‹ ŒuvresChapitre 79 sur 145 · LE DEVIN · texte numérisé non relu

LE DEVIN

Vous allez au devin, qm accuse toujours un voisin , et ous tire de bon argent de la poche.

Avez-vous perdu quelque chose ou vous a-t-on volé! — "^ous courez au devin. — Ah! si les devins étaient si fins , ne faudrait plus de gendarmes , et tous les voleurs seraient incés.

Aies amis , je vais la nuit comme le jour et je n'ai pas vu e loup-garou. — Tous les messieurs» les hommes d'esprit eraient devins ou sorciers, s*il y en avait; — car ils en •avent plus que les pauvres gens qu'on accuse.

La faute est aux pères et mères , aux grand'mères sur- ^ut , qui effraient les enfans par des contes et de sots propos. — Ils leur rendent un mauvais service ; — car il fiiut ^^'ils sortent quelquefois le soir ou la nuit. — Eh bien I ces Pnuvres.enfans , tout effirayés , rentrent de suite.

Quand ils seront grands, une pierre, un arbre, un buisson les feront reculer d'épouvante.

Croyez-moi , ne faites jamais aux enfans des contes de %(Mt:iers et de revenans : la peur est une maladie , et l'on ne ^érit point de la peur.

. J'eus beau parler, prier, mes conducteurs me quittèrent ; je pris seulement le meilleur chameau.

Mes amis , cette forêt était immense , plantée de pommiers , poiriers , pruniers , cerisiers , amandiers , pêchers et autres arbres toujours chargés de firuits ; car il n'y a point d'hiver dans ce pays-là.

Je n*avais pas fait une lieue que j'entends crier autour de moi: Un voyageur 1 un voyageur I

— Quel est son nom , dit une grosse voixt

— Franck , répondis-je , le faiseur d'almanachs.

— C'est bon , reprend-elle , poursuis ta route. — Gardes ! >*ous l'accompagnerez.

1S6 L'AGRICULTURE POPULAIRB.

Vans saurez que je ne voyais" personne , ma%ré parlât autour de mot.

Tout le jour et le lendemain , poidant hait morteltei nées , on nie:parlait , on. me répondait , et peiaoone montrait ; je ne voyais, ni villes ni bourgs , ni mu» villages.

Je traversai de grandes prairies et vis une qoani cbevaux , bœufs, vaches et moutons, dans l'herbe juj geçon. -

Le premier soir je caeillia des pommes : aossitôt j'< dis cinq cents voix qui criaient : au voleur I an voleur ! la grosse vois répondît : laissez-le iaire I Alors , je i gênai plus.

Apres avoir fait dans cette forêt pins de SOO U j'arrivai sur le bord. On me dit : Ecoute , mon raifiu vas à Lahore , tu traverseras 100 lieues de désert ; i charge ton chameau de fruits et d'eau. Monte sur cet i et tu verras la trace de nos gens sur le sable ; tu la sa ils sont à Lahore ; là , tu sauras qui nous sommes. Je le lendemain. Mille voix , petites , moyennes et gn criaient : Bon voyage ! bon voyage an petit Franck ! je ne vis personne.

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