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DES RACINES ET DES RÉCOLTES VERTES

Les vertus sont sœurs ; — les vices vont de compagnie ; — une amélioration en amène ime autre ; ce sont là des vérités.

Si , dans les pays où la terre est argilo-siliceuse , c'està-dire une argile mêlée de sable , vous employez la chaux , vous introdmrez partout les racines.

Les 47 mille bœufs qu'on vend à Cholet et à Chemillé ( Maine-et-Loire ) , sont engraissés dans un rayon de 30 ki-

première année , l'herbe s'empare souvent des jeunes prés ; si elle ne les tue pas, il ne sont jamais bons.— Le trèfle couvre la (erre et Therbe est étouffée. Bientôt le plus fort tue le plus faible , et le plus faible sert d'engrais au plus fort. — La prairie n'en souffre pas , et vous avez abondance de fourrages la première année.

Sainfoin, — Il faut 4 hectolitres par hectare , 20 demi-kilogr. de lu~ xeme , 4 de trèfle et 20 de lupuline. — Je n'ai jamais vu de terres calcaires, n'eussent-ellcs que deux à trois doigts sur la roche, sans que des pieds de luzerne n'implantent leurs racines dans les fissures et n'augmentent de beaucoup la récolte.

Si la terre est propre à la fois pour la luzerne et le sainfoin (il y en a beaucoup de cette nature ) , vous mettrez deux hectolitres et demi de sainfoin , et 26 demi-kilogr. de luzerne , 5 de trèfle et 20 de lupuline , par hectare.

Trèfle, — Semez de 25 à 30 demi-kilogr. par hectare. — Mais semez

Du topinambour, — C'est une plante peu cultivée, et qui mérite de l'être , particulièrement sur les sols et dans les climats où les racines ne prospèrent pas.

Elle aime la bonne terre et le fumier ; mais elle a Tavantage de donner ime récolte sur un sol médiocre.

Le topinambour est du goût de tous les animaux ; il les nourrit , les engraisse et leur donne surtout un appétit dévorant. On l'administre cru. — Les livres disent qu'il est excellent pour les porcs ; jamais les miens n'en ont voohi manger.

On le laisse l'hiver dans la terre , il ne gelle pas. Je l'emploie particulièrement à engraisser des moutons au printemps. — Ils quitteront toute espèce de nourriture ponr celle-là. — Mais je vous préviens que , quatre à cinq jours après que vous aurez conmiencé à les nourrir aux topinam-

On tire la braise de chaque côté de la gueule du four , sans te btlayer.

Je jette dans le four dix hectolitres de pommes de terre , pesant 1 ,530 demi-kilo. [On donne la mesure comble , et Ihectolitre pèse 153 ôenù-

kilo.)

On amène la braise devant la gueule du four et on le forme avec une porte en tôle. — Quelques-uns mettent du fumier pailleux qu'ils arrosent fortement.

Cela se fait ordinairement le soir. — Le lendemain , sur les 9 à <0 heures , on ouvre et on prend une grosse pomme de terre sur le carreau. — Celles de dessus sont toujours les premières cuites. — On la coupe avec un couteau ; si elle crie on referme le four. — On re\ ient . si elle ne crie plus , si on la coupe comme du fromage ou du beurre dur , — on laisse le four ouvert.

Pour les animaux , la pomme de terre ne doit pas être aa<«i cuite que pour l'homme ; ils ont l'estomac plus fort. — Celles cuites à la vapeur sont molles et pâteuses ; les miennes sont sèches et fermes.

On laisse les pommes de terre dans le four, et on les prend à mesure des besoins. — Elles ont la consistance d'un marron bouilli. — Si oo est forcé de les tirer du four , il faut les faire manger dans les 48 heures ; sinon , elles se ramollissent et n'ont plus la même saveur.

Elles engraissent , cuites ainsi , très-bien les porcs , les moutons et les chevaux.

bours , il faut les saigner sous la langue , à la queue et aux oreilles qu'on perce. — ^Vous auriez à craindre des coups de sang, si vous ne le faisiez pas.

On les arrache quelques jours avant de les faire consommer. Quand ils sont secs , on les balaie , on les roule , on les frotte avec un balai de brindilles , et on fait tomber la terre.

— Si elle est trop tenace il faut les laver.

On le cultive comme la pomme de terre. — Il faut le biner quand il a un tiers de mètre de hauteur ; ensuite il étouffe l'herbe.

On le sème fin de mars ou en avril. — Mais il convient de laisser la semence en terre ; vieux arraché , le topinambour ne naît pas ou prospère mal.

Je sème à 33 centimètres (ou un pied dans la ligne) , et à 66 centimètres (ou deux pieds) entre les lignes.

Pour engraisser un bœuf qui est en chair , il faut 75 jours au plus , à raison de 80 demi-kilo par jour. Ce qui fait six milliers, ou 40 hectolitres. On donne à peu près 8 à 1 0 demi-kilo de foin.

