OBSERVATIONS SUR CHAQUE ARTICLE
Article premier. — Chaque propriétaire veut ou ne veut pas que son domaine soit amélioré. — S'il le veut, il ne doit pas refuser \me modique somme de cinq francs par année.
Ce n'est pas la résidence qui oblige , c'est la possession; — ce n'est pas de la personne qu'il s'agit , c'est de la terre.
Ainsi les femmes , les veuves , les filles doivent être agrégées aux comices. — C'est un édifice à construire, et chacun doit apporter sa pierre.
Article deux. — Le succès dépend du bureau d'arrondissement. — Ceux qui monteront cette administration agricole et la feront fonctionner auront mérité des statues.
Ils auront rendu au pays le plus signalé des services.
Celui qui améliore partout doit ctre honoré partout.
Ce bureau fera imprimer 1" une instruction pour les propriétaires. — 2"* Il donnera à chacun d'eux des renseignemens sur les conditions qu'ils doivent imposer. — 3' Il fera imprimer des avertissemcns pour les cultivateurs ,
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sur les engrais, etc. — 4'' Des piacanis pour la it^ de ragricnlture. — 5* Enfin tout ce qu*il jugera c(m^'eiuibk> . utile oa nécessaire. 3Iais il n'oubliera pas de faire publier , dans les joarnaia du département , les noms des propriétaires qui se sont engagés à insérer dans leurs baux de^ conditions amelicranies; il fera publier aussi les noms des cultiratears qui emploieront des engrais inconnus dans la ctnminme où ils habitent.
Article trois. — Je n'ai rien à observer sur cet article,
Article quatre. — On dira que les comices d'arrondissement ont déjà trop peu; que, si Ton éparpille ce trop peu , il se réduira à rien.
A cela je réponds :
1* qu'il est impossible à un comice , quel qu'il soit , d'opérer sur 100 à 150 mille hectares , alors même qu'il aurait dix fois ce qu'on lui donne.
2^ L'Etat et le département lui accordent des fonds pour agir dans son ressort. — S'il n'agit pas , il miinquo à son institution fondamentale; s'il agit, il éparpiUo ni^'i^N sairement.
3® On doit améliorer partout, et muintimiuit on frariii^liore nulle part. — Ces fonds qu'on donrio aux corriirifs viennent des impôts; ces impots, tout lu iricmdff lits |Mii<«, tout le monde doit en profiter,
La raison le dit et la justice le vrnit. Qu'on soit vrai , iH l'on conviendra que., dans les trois quarts d^s vumumum , on ne sait pas s'il y a un comice au chi*f-li<îU, ^ MMuUnmni on le saura.
Article cinq. — L'agriculture ne s'arri/tliofit |sis dans Uh jour. — 20 années sont peu , 60 mtfitnmïi 4 \itïm, Hhu^ une institution durable , rum tut se firra.
Ces baux ne seront renmiveU^ qui; muu:é$itm^tti9ii*9$i , ti
S écoulera bien des années , avant qu'on en ait cinq à six par commune.
Article six, — On dira que C€tte prohibition éloignera les cultivateurs du comice. — C'est ime erreur.
1" Vous aurez si peu de fonds à distribuer , et tant de choses à faire , que les prix en argent ne pourront toiter un fermier dans l'aisance.
Une médaille sera une croix d'honneur qu'on gard^a dans la famille.
2° Savez-vous qu'il y a beaucoup de comices où les étrangers ne se présentent plus! — On dit que les membres se distribuent entre eux l'argent qu'on leur donne.
Cette opinion est fondée , par les raisons suivantes :
Les propriétaires les plus riches, les fermiers les plus habiles sont membres des comices. — Il est certain qu'ils présenteront au concours les meilleurs animaux ; — ou , s'il s'agit de cultures , ils l'emporteront sur leurs concurrens.
Cela s'explique naturellement; il est évident que, sans faveur , ils obtiendront toutes les primes.
Mais cela suffit pour qu'on calomnie le comice , et pour qu'il soit à jamais déconsidéré.
