DERNIÈRE OBSERVATION
Ce qu'il fi^ut (ne l'oubliez jamais^ , c'est la volonté,^ Fetprit de 9uite, — l'exemple, — et le concourt detjmh priètaireB,
Avec ceci , vous êtes assurés du succès ; mais n'eqiérex rien si cela vous manque.
Je présente le Guide des comices
Au ministre de l'agriculture ,
Au grand conseil ,
Aux préfets ,
Aux conseils généraux.
Je leur dis: — « Nommez une commission pour l'esi- « miner ; cela ne coûte rien. — Si elle l'approuve , faitesje « imprimer et le répandez. — Si au contraire la commission «« le rejette, priez-la d'en faire un autre; — car il en faut « un. n
Je le dédie également aux comices ; je prie ceux qui en auront connaissance de l'examiner, de le critiquer, de le modifier, de l'approuver ou de le rejeter ; mais de faire un plan , d'élaborer un système et surtout de le publier.
Il s'agit d'arriver à une amélioration raisonnée sur quinze millions d'hectares ; il faut que les moyens soient connus , qu'ils soient généralement approuvés , et qu'il y ait dans l'exécution nne pe7\sévèrance qui en garantisse le succès.
xNOTES.
1* Dans les comices d'arrondissement, c'est le bureau qui fait tout et dirige tout. — Cela ne peut être autrement ; car s'il ne faisait rien , rien ne serait fait.
Pourquoi ne s'occupe-l-il pas de l'amélioration du sol ? — C'est que ce bureau est composé de propriétaires qui habitent la ville , depuis leur enfance. — Ils voient , autour d'eux , des prairies artificielles et de belles récolles.
D'où cela vient-il ? De Timmense quantité d*engrals et d'amendemens que fournit la ville :— comme les terres de démolition et de fondcmens , les plâtras , les cendres lessivées , les balayures des rues , les résidus des cuisines , les matières fécales , enfin une quantité considérable de fumiers que les chevaux de voiture , de selle et de roulage amoncellent nécessairement. — Tous ces engrais se versent dans un petit rayon.
Le comice croit qu'il en est ainsi partout. — Il se trompe fort.
Comparez ces fumures avec celles des campagnes. — Dans la plaine, vous trouverez , sur une ferme de 40 hectares , dix à douze pièces de gros bétail et 30 brebis ; — le tout maigre et fort mal nourri.
Dans les bocages , vous en verrez 20 à 25 ; mais ils vont tous au pâturage , pendant 9 à 10 mois , et ne font pas de fumier.
Etonnez-vous donc que la terre rende si peu , et que l'agriculture soit si pauvre !
En général , les communes des chefs-lieux d'arrondissement sont fumées dix fois plus que les autres ; — et celles des chefs-lieux de canton , deux à trois au moins.
Ai-je donc tort de dire qu'il faut améliorer partout? N'est-il pas évident que les unes n'ont besoin de rien et que les autres ont besoin de tout. — Notez que , sur les 37 mille communes , il y en a 32 mille qu'on néglige , qu'on oublie et pour lesquelles on ne fait rien. — Aux gueux , la besace. — C'est ce qui met le vieux laboureur en colère.
2« Les propriétaires n'ont pas changé les clauses de leurs baux depuis Charlemagne. — Messieurs les notaires , souverains et mattres absolus en celle partie , ont un moule dans lequel ils coulent tous les baux à ferme ; et les sous-seings privés sont faits sur une copie qui sort du moule. — Rien de puisi^ant comme un vieil usage !
Ces propriétaires livrent leurs biens à la discrétion de gens , qui souvent ne savent pas lire , ou , s'ils le savent , qui n'ont jamais rien lu d'instructif.
Ces malheureux n'ont, pour toutes connaissances agricoles, que les traditions de leurs aïeux.
A la fin de bail , le fermier sortant ne laisse à son successeur que les plus mauvaises terres en jachères.
S'il a fait quelques prairies artificielles , il les laboure , pour avoir une bonne récolte ou se venger de celui qui le remplace.
546 L'AGRICULTURE PWULAIBE.
C'est aiiui que la ferme sera, deux à trois ans, sans fourrages , sus bétail et sans fumiers : an grand détriment de la terre.
Hais oe nouveau fermier se promet de faire un jour œ qu*on lui fût, et n'y manque pas.
n n'y a que le oomice qui puisse changer ces usages, cC déterminer les propriétaires à s'occuper enfin de leurs domaines.
flOTB SUR LA MANIÂBB DE SBMBE LE TBÂFUB KS BOCnEB.