J'ai fait une expérience qui pouvait me coûter cher. — Je voulus savoir si le bœuf pouvait crever en mangeant trop de pommes de terre cuites. J'avais deux bœufs de race moyenne , âgés de cinq ans , grands mangeurs ;^H)n en donna à chacun 450 demi-kilo , depuis six heures du matin jusqu'à dix heures du soir ; tout fut avalé. — Ils n*eurent point d'indigestion. Mais, le lendemain, ils ne mangèrent rien du tout.

— Ils furent gras dans cinquante jours.

J'ai eu des bœufs de grande race , mais vieux , qui ont eu , parfois des indigestions avec 80 demi-kilo. — C'est rare.

On croit que la pomme de terre cuite débilite les animaux , les rend mous , leur aie la force. — Quelle erreur ! — Voici ce qui m'est arrivé; vous pouvez me croire.

En 4824 , les fourrages furent partout avariés par les pluies; ils étaient moitié pourris. — Il me fallait un attelage de cinq bêtes . deux chevaux et trois mulets , qui travaillât tous les jours , pendant l'hiver et le printemps.

J'étais fort ennuyé pour le nourrir.

Je présentai des pommes de terre cuites ( elles valaient 75 centime» l'hectolitre ) , c'était à peu près rien. Les bêtes refusèrent. Je fis enlever la litière et défendis de leur rien donner.

J'ai lu, dans les livres, qu'une fois semé , sur un sol, il était inutile d'en semer l'année suivante , qu'il restait assez de semence. Cela est vrai , si on se contente d'un 20"* de récolte. — Aussi , ajoutent les livres , quand il y en a en , sur une terre , on ne peut pas l'en purger.

Quand on change de culture , il en naît à la vérité quelques pieds par-ci par-là. Au mois de mai , quand la terre est mouillée , un homme arrache ces tiges , il en nettoie deux hectares dans un jour , et tout est dit , on n'en voit plus.

Quand vous arrachez à la fois une grande quantité de topinambours et que vous voulez les garder un peu de temps , mclez-les avec de la terre , sinon ils pourriraient.

Voici ma méthode, j'arrache mes topinambours; je laboure assez et de façon à mettre la terre en bon état. Je fume un peu , et je sème , comme si le champ n'eût pas été en topinambours. Quand on bine , on arrache , dans la ligne et entre les lignes , tout ce qu'il y a de trop. — Je le cultive quatre ans de suite sur le même sol. Voici ce qu'une longue expérience m'a appris.

Le lendemain même cérémonie ; je pris la clé de l'écurie , crainte qu'on ne leur donnât du foin. — Je faisais saupoudrer les {X)mmes de terre de son , j'y jetai un grain d'avoine. Rien n'y fit ; elles léchaient le son , et voilà tout.

Le troisième jour , je fus inquiet. On disait que mes bêtes crèveraient , qu'elles étaient crevées. — Enfin , elles dévorèrent le soir les pommes de terre. — Depuis , elles ont travaillé rudement, toujours en bon état , n'ayant (]ue deux demi-kilog. de foin et des pommes de terre.

(Juand une béte n'a jamais goûté d'une nourriture, elle la refuse. Il faut être plus entêté (ju'elle; il n*y a guère d années que je ne me dispute avec queUju'une.

Mais on peut quand elles travaillent , leur en donner de cniesetde cuites , mêlées de son et d'avoine , elles s'habituent facilement.

J ai cru (pie cette note pourrait être utile à quelqut*s propriétaires. Dans mon canton . beaucoup font connue moi. Vous pensez bien que j'ai publié cela dans mes almanachs.

Des récoltes vertes. — Elles sont d'une grande ressource, au printemps. — Les granges sont vides , les pâturages ne sont pas venus , et le bétail souffre.

Le bon cultivateur a du trèfle incarnat et de la lupuline. — Les uns sèment du seigle ; d'autres laissent monter quelques carrés de navets qu'ils coupent en fleurs.

Ceux-ci sèment des vesces (garobes noires) , ils y mêlent du seigle , de l'avoine ou de l'orge d'hiver. — Ceux-là sèment des choux ou du colza , qu'on fait pâturer en février.

On a ensuite une jachère d'été , c'est-à-dire qu'on prépare la terre pour le seigle et le froment.

Beaucoup sèment du maïs l'été , qu'on fait consonmier avant les semailles ; d'autres sèment la spergule , qui vient très-bien sur les argiles mêlées de sable.

Rien ne fait du fumier comme les récoltes vertes ; consommées à l'étable , un kilo de plantes vertes donne un kilo de fumier.

Tous ceux qui ont du bétail voudraient avoir , au printemps, dépareilles ressources. Mais, à l'automne, ils n'y songent pas , ou ils en font des lopins grands conmie 'ma main : c'est avalé de suite.

Le travail et la prévoyance font la fortune du laboureur.

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