DE L ACHAT ET DE LA VENTE
Ah ! mes enfans , c*est le difficile. — La perte et le
sont là. — Un fermier qui sait acheter et vendre s' celui qui ne le sait pas s'appauvrit. — La belle bête mange pas plus que la vilaine , et le bénéfice est différecr:^ personne ne demande la chétive , la bonne plaît à tons marchands.
Les messieurs sauraient cultiver , mais ils ne savent acheter. Pourtant le bétail est l'âme d'une ferme ; il faut connaître pour gagner.
Je ne puis pas vous dire ce que c'est qu'une boniS' bête , il me faudrait dix almanachs. Mais vous apprendrez mieux en voyant qu'en lisant.
Jeune homme , suis dans les foires un connaisseor; demande-lui les défauts de cette bête » les défauts de cellelà, les qualités de l'une et les qualités de l'autre. — Cest ainsi que tu apprendras.
Va, le dimanche, dans une ferme où il y a du bétail, visite-le , cause , demande et tâche de t'instruire. — Quine voit rien ne sait rien ; — et celui qui apprend à ses dépens est dupe pendant long-temps.
Ne surfais pas trop ta marchandise , tu rebuterais l'acheteur. — Consulte tes amis ou tes voisins siu* le prix de tes bêtes , si tu ne sais pas le cours. — Celui qui vend le premier a plus de profit que le dernier. — La bête mange et nennent les accidens.
O mes amis ! savoir acheter et vendre est im talent ; celui qui ne connaît point le bétail ne doit point se mettre en ferme , il mangera son argent.