LE DEVIN
Je restai huit jours à Samarkand , bien vu de tout I^ monde. Quand je partis , on me donna deux conducteurs ^^ trois chameaux chargés de provisions , pour traverser un désert de 100 lieues de long et 100 lieues de large.
Arrivé près d*une grande foret , mes guides s'arrêtèrent.
Est-ce que vous n'allez pas plus loin , leur dis-jet
Non , répondirent-ils; c'est le bois des sorciers, nous n y entrons pas.
Mes amis , répliquai-je , il n'y a ni sorciers , ni loupftgaroux , ni devins. — C'est la sottise et la peur qui ont mis ça dans la tête.
Quand vous voyez la nuit un chien , un loup , une chèvre égarée , vous tremblez et fuyez , disant : c'est un loiq)-garou. — Si vous foncez dessus, la bête se sauve. — Jamais on ne les voit que la nuit parce qu'on n'a pas peur le jour.
Si une pièce de bétail crève , — si une personne est malade , — quia fait cela , dites- vous î c'est le sorcier.
Mais vous savez bien que, depuis que le monde est monde , il y a mort et maladie sur les bêtes et les gens , — sans quoi l'on vivrait éternellement.
tj vzr;a.