DU FROMENT. Î
Abraham le retenait, Pierre Labombe Texcitait)... Vous ny entendez rien, s'écrie M. Routinet, vous ne voyez le danger, laissez-moi parler.
Ecoute Franck , fais une parabole sur la routine , courte
et bien tapée , les enfans l'apprendront Je le veux. —
Le routinier est mauvais cuisinier Ça ne vaut rien ,
voyons une autre....*. Avec la routine, on fait maigre
cuisine Encore plus mauvais ; te moques-tu de moiî . . . .
qui suivra la routine n'aura bientôt ni pain ni farine Je
te saute au poil , mon drôle , si tu ne veux mieux travailler. . . Ne vous fâchez pas, la langue m'a tourné. — Qui fait ce
que dit M. Routinet est un homme parfait Ah! nous
y sommes. Ecrivez, maître Jacques, il n'y a que ça de bon et ce que je dis.
FAUT-IL SEMER PLUSIEURS BLES DE SUITE î....
Dans les plaines , on sëme toujours du grain , dit un conseiller. — On fume petitement pour le premier froment, souvent on sème à blanc. — Appelles-tu cela cultiver!.... Je le nomme se ruiner. — Tant vaut l'homme, tant vaut la terre. — La terre rend comme on lui donne. — Tu veux tirer d'un sac trois à quatre moutures , et ça ne se peut. — Le grain mange le grain : le produit ne p€de pas le travail. Tu te ruines en peine prenant, et tu cries contre ton champ.
Dam ! voilà l'histoire du sot cultivateur.
n y a quelque chose que le conseil a sur le jabot , et que je vais dire , reprend im autre.
Dis donc, Comîquet, quand tu prends une ferme, ce n'est pas pour l'améliorer. — Tu suis et poursuis , tu sèmes et laboures , tu abymes et tu écrases , tu t'en vas content d'avoir tout tué , tout ruiné.
Si en cela faisant , tu t'enrichissais , à la bonne heure ; mais tu es gueux comme Job , tu dois de tous côtés. — « Pourtant tu fais le fendant conmie si tu étais im de nos maîtres gens. — Tu prends une autre ferme , tu sors et trèscontent; mais celui que tu remplaces en avait fait tout autant.
Troc de maquignon , dit Franck , chétif , pour vaut rien. — Cheval borgne changé pour im aveugle; mauvaise bride pour \m licou. — Tu tombes de fièvre en chaud-mal , tu te ruines de fond en comble; de fermier tu deviens bordier, et de capotin cherche pain.
Dam ! voilà Thistoire du mauvais cultivateur.
Pourquoi fais-tu ça, dit im autre conseiller! — Tu crois jouer im toiur au maître , en écrasant son bien , mettant sa ferme à rien. — C'est à nous que tu fais tort, à toimême tout d'abord , tu vas le comprendre.
La terre est au laboureur , à celui qui travaille ; les mes-' sieurs de la ville ne cultivent pas. — Quand im laboureur sort, il en vient un autre, continuellement ainsi. — Le maître a le même fermage , souvent il augmente , parce qu'il y a plus de chats que de rats; dix fermiers pour une ferme.
Tu dois le voir. — Les loups ne se mangent pas. Les la-boureurs se font la guerre , ils se ruinent tous , en ruinant la terre.
Pour empêcher, suffit de dire au propriétaire: Mets cette condition : — Le tiers ou le quart de la terre labourable sera mis en prés qui durent , luzerne ou sainfoin dans la plaine; — tu les laisseras, quand tu sortiras.
Ça coupe lecouàTécraseur de terre; entre les laboureurs il n'y aurait plus de guerre. — Savez-vous, mes amis, qu'il y a des fermes où, dans les mauvaises années, on ne ramasse pas de grain pour le blé du moulin. — - Si tout
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était cultivé de la sorte, commeut vivrait le journalier, l'habitant de la ville et le bourgadint Ma foi I nous crève-* hons tous de faim.
Pauvres gens , dit Franck, vous soutenez l'ivrogne, le fainéant, le mauvais cultivateur; c'est lui qui fait votre malheur. — Vous avez entendu l'histoire des écraseurs de terre : un jour elle finira; quand les jeunes gens seront venus, des fermes on les chassera.
Ma foi ! dit Etiennne Fringot , voici mon affaire : — Je cultive mal , crainte qu'on ne me chasse ou qu'on augmente le prix. — Avant de m'en aller, je voudrais tout emporter.
Et tu manques de gagner, répond un conseiller. — Un jour, tu seras chassé pour avoir mal cultivé. — Vit-on un propriétaire renvoyer un bon fermier t Jamais, du grand jamais; je le blâme, au contraire, d'en garder de mauvais. Quant à l'augmentation du prix. — En cultivant bien , tu peux gagner 500 livres par an , pendant neuf ans , te voilà 4,500 firancs , ou 225 livres de rente , que tu n'aurais pas gagné si tu avais mal cultivé. — Si on augmente le prix de 100 francs, tu en as 125 de bénéfice, et la ferme est moins chère.
Cultivateur qui raisonne comme Fringot , est race xle canne, malin et sot, dit Franck. — A l'entendre, il ne faut pas bons laboureurs , cultiver de travers , mettre une ferme à l'envers. — L'almanach est fait pour le pauvre monde : — Si on cultive bien, il y a du blé; le pain est à bon marché ; — si on cultive mal , il n'y a rien ; les pauvres gens meurent de faim.
Dam ! voilà ce que font les écraseurs de terre. Le mal n'est tout entier du côté du fermier , dit le père Abraham ; il vient de loin , chacun va le comprendre.
