XVI INTRODUCTION
N*y a rien qui fasse des cousins comme ime bouteille de vin.
Les ivrognes cherchent leur parenté au-delà de Mathieu- Salé.
A mesure que le vin entre , la raison sort , et petit à petit rivrogne s'endort.
Le peuple et les enfans aiment le bruit \ et celui qui a de bonnes dents aime le pain cuit.
Quand les chats ont des mitaines , les souris dansent lapretintaine.
Sans les gens qui cultivent bien , tout le monde chercherait son pain.
Et celui qui cultive mal son champ , fait grand tort aux pauvres gens.
Le fainéant et le joueur , Tivrogne et le mauvais cultivateur, sont bêtes de même valeur.
Le routinier bat le buisson , le bon cultivateur prend l'oisillon.
Ouvre la bouche pour parler , fourre-toi dans Teau pour te mouiller , suis la routine pour te ruiner.
Qui part de bon matin fait du chemin.
Petit gaspillage ruine un grand ménage.
La femme est le bon Dieu de la maison.
L'activité entretient la santé ; et fille qui agit ne pense à mal.
Chez les garçons comme chez les filles , fainéantise est mère de vices.
On n'est jamais mieux servi que par soi-même.
L'argent vient clopin-clopant , et fuit en galopant : faut que la femme l'arrête.
Souviens-toi toute ta vie de ce que j'ai dit : faut un apprentissage dans le ménage.
On apprend en faisant , et l'on ne sait bien que ce qu'on a fait souvent.
INTRODUCTION. xvii
C'est qu'à la longue petit débit fait grand profit.
Qui fera des prés aura du blé.
Veux-tu blé , fais des prés !
Point de fumier sans prés , et sans fumier point de blé.
La terre s'épuise par le blé , elle se repose par le pré.
Un pré rapporte plus qu'un blé.
Le pré donne le foin , le foin nourrit le bétail , le bétail fait le fumier et le fumier produit le grain.
Point de culture sans pré , comme sans fumier point de blé.
Avec le fumier tout vient , et sans prés on n'a rien.
Qui fait des prés s'enrichit , qui n'en fait pas s'apprauvrit.
Dans toute terre qui donne du blé , on peut faire aisément un pré. — Il n'en coûte pas plus pour faire un pré que pour faire un blé.
Après le pré vient le blé.
Malheur à qui ne fait pas de prés.
La propreté entretient la santé.
Femme économe est un trésor , et femme alerte vaut son pesant d'or.
Femme maligne et poule qui pond , font grand bruit à la maison.
La femme sans main : l'été sur le perron , l'hiver sur les tisons , et laissant tout à l'abandon.
Quand la langue travaille beaucoup , les mains ne font rien du tout.
C'est le tambour du village qui fait plus de bruit que d'ouvrage.
L'ivrogne et le fainéant se ruinent promptement ; la mauvaise ménagère en fait autant.
La vie entière n'est qu'un travail , et richesse vient de petits détails.
Qui chaque jour doit dépenser , chaque jour peut épargner.
Une maison mal tenue est une maison perdue.
IKTRODUCnœi.
CTeat toujoiuB faate de soin que vient le besoin.
BeCile brassée et souvent , on. arrive an bout de l'an.
A mal sans remède point de réflexion.
Un an de cliagrin ne paie pas deux liards de dette.
Qoi a mal fait hier demain fera mieux.
On conseille le voisin et chez soi on ne fait rien.
Aa cabaret on paraît tout savoir ; à la maison on ne veut rien voir.
Rivière à sec n'a pas de poisson ; avec de Teau claire on n^engraisse point le cochon.
Cenx qui ont de bon bétail aehettent du bien , et ceux ([ui n ont ({ue du blé n'arrivent à rien.
Une ferme sans bétail est une cloche sans batail , et le fermier travaillera tout son soûl sans faire sonner les cent sous.
L*œil du maître nourrit le bétail : et ijuand il n'y est pas , la pâture file ou les bêtes soufirent.
N'y a petite épai^e , ni petit gaspillage , tout se trouve dans le ménage.
Sans bétail on ne fait rien qui vaille , on n'a ni grain , ni foin , ni paille.
Le bon nourrisseur vaut le bon laboureur.
La belle plume £ût le bel oiseau.
Tant vaut l'habit , tant vaut l'homme.
La mariée est toujours belle , et jeune fille en beaux atours n est jamais laide.
Personne n'est plus fin que tout le monde.
C'est le passé qui instruit l'avenir.
Jeunesse va vers le monde , vieillesse en revient; et si vieillesse ne cause jeunesse ne saura rien.
Qui apprend à ses dépens , est dupe pendant long-temps.
Celui qui sèmera sans fumer , ne fera pas défoncer le grenier.
INTRODUCTION. m
Celui qui ne fera pas de prés , ne sera guëres content de ses
blés.
Xe faites pas de la science un hérisson , on ne Tembrasse-
rait sans se piquer le menton.
Veux-tu du blé , fais des prés.
A petit fmnier , petit grenier.
Le boulanger fait le pain ; mais le fumier donne le grain. S* il faut du bétail pour labourer , il en faut aussi pour fumer. En tout il faut du travail et richesse vient de petits détails. Le bonheur et le malheur se composent de petites choses. Le bétail est Tâme d'ime ferme; il faut le connaître pour y
gagner.
Qui ne voit rien , ne sait rien ; et celui qui apprend à ses
dépens est dupe pour long-temps.' Rien ne fait des cousins comme ime bouteille de vin. Parlons peu, parlons bien: les grands parleurs sont souvent
menteurs.
Qui ne fait rien pour soi ne doit pas compter sur les autres. La fainéantise est conmie la rouille , elle use plus que le travail : la clef dont on se sert est toujours claire. Qui dissipe le temps dissipe la vie : car c'est de temps que
la vie est faite.
Le temps vient , passe et ne revient plus : temps perdu c'est
argent de moins.
Réveille-toi donc fainéant : quand tu seras mort tu dormiras
long-temps.
Le renard qui dort ne prend point de poule. La misère regarde à la porte du travailleur, et n'entre pas.
Mais elle entre chez le fainéant , s'assied à son foyer , et
les voilà qui se peignent, comme chats qui se battent. Qui compte sur l'espérance mourra de faim. C'est sur tes
bras que tu dois compter.