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DES JOURNAUX D* AGRICULTURE

Rien n est plus utile qu'un journal d'agriculture. A Paris, depuis 40 ans , nous en avons eu dix; aucun d'eux n'a pu se soutenir. Une société de savans en publie un qui a pour

titre: Les Progrès agricoles. J'annonce à Tavance qu'il ne se soutiendra pas plus long-temps que les autres , et qu'il périra comme eux , si l'on n'adopte pas la méthode.

La raison en est simple: ces journaux ne peuvent opérer seuls. En France , les masses ne connaissent point l'agriculture; elles ignorent même que c'est une science. Pour y amener les populations , il faut des institutions fortes, actives et pénétrantes .

Avec la méthode , ils auront des abonnés , parce que son objet est de répandre une instruction générale parmi les propriétaires, et une instruction locale parmi les cultivateurs.

Ainsi nos inspecteurs diront à une société : Vous êtes

L'homme a le génie de la création ; il aime à faire et se plaît dans ce qu'il a fait. Cette passion repose au fond de son cœur.

2*» Les propriétaires ne s'occuperont point d'agriculture.

Vous vous trompez. Dès que Thommcsait, il applique et met sa science à profit : c'est dans la nature. Puis l'intérêt guide tout le monde; et l'homme riche donnera l'exemple : car il comprendra que, s'il affectait de mépriser l'agriculture , on lui tiendrait compte de ses dédains.

3» Mais les partis ruineront l'association.

C'est possible : pourtant ils ne doivent pas tout paralyser ; si vous attendez pour faire une chose que tout le monde soit d'accord, vous ne la ferez jamais. Heureusement , dit-on , qu'on se lasse de tout , de la haine comme des afTeclions , et que l'oubli est aussi nécessaire au bonheur cpie le sont les souvenirs. Enfin , on finira iwul-étre par comprendre que l'agriculture n'a qu'un parti : celui de la production.

4*» Et la guerre !

La guerre détruit et l'agriculture produit. Aux grands fléaux, H faut des compensations ; autrement respècc humaine se dégraderait sans cesse et finirait par s'anéantir.

MÉTHODE NOUVELLE ET GÉNÉRALE. M i

riches , abonnez-vous à cette feuille ; vous la communiquerez à vos voisins ; elle ne coûte que 12 francs. A d'autres : Réunissez-vous trois à quatre, un écn suffira. On cWe aux instances , aux importunités , et Tabonnement continue , parce quà mesure qu'on s'instruit, on sent le besoin de s'instruire encore.

Je vous l'assure , il faut aller chez les gens , les prier , les supplier , les forcer même , pour les amener à Tétude d'une science dont ils ne comprennent ni les résultats ni l'utilité. Toutefois il n'y aura que les commencemens qui seront pi^nibles. Le mouvement une fois donné, la chose ira d'elle-même (*).

(*) Avec un peu de soin et d'attenlion , on doit arriver, dans douze années , à délerminer , dans chaque arrondissement , et sur chaque espèce de sol , quelles sont les cultures qui conviennent.

Alors la luzerne, lestrènes, [rouge, blanc, incarnat ], le sainfoin , la lupuline , le raygrass , les bizailles se partageront nos plaines ; tout cela pénétrera en partie dans nos bocages , où l'on aura encore Timnicnse ressource des prairies anglaises , qui nourrissent une si grande quanti lé de bétail.

La pomme de terre ( elle doit marcher la première . c'est le pain de la Providence ) , le maïs , les plantes à huile , les haricots , la betterave , le rutabaga , le navet, le lin, elc , viendront nettoyer nos gucrets.

S'agit-il du froment?... Il y en a cent espèces ou variétés : chacune d'elles affectionne un sol , un climat , une localité. Tout cultivateur qui n'en Fème qu'une seule , éprouve une perte immense et qui suffit pour le ruiner. Il n'y a point de ferme où il n'en faille au moins deux , pres^jue toujours trois , souvent quatre et cinq... Chacun doit essayer , comparer , juger , choisir celle que demande cette terre, ce champ, celte petite portion du sol.