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v^tSBmd les praines jKtx&àeile» n'étaient pas eomnies , amsi iÇne Ji pamine ie^ vem , la. betterave , ie colza , la navette iSt lis cintres 'TÙtures . on vivait dit : — H y anra trois soles : trament jn messie vi'jiioRL avoine on bailloige après, pnis un
Ldt propnifiaue . adn (Fètre pinré . mettait le fermage en Ue . — âxnmsKdX haillargp (fans la plaine. — D^Niis900 ans . La x:?e 5 «^pinse . eile ne ^eot pas tuujuurs da gtsdn, — Le nPTTiuiT se vsmc abugé de amt semer ponr vivre et pajsr. — Le pvofpeàslaiEe a dn blé cpn ne pèse point , la terre esc irop laaae. — Le fiprmipr ne le nettoie bien ; v'ia i* jû rii»ic ja ptHuriGLue et le manvais grain.
Jjti MtS m&, je vois Le nul depuis long-tempe. — Pour
tmft4ii'jn»r ja 3er?e . cinr ie fiamuge en écos. — Si le maître vw3£ ia irruii . iÇL il prome ane moitié da fi?rmage en fn^jcBienc . r Aocre ai acsent. — Jamais avoine ni baillarge. — Pus p il impose a son fiennier l'obligation de £ure des prés., . Tcac esL diODge depuis 40 ans ; il finit que le ferma£^ vharg*. — Avec <&s prés et dn bétail , on fomera mi^'cx ; U terre s'amiéîîerera . an aura pfais de grain. — Sanfi çx nûcâ z/t Docrrinoos pas le monde. — Je hn dirai fai::! ça pocr !a tare . pocr toi . pour le pavs , ponr le fermier, prj^ tes enfizks et poorles pauvres gens. — Mes am» je vooa Tasscre . qand le propriétaire voudra, l'agricnltore changera.
»a jiiif ji jta j'jtMoea, — :a
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LES raOGËS. AT
Malédiction ! maudit procès ! — Nous voyons sortir par chatière (maison de Ramponeau) ime poule toute plumée, 16 autre après, encore ime autre, jusqu'à treize. — Puis on grand coq, que Franck a nommé Cocquesigru (le plus an du village) , mais étrillé , plumé , flambé , haut et grand mme une perche.
La pauvre volatile tremblait , Chopinette tapageait , moi li ai de l'esprit, j'étais tout bcte. — Les honnêtes buveurs e cornent à l'oreille , faut procès ; — Chopine , faut procès. -Je vas au juge de paix; je conte et raconte , en pleurant volaille et montrant mes témoins.
Ne faut de témoins, dit Romponeau ; — J'ai bu ton D , tu m'as dépouillé ; tes poules et ton coq ont mangé on grain , je les ai plumés. — Je paierai le vin , quand tu ieras le grain.
Le juge fut en embarras. — En grand embarras; il dit à fin : — voici le jugement, vous serez contens. — Entre lisins point de querelles. — Le vin passe pour le grain. -Chopine rend la veste et Ramponeau les plumes. — lacun ses dépens , amis comme devant.
Amis comme devant ! je ne le fus , ma femme non plus. •Les honnêtes buveurs dirent , jette appel , Chopine ; croisas , jette appel . — Je vas trouver le sergent ; nous trottons rs la ville. — Pendant six mois , j'y ai cinquante fois lopé ; on écrivait , on plaidait , on se chamaillait ; mon ind coq faisait de l'effet. — J'étais bien sûr de gagner. V'ià-t-il pas que le juge se trompe ; il dit : bien jugé , tement appelé ; Chopine paie les frais. Quand j'entends ce mot , je tombe raide mort , mais vraiînt mort , tout-à-fait mort ; — si je ne m'étais relevé , j'y rais encore.
» L iGUaxnif FÛKIAIRE.
Chien de procès . mainiît procè» ! Malédiction , désolation . misère et compsgiue 1 Q m'en a coûté 580 firancs qu'il a £dhi paver compunt — A moi . dit Ramponeau , IdO firancs que je devrai kx^-teiiqis.
Eh bîm ! Chopine . dit Franck . la as plaidé » tu es écorché. — On plume les poules au village , les plaideurs à la ville. — Ne valait-il pas mieux les mettre au pot que de se Caire étriller comme un sol.
Je demande a parier . dit un mossieu bien habillé
Parlez, dit le père Abraham.... Jesuis avocat , aux procès je me ccHmais. . . Eh bien ! répond Franck , je dirai ce qui me viendra dans la cervelle.
L AvocâT. — Mes amis . les messieurs ne plaident plus , malgré qu'ils aient les biens et la fortune. — On a feit pour eux des li\*Tes qui montrent qu*on se ruine en plaidant. — Faut en faire pour le cultivateur , l'avertir du danger. — Apprenez d'abord qiie rien ne cause du tourment conmie un procès ; c'est à rendre fou « à faire tourner la tête et mourir de chagrin.
FRANCK. — Qui a procès ne dort jamais. — Qui a mis procès entrain, trotte de grand matin. — Procès et tranquillité ne sont de société. — Procès et soucis font une paire d'amis.
l'avocat. — Toujours au cabaret l'on conseille de plaider, jamais de s'arranger. — Pour un mot , une sottise , un petit coup donné , on marche en police correctionnelle. — On se fait moquer de soi , on a de grands tourmens , on rnange son argent.
FBAKCK. — Les mauvais conseils , la bouteille et les proc^js ruineront nos villages à tout jamais. — X' y a chez les cabaretiers que de mauvais conseillers — Des trois