DES PBIX ET DE LA FÊTE DE L AGRICULTURE
Chaque année , avant la moisson, il y aura une distribution de prix. Ne pouvant donner des bestiaux ou des instrumens qui coûtent beaucoup, on donnera une petite somme à de simples cultivateurs.
Il ne faut pas donner plus d'un prix par canton. L'argent quon distribue ainsi est souvent mal. placé. Mais il s'agit ^'honorer les cultivateurs , et d'instituée' la fête de r agriculture.
J'ai remarqué que, soit à tort ou raison, le public pense
\*) L'Angleterre nous a montré que les associations de propriétaires rendaient d'immenses services.
En France : rinstniction du cultivateur , l'amélioration des races de bestiaux , le perfectionnement des cultures , la viabilité des chemins; tout ce qui tient à l'économie rurale et domestique ne peut venir que des associations , parce qu'elles réunissent les lumières , les forces et les volontés.
La classe des domestiques est nombreuse ; c'est d'elle que sortent les petits cultivateurs , les journaliers , les pauvres et les mendians. On pourrait améliorer leur sort , leur enseigner l'économie , en établissant , pour eux , une caisse d'épargnes.
Dans les plaines , les propriétés sont divisées et morcelées à l'infini, la culture est dispendieuse et les bons assolemens sont difficiles. Pour quoi ne pas recourir aux réunions légales et forcées, telles qu'on les voit instituées en Ecosse , en Angleterre , en Danemarck , dans une partie de la Prusse et de l'Allemagne? Partout où on a effectué ces réunions , l'agriculture a fait de grands progrès. Nous ne verrions plus de fermes de 20 à 30 hectares divisées en 40 ou 50 pièces isolées.
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toujours que la faveur préside à ces distributions. Ell^i; font alors plus de mal que de bien : cela vient sans doute de ce que , différant quelquefois sur les choses , nous ne sommes jamais d'accord sur les hommes. Chacun de nous veut toujours être ou pardtre meiUeur que son voisin.
Les associés du canton pourraient désigner un cultivateur par commune, et le sort ferait le reste. On ne se plaindra pas du sort; Tenvie dira qu'il est aveugle.
Quant à la fête de l'agriculture , elle doit passer dans les mœurs , et avoir im caractère distinctif .
Voulez-vous qu'elle soit durable! appelez-y la jeunesse: elle est étemelle. Appelez-la par tous les moyens possibles; affichez , publiez la fête dans les hameaux , indiquez le signe que chacim doit porter.
Il est fort simple : quelques fleurs champêtres , et voilà tout. Mais cette réunion aura une physionomie nouvelle, et c'est ce qu'il faut.
Les gens graves vont se moquer. Mais ceux qui connaissent le coeur humain ne penseront point que cette lete soit inutile ; les institutions populaires ont de la puissance , et quand on réunit les masses , c'est aux sens qu'il faut parler.
Chez les anciens, chaque fête avait un caractère distinctif qui frappait le spectateur.
A l'extrémité de l'Asie, cent millions d'ames se parent de fleurs , depuis quatre mille années , le jour que le puissant empereur laboure.
La fête ou la distribution des prix aura lieu , dans chaque chef-lieu de canton le dernier dimanche de mai , mais au chef-lieu d'arrondissement , elle sera fixée au premier dimanche de juin : tous les associés y sont invités.
d'un journal dans le DÉPARTEBIENT.
Il y a plusieurs journaux dans le département. Ils sont
MÉTHOnE GÉNÉRALE ET NOIA^LLE. 2U4
tous à la politique , quoique chaque jour , elle nous arrive toute faite de Paris, et en abondance.
Aucun d'eux n'a songé à l'agriculture ; pas même dans renonciation des matières qu'il doit traiter. Ce n'est pas mépris, c'est oubli. Mais dans quel oubli est tombé le premier des arts , celui qui fut, est et sera toujours la source de nos richesses 1
Il nous faut ime publication périodique; elle est nécessaire pour l'instruction du propriétaire et du cultivateur; pour nous tenir au courant des nouvelles découvertes ; pour indiquer les expériences et les succès des membres de l'association , pour signaler enfin les habiles cultivateurs.
Il faut donc que le quart d'un journal hebdomadaire soit spécialement et exclusivement consacré à l'agriculture. Dans ce cas , on donnera une indemnité de 600 fr. à un rédacteur spécial (150 fr. par arrondissement). Sans cela, cette partie serait mal soignée et complètement inutile.
Tout cela est abandonné à l'association de l'arrondissement du chef-lieu du département ; elle nommera le rédacteur , et traitera avec les propriétaires d'un des journaux existans.
Qu'arriverait-il si aucun des propriétaires de ces journaux ne voulait consacrer le quart de leur feuille à l'agriculture? L'association des quatre arrondissemcns créerait , par souscription , un journal du Cultivateur ; il serait en même temps , journal politique , du commerce et d'annonces.