Il y a de simples cultivateurs , dans mon voi.sinage , qui se livrent à ces expériences avec une intelligence admirable. Nous avons déjà trouvé Ix'aucoup mieux que nous n'avions , et pourtant il nous reste une infinité dessais à faire. Plusieurs vous diront : Serriez le gros blé sur ce s<^»l humide ; le grand rouge sur cette terre forte ; le bleu réussira W\ ; lo petit rouge lu ; je placerais le froment commun sur ce terrain. Enfin , le gros blanc el le petit blanc conviennent aux terrains nian'*cageux.

Enfin, nouîf sommes convaincus par les faits , que . lorsqu'on donne

Si plusieurs départemens adoptaient la méthode , il conviendrait qu un journal politique lui consacrât le tiers ou la moitié d'ime de ses colonnes.

Si Ton améliore l'enseignement sur im point , si l'on fait quelque découverte sur un autre , on le sait de suite. Cette publicité entretient l'émulation et propage la science. On

à une terre une espèce de blé qui lui convient , il y a un bénéûce certain d'une semence et demie à deux semences au moins : ce qui nous fait , dans le département , un produit de trois à quatre millions.

L'agriculture est vraiment une science , et une science de localités.

La terre recèle une foule de mystères ; il faut la fouiller long-temps, observer toujours , afin d'en ramener quelques-uns à la surface. Mais il faut les saisir , les fixer , les produire au grand jour ; autrement ils périssent avec celui qui les a découverts, et le flambeau s'éteint.

Lisez , à l'avant dernière note l'histoire de la routine : il y a 400 ans qu'elle dure ; quoiqu'il soit démontré qu'avec elle la population ne peut pas augmenter d'un homme , les produits d*un grain , les revenus d'une obole.

Eh bien ! au moyen d'un peu de raison et de jugement , d'instruction , d'essais et d'expériences , nous arriverons dans moins de vingt années à créer d'autres usages. Ils deviendront , ù leur tour , une routine , et d'autant plus durable que ce sera ia routine des intérêU. Alors tout sera fait, vous aurez atteint le but et pourrez vous reix)ser.

C'est au nom d'un peuple malheureux et des générations que je vous adjure ! Acceptez , adoptez la méthode.

Nous n'en voulons pas , m'a dit un' personnage influent, dans sa brusque franchise. Que signifient ces adjurations? Etes-vous donc le patriarche de l'agriculture ou l'avocat de la postérité?... Non , mais un avocat de village qui vient nous régenter , qui nous apporte une méthode comme à des écoliers. Nous la repoussons. Nul ne sera prophète en son pays : c'est écrit dans l'Évangile. Nous gardons notre culte et nos autels , notre société qui n'a fait de mal à personne, nos primes qui ont accommodé beaucoup de monde.

Portez ailleurs vos principes et vos expériences , vos conseils et vos raisonnemens , vos observations et vos préceptes , vos livres et vos adages. Attaquez-vous ù d'autres départemens : Qu'ils ramassent b méthode, si elle en vaut la peine !

Oue répondre?... Rien... Prenez ou laissez, suivant vos intérêts. Je suis neutre dans cette affaire ; mais ne cédez point à l'influence des coteries et jugez vous-mêmes.

BfETHQDE NOIA'ELLE ET GENERALE. SI 3

lit où se trouvent les petits livres populaires; on les réunit , 1 prend ce qui convient , et ils se perfectionnent plus vite. . . [ais je crie dans le désert, et personne ne me comrend (*].

Veut-on échanger des inspecteurs! La proposition est lite et acceptée par le journal. La plupart des propriétaires abonneraient de préférence à celui de la méthode.

DE L'AUTORrrÉ.

L'association marche de concert avec elle. Les fonctionaires en font également partie ; les préfets et les sousréfets sont associés de droit, pendant la durée de leur dministration.

Mais ce n'est pas à ce rôle passif que se borne leur in-

{*) J'avouerai iDgénuement que, de tous ceux auxquels j'ai commuliquc cetle méthode , il n'en est pas un seul qui ne me Tait remise iveo un sourire de pitié , et qui ne m'ait dit , par son geste , son siencc ou ses manières : L'auteur est un imbécille.

Ce jugement ne me blesse pas, et tous ceux qui la liront peuvent fo dire autant saiis que je me fâche.

Je n'irai pas même crier orgueilleusement à chacun : Faites mieux. fe sais très-bien qu'on peut sentir les défauts d'un ou\Tage , sans [KNivoir , en raison de la nature de ses études , en faire un meilleur.

MaL> je dirai au conseil général : Votre agriculture est dans un état léplorable ; