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CONCLUSION

Dans les arts les plus simples , on fait un apprentissage, et l'on voyage pour se perfectionner. Ce n'est quaprès avoir travaillé long-temps et parcouru des cités populeuses, qu'un artisan sait son état.

En agriculture , il n'existe aucun moyen d'instructi(»n. L'ignorance est si absolue qu'un cultivateur ne fera pas dix pas pour visiter une nouvelle culture ou un nouvel instrument: tant il est persuadé que ce qu'il fait est le sublime de son art.

Labourer, semer, moissonner et battre, est tout pour lui ; on se fait fermier comme on se fait casseur de pieiTes ou goujat. Le propriétaire, quand il loue, ne s'enquiert même pas de la capacité de celui (j[ui se présente : en effet , il n'y a point à choisir; le paiement seul l'imiuiète (*).

("♦) L'histoire de la routine, ou de rassolcmcnt triennal, ne se trouve pas partout. Voici en peu de mots ce que j'en sais.

Au nioyen-âKc , les fermages, les redexances et rini|xM ne :?c payaient pas en argent ; tout étiiit soldé en nature. A la récolte , on tombait sur le cultivateur et on lui enlevait tout.

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Od \it encore que b terre oe ipupiait pas assez d euçrais , qnVIk- » épuisait par la ! uf et srkm ttMêmoit des bôbc^ rK*.Okbes . en ««fte que les produits dimînuaint inseBsUemect-

Alors naquit ragrimltore Doo^e&e. Le« prairies art^finriles . ks récoltes intercalaires et bûiées: c>54-àH!ire le laaîs. la fiomme ^ terre , les betteraves, le na^et . le colza, la navftSe . le pa\^ . la caméline, le cboux, le lin. mille autres mitiires diverses vinnnit fournir au fermier , du fourrage , des prox i>k»ns et de TarpenL 1^ récolte du blé augmenta et ne fut plus sujette à autant de \ ariatit>n> . la population et les re\'enus se l>a?en>nt sur les produits.

Les Pays-Bas , le nord et l'est de li France . une partie de '

ZiO L'AGRICULTURE PCMPULAIRE:

cette puissance ; vous le pouvez et le devez. Associez-vous, faites des livres , instruisez le cultivateur , et payez enfin la dette des siècles à TEtat , aux populations et à l'humanité (*).

une portion de rAllemagne , de la Prusse et de la Suisse , l'Angleterre et l'Ecosse , vinrent ofTrir au monde l'exemple d'une bonne agricalture.

Dans le centre et dans l'ouest de la France, les plaines sont encore . soumises au triennal , et les bocages de ces contrées offrent l'aspect des steppes de la Haute-Asie. Partout cet affreux. système est dans les habitudes et dans les mœurs ; aujourd'hui même le propriétaire c( le fermier se réunissent pour le maintenir ; le bàrt^u ,.la magtstnture y la jurisprudence et la législation le protègent de toute leur puissance.

Dites-le donc enGn : étes-vous du H* siècle ou du 49* ? Êtés-vous des barbares ou àê& hommes civilisés , des barboUna ou des agriculteurs?,..

(*) 11 faut que je fasse encore un aveu... Que voulez- vous ? je n'espère que dans la loi départementale ; peut-être qu'alors on s'occupera un peu plus des cultivateurs et de l'agriculture.

J'ai communiqué cette méthode au conseil général des Deux-Sèvres, dans la session du 40 mai 4834. Elle a été rejetée, comme vous lé pensez. Je crois pourtant qu'on a enterré pour la forme une espèce de mention honorable , dans un coin du procès-verbal.

Mais on a supprimé les 6,000 francs do primes pour les chevaux, (le même que la somme qu'on accordait chaque année à la société.

Ainsi, moi , qui écris, travaille et parle depuis trente ans pour l'agriculture , je n'ai encore réussi qu'à lui enlever les fonds qu'on lui avait donnés jusqu'à c<î jour.