3" Vous croyez donc qu'on ne peut, sans beaucoup d'argent, arriver à une amélioration notable^ — Il vous faut alors ce qu'a le bureau d'agriculture de Londres , cenî mille écus de rente.
Si les fortes primes sont quelquefois un bien , elles sont souvent un mal. — Pour un qui est satisfait, il y a dix mécontens.
4° Je ne conseillerai point aux comices de nommer, dans leur sein, des commissions pom* adjuger des prix. S'ils veulent conser\cr leur influence , ils doivent faire juger une commune par des hommes d'une autre commune.
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débarrassés des tracasseries que ne manquent jamais de faire les fermiers négligens ou mal intentionnés. Il suffira» chacun de dire : je suis abonné au comice; j'ai promis, je ne suis plus maître. Ainsi tu feras , ou tu sortiras.
C'est, pour des hommes faibles ou bons, une chose commode.
6® Le traitement de l'agent ne coûtera rien au comice; la <x)tisation des abonnés devra suffire.
V D'après les renseignemens donnés par les présidens de canton , l'agent visitera quelques bons cultivateurs.
Dans les pays d'argile , de sable ou mêlés de sable et d'argile , il essaiera d'introduire la chaux.
Il parlera des récoltes enfouies , qui coûtent si peu.
Dans ces localités , on peut enfouir jusqu'à trois fois dans la même année. — Savoir: dans le mois de mai, un seigle et des choux semés ensemble à l'automne ; — dans le mois de juillet , un sarrazin semé lors du premier enfouissement; — et aux semailles du seigle , le second sarrazin semé à la fin de juillet, sur le second enfouissement.
Si on fait une avoine d'hiver après le seigle , on peut , après la récolte du seigle , semer un sarrazin , et l'enfouir en semant l'avoine.
Si on fait une avoine d'été, on sèmera aussitôt après la récolte un seigle et des choux qu'on enfouira en faisant l'avoine.
8' Sur les terres calcaires, il conseillera l'enfouissement des vesces noires (ou garobes) , avec un mélange de graines de chou et de colza, et même quelques grains d'orge.
Ces récoltes vertes s'enfouissent à la fin de mai , quand la garobe est en fleur. — On peut jeter sur le guéret des graines de chou et de colza , qu'on enfouit en semant le blé.
C'est dans des conversations simples et amicales que le cultivateur trouvera des instructions pratiques.
9® L'agent visitera , une fois dans Tannée , les communes de rarrondissement , prendra des notes et les remettra au bureau du comice.
10® On ne devra rien dépenser pour les prairies artificielles ; si les propriétaires refusent d'imposer à leurs fermiers ou colons l'obligation d'en faire, je crois que les comices sont inutiles.
11" Enfin l'agent reçoit les ordres du bureau, et il les exécute.
Article huit. — Une fête de V agriculture est nécessaire pour raviver ce feu sacré qu'un rien allimie et qu'un rien éteint, de même que pour combattre la torpeur, TindifTérence , l'apathie et le découragement : maladies qui attaquent toutes les classes et périodiquement.
Quoi de plus triste , en eflFet , que de voir un comice distribuer des prix en présence de cinq à six désœuvrés et une douzaine de polissons! — Cela suflBrait seul pour faire tomber à plat tous les comices.
Il faut au peuple des spectacles , et il n'y a point de spectacle sans spectateurs.
Point de fête non plus sans la jeunesse ; appelez-la par tous les moyens imaginables. Le meilleur de tous est de payer deux à trois ménétriers de village, et de la faire danser pour rien.
Qui veut la fin , veut les moyens. — Il y a bien des manières de conduire les hommes; n'en négligez aucune.
Mais cette fête doit se distinguer des ballades et des autres réunions , autrement on oublierait son origine.
Chaque individu , n'importe l'âge , le rang ou le sexe, devra porter un épi ou une fleur des champs. — La jeunesse et l'enfance peuvent se parer de guirlandes et de couronnes.
Affichez ce programme à trois marchés , et pendant trois
dimancheB dans chaque commune de canton. Ne négligez rien pour instituer et faire passer dans les mœurs lafite de t agriculture. C'est le meilleur moyen de rhonorer, et de rappeler au peuple qu'on s'en occupe.