devez me les pardonner; un vieux paysan, qui s'est consacré, corps et âme, à la culture , ne peut voir cela de sang-froid.

Je connais mon pays. — J'assure , qu'indépendamment des jeunes bœufs que nous envoyons en Bretagne et en Tuuraine , il en faut encore au département 100 mille au moins. Nous n'améliorerons point notre agriculture sans cela. — On enverrait chaque année 16 à 17 mille betes à la boucherie ; car il faut nourrir à 6 ans , c'est l'âge où l'animal prend le mieux la graisse ; au-delà de ce terme , lu bœuf est d'une lenteur extrême et fait peu de travail.

Kn résumé , nous ne produisons pas les petits bœufs , parce qu'on les refuse. — Nous n'en produirons pas de grands , parce que nous ne pouvons pas. — Vos populations souffrent et notre agriculture périt. — Ou vous de^'ez me comprendre ou je m'explique mal.

DES PRÉTENDUES DIFFICULTES DE LA PERCEPTION DU DROfT

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