Je tiens cette méthode de M. Sénac , propriétaire-cultivatear, i Viosan , près Mirande , département du Gers. — Cest un homme iattniit et recommandaMe. — Dans le midi, il y a beaucoup de propriétaires fort distingués et qui s'entendent en culture. — S'ils se réuni»saient en comices , ils feraient faire un pas immense à la science pratique.
Ce moyen est fort bon dans le midi , dans l'ouest et dans une putis du centre , où j'ai souvent vu les jeunes trèfles brûlés par quelqu» jours de chaleur , même au milieu de l'été.
Bfais il est inutile dans le nord de la France et de l'Europe, de méae que dans l'est , et dans tous les pays où la terre garde sa fraidwar.
En semant en bourre , on cultivera le trèfle sur les sols argilo-cricaires , même sur ceux où le calcaire domine , ainsi que sur les asUv qui conservent un peu d'humidité.
Je ne prétends pas qu'il ne brûlera jamais. Dans leBdmataêaumfi, on prouve quelquefois des coups de soleil si violons cfu'il est impoisible que les jeunes trèfles ne brûlent pas.
Quand il s'agit d'une méthode nouvelle , les plus petifo détails oal leur utilité.
Vous ébourrez le trèfle à la manière ordinaire.
Vous battez la bourre , avec le fléau , plus que de coutume.
Vous vannez cette bourre deux fois de suite , et vous ne prenex que la meilleure bourre , celle qui contient du grain.
Si elle est bonne et sèche , elle doit rendre moitié. C'est-à-dire que deux demi-kilo de bourre contiendront un demi-kilo de graine nette. Cependant il arrive souvent qu'elle donne un peu moins.
Presque toujours la bourre est humide ; remuez souvent le tas , de crainte qu'elle ne s'échaufle.
Préservez-la des souris , qui en sont friandes et Tauraient bientél dévorée. — Quand elle est bien sèche , on la met en sacs.
Avant de la semer, frottez-la légèrement dans les mains , pour briser les pelottes et la rendre souple et légère.
Semez par un temps calme , et mettez , en sus de ce que voiut avex l'habitude de semer , environ un demi-kilo par 45 ares , ou sept demikilo par hectare. — Il y a toujours des bourres attachées les une* aux autres, ce qui n'arrive pas quand vous semez en grain.
GUIDE DES COMICES. oH
Au moment de terminer la seconde édition du Guide DES Comices , on nous communique la lettre suivante , adressée à l'auteur par M. Lefebvre de Sainte-Marie, inspecteur de Tagricultiu^e. Cette lettre nous a paru la meilleure recommandation à donner à notre livre ; aussi nous n'avons pas hésité à nous rendre coupable d'indiscrétion , en publiant une lettre aussi honorable pour celui qui l'a écrite c|uc pour celui qui l'a reçue.
LKTTRK DE SI. LKFEBVRE DE SAI>iTE-M.\RIE , INSPECTEE DE L'AGRICULTURE ,
A MAITRE JACQUES BUJAULT , LABOUREUR A CHALOl'E , PRÈS MELLE ( DEUX-SÈVRES ) .
Paris . le I jiii mi.
Aussitôt après avoir reçu \os 25 brochures , je suis parti pour une excursion agricole , et n'ai pas eu le temps de vous remercier de votre envoi. Quelqu'un s'était charge de vous prouver qu'il vous avait lu avec plaisir; c'était M. le ministre , qui, d'après ma demande , avait immédiatement écrit à M. le préfet des Deux-Sèvres de lui adresser 500 exemplaires de votre écrit , pour qu'il pût l'envoyer aux meilleurs comices de France.
Votre écrit fera un grand bien dans beaucoup de localités , mais il faut qu'il arrive en temps convenable , pour que je puisse en parler sur ma route , et engager les cultivateurs à lui donner l'attention qu'il mérite. Pour ma part , je l'ai lu avec un vif plaisir. Vous êtes l'homme des idées saines , et vous avez le style qui les fait accepter. Tâchez donc cette année d'aller à Eaux-Bonnes , pour nous conserver longtemps une de ces bonnes tètes qui , de jour en jour , deviennent si rares.
J'ai placé mes exemplaires en bonnes mains. — D'abord , j'en ai envoyé aux députés agriculteurs que je connais, puis aux directeurs dos journaux agricoles. Tout le monde n'a eu qu'une voix : c'est que c'était bon et très-bon.
Si l on m'en croit , nous ne resterons pas aux 500 , et nous irons plus loin.
Je pars lundi pour la Bretagne. J'espère aller vous faire une petite visite en août , et je souhaite de vous trouver chez vous et en bonne santé , etc. Agréez , etc.