Cela ne m'étonne point; je suis habitué à ces mécomptes.

En 4 81 0 , je publiai un mémoire où je développais ces principes.

En 4819 , j'en fis imprimer un autre où j'indiquais ce mode dïnstruction.

Je donnai ces écrits à qui en voulut , sans trouver d'échos nulle part. J'appelais la discussion ; et l'espèce humaine si contrariante de sa nature , n'a pas seulement fait surgir un individu qui ait dit : Ça jie i^aut rien.

Pourquoi , nie disait quelqu'un , faites-vous imprimer encore en 4831 ; il y a, de votre part , obstination.

Il y a plus , ai-je répondu ; il y a destinée et fatalité. Considérez les hommes :

Celui-ci travaille vingt années , pour rectifier des faits historiques.

Celui-là consacre sa vie à une science ; il faut que sous sa main elle fasse un pas.

BIÉTHODE NOUVELIJ: ET GÉNÉRALE. 317

L*un invente une machine ; il quittera tout pour la perfectionner, dût-il vivre et mourir dans l'indigence.

L'autre traverse les mers , explore les rivages , s'enfonce dans le désert , franchit les monts , affronte les précipices , afin de découvrir quelques plantes qui vous seront utiles un jour.

n y a , dans la société, une multitude d'hommes que le destin pousse d'un bras indomptable et vigoureux : ils marchent inconnus , trainant le char de la civilisation , et ne se révèlent que par les résultats. Quelquefois on les livre au ridicule , soHvent on les. inéprise ; rien no blesse ou ne les décourage ; ils obéissent aveuglément à la fatalité.

Pour moi , je ne me sens ni moins de conviction , ni moins de persévérance. Je vois , dans la moitié de la France , des trésors que l'ignorance y- tient enfouis ; des p<^ula tiens malheureuses se débattant entre le travail et la misère ; des mères dans l'indigence, déplorant leur fécondité... Oui , .des centaines de. millions n'attendent , pour surgir du sol, que Vinstniction et la vérité. L'art de le fouiller est l'art que vous devez enseigner.

Mais le climat et la température varient; les vents, le froid, la chaleur; la sécheresse ou l'humidité diffèrent, et vous obligent à modifier vos cultures.

Le sol change à chaque pas. C'est toujours de la terre ; mais ce n'est plus la même , et chaque variété a ses exigences.

Le commerce a des ra])ports établis , des habitudes contractées et les populations ont leurs besoins, leurs mœurs, leurs misères et leurs préjugés.

Je ne vois donc sur cette terre et chez l'homme que des individualités : chacune d'elles veut un précepte. Vous ne ferez rien de tout cela avec des principes généraux; vous n'instruirez point avec eux trois Dent mille propriétaires et dix millions dé cultivateurs.

Partout il est écrit : L'Agriculture est une science dé tocalitës. Cet idage est gravé dans chaque ferme , à la tète de. chaque champ ; il Jemandetine instruction particulière et locaU, mais générale et univenelle. Il faut la verser comme la lumière , même sur ceux qu'elle blesse ou qu'elle importune.

fTespérez pas que les hommes viendront d'eux-mêmes déposer le joug de l'habitude pour en prendre un nouveau : ce n'est pas dans lu nature. Il n'y a que l'instruction et la persévérance qui puissent mojifier les usages.

Les siècles ont en vain passé sur la plage africaine, le père y vend encore son (ils; l'indolente Asie n'a pas changé depuis les temi)s inciens, et partout la vieille ignorance ravage encore les populations. Un seul peuple , en Europe , a continuellement marché depuis un liécle , il a d'abord amélioré son agriculture.

Vous tous , que le gouvernement , l'intelligence ou le choix des ntoyens ont placés à la tête des populations , instruisez-les ; par pitié, xmime par raison d'État, DONNEZ , A CES BRAS, DU TRAVAIL , A :E PEUPLE , DU PAIN l

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