DÉPART DU BOCAGE
Après 20 batailles et 100 combats , l'armée de Rococo se trouvait im petit réduite ; mais le grand Ludfer fonçait toujours, envoyait diables. — Nous comptions aussi quelque^ morts et des blessés.
— On ne fait point d'omelette sans casser les œufs.
Nous venions de leur enlever , entre les Aubiers et Argenton-Château , un convoi de 350 mille barriques de vin , venant du pays Thouarsais. — Fretillon par im coup de son métier , en avait repris 40 mille ; mais elles étaient avalées , et les gens de Rococo buvaient de l'eau.
On nous envoya madame l'Envie pour parler d'arraa-
metit. . . Nenni , nenui , dîmes-nous ; la vilaine madame entrera pas ici.
Alors vient Fretillon, avec les pouvoirs de Rococo et le procturation de Lucifer écrite sur un papier de 325 Jies de long, et 150 de large. — Les lettres longues •mme des gaules de labourage: la signature remplisscdt le moitié de la feuille. Nous l'avons encore : c'est fort iricux.
Voici le traité que nous fîmes :
Il y aura suspension d'armes pendant un mois. Les ables et leurs acolytes quitteront le Poitou , iront dans . Saintonge , parce qu'ils ont soif.
De suite, Rococo fait demander passage aux gens de joti ; la garde nationale refuse , malgré les cabaretiers qui volaient de nouvelles foires.
Le diable jette un pont , de Coulon à la Garette , pour averser la Sè\Te. Ouvrage superbe! A chaque bout, une lionne de 100 pieds de haut, et dessus était écrit : c'est
pont de Satan. — Il avait 703 arches.
Quelques personnes vous diront qu'il en avait 8 à 900; » les croyez pas. — Il y a des gens , voyez-vous , qui tventent , font des contes et revent la nuit ce qu'ils diront f jour. Défiez- vous-en. — Moi, je dis, un chat est un 3at, et Boisansoif un ivrogne. — C'est la vérité. — bailleurs, le pont n'est pas vilain comme ça.
Mais le malheur est que , sitôt que l'armée fut passée ,
s'enfonça si bas qu'on ne voit plus les colonnes. — V'ià histoire; je n'y mets ni n'en ôte.
J'appris que Rococo voulait aller à Bordeaux , le vin tant meilleur.
— Moi , qui n'îivais pas de pont à faire , je le devançai, 'établis mon camp à Laulay, et fortifiai Saint-Félix et
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Migré. — Le diable établit le sien à la Charrière , et s'uvançait jusqu'à Belleville.
La trêve expirée , nous nous battîmes pendant huit jours dans les environs de Villeneuve-la-Comtesse et de Toaty-Fault.