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III INTRODUCTION

La jeunesse , il faut la prêcher ; qui mal commence finira mal.

Une fois n'est pas coutume , mais toute coutume commence par-là .

Mauvais exemple est dangereux ; pauvre jeunesse imite les vieux. £lle boit, elle se soûle, se rend malade.

Le tout pour la bouteille , répète Chopine d'un air content.

Petit à petit le corps s'avine , toujours vers le cabaret on chemine.

On joue, on fainéante, on perd son argent; on bavarde, on se fâche en se soûlant.

On se bat pour un oui , pour im non , et du tribunal on marche en prison.

Mes amis , c'est grand bonheur si d'ivrogne on ne vient voleur.

On ne mesure le temps avec ime corde.

Courte vie et longs travaux.

Tout vient avec le temps , dit-on ; mais le temps manque à tout.

Battons le fer tant qu'il est chaud.

Le courage fait l'ouvrage.

Fais comme notre ane qui ne boit qu'à sa soif.

Il faut fesser tous les matins le fermier qui ne chaule son grain.

Négligence et paresse dissipent grande richesse.

Le fennier qui n'a pas de soin sera toujours dans le besoin.

Le routinier est mauvais cuisinier.

Avec la routine on fait maigre cuisine.

Qui suivra la routine n'aura bientôt ni pain ni farine.

Tant vaut l'homme , tant vaut la terre.

La terre rend comme on lui donne.

]\Ies amis, je vous l'assure , quand le propriétaire voudra, l'agriculture changera.

INTRODUCrriON. un

On plume les poules au village , les plaideurs à la ville.

Qui a procès ne dort jamais.

Qui a mis procès en train trotte de grand matin.

Procès et tranquillité ne sont de société.

Procès et soucis font une paire d'amis.

Les mauvais conseils , la bouteille et les procès ruineront

nos villages à tout jamais.

Qui a procès , a six bœufs à Tengrais. Procès de voisin , procès de venin.

Procès de parens , procès de méchans.

Procès de famille , procès de ruine.

Mauvais acconmiodement vaut mieux qu'un bon procès. Sais-tu que pour im procès il faut trois sacs : sac de papier ^

sac d'argent , sac de patience.

Le chemin du cabaret est le chemin de l'hôpital. Donner une ferme à un ivrogne , c'est confier sa bourse à

un voleur ; il se ruinera et ruinera la terre. Toute fille qui épouse im ivrogne est à bout d'aise. Elle sera

battue , vivra dans la misère et mourra de chagrin. Sans fumier il n'y a point de bonnes terres ; avec du fumier

il n'y en a point de mauvaises.

Semer sans fumer , c'est se ruiner.

Si tu te moques de la terre , elle se moquera de toi. Pour qu'elle rende , il faut lui prêter ; elle ne donne rien pour

rien.

Le bétail maigre donne peu de fumier et du sec; celui qui

est en état en donne beaucoup et de bon. Une bonne année de fumage n'améliore pas une terre ; il

faut qu'elle soit fumée de longue main. Point de mauvaises années pour celui qui fume bien ; et

point de bonnes pour celui qui fume mal. Qu'est-ce qu'une ferme sans fumier ? un cheval qui n'a que

xiY INTRODUCTION.

trois jambes: on le fouette et la pauvre bête ne marche

pas , elle se traîne.

Une famille vivrait à Taise avec ce qu on manque de gagner dans une ferme.

L* argent ne vient pas dans le gousset en se croisant les

deux bras.

Point de fourrages sans prés; point de bétail sans fourrages C est-il vrai! mais point de fumier sans bétail,

et point de grain sans fumier.

Celui qui aie tiers de ses terres labourables en prés est un

bon cultivateur; le quart n'est pas assez. Ce n'est point ce qu'on sème, mais ce qu'on fume qui . produit.

Les beaux épis font les belles récoltes. Pour récolter il faut fumer.

Semer à blanc , c'est jeter sa fortune au vent. Sème chaque année des prairies , chaque année tu rompras.

Une boisselée de défrichée en vaut trois. Ne sème que ce que tu peux fumer; fais des prés, élève du

bétail jusqu'à ce que tu puisses fumer tous tes blés. Ne sème pas en raison de la terre que tu as , mais du fumier

que tu fais.

Qui ne bouge pas n'arrive point.

Qui n'a pas de foin dehors n'a pas assez de foin. Quand on ne fait pas ce qu'on veut , on fait ce qu'on peut. Celui qui a la volonté a le pouvoir. * Veux-tu toutes tes aises , mets tes mains dans tes poches et

gage un valet pour te faire manger la soupe. J'ai vu le viel ormeau moins gros qu'une paille ; on naît

petit, on devient grand; l'oiseau commence son nid par

un brin d'herbe , et chât-petitva loin. Coupe ton herbe avant quelle ne soit mûre , le foin qui

sèche sur pied ne vaut pas de la paille.

INTRODUCTION. xv

Jamais bete n'a pu manger, assez de paille pour se nourrir;

aussi la graisse de paille est chère au marché. Le plus difficile n'est pas de faire des enfans , c'est de les

nourrir.

Il est encore aisé d'avoir du bétail , mais il faut qu'il vive. . .

On ne l'envoie pas chercher son pain de porte en porte ;

il est attaché , criant , souffrant et mourant. Si la grange est vide à la fin de l'hiver, la famine est sur

les bêtes.

Qui soigne son bétail , soigne sa bourse , et qui ne le nourrit pas se ruine.

Qui n'entend qu'ime cloche, n'entend qu'un son, chacun

veut parler à sa façon.

Qui ne peut moudre à un moulin , prend à un autre. Souris qui n'a qu'im trou , est vitement prise. S'il faut de la farine pour les gens, faut de la pâture pour

les bêtes.

Un peu de travail et beaucoup de soins nous mettent le pain

à la main.

Frappe-d'abord à toujom^ tort.

Qui mal enfourne , fait ses pains cornus. Besogne bien commencée est moitié faite. La vigne et le poirier , la fille et le pêcher sont difficiles à

garder.

A petite occasion le loup prend le mouton. Le premier qui mit de l'eau dans son vin fut un grand

homme de bien ; mais celui qui en fera mettre à nos paysans , sera cent fois plus grand.

Sur la table , au cabaret , mettez la bouteille et le potet. •Quand le soleil est couché , toutes les bêtes sont à l'ombre ;

et quand le vin est à trois sous , les i\Tognes sont en

nombre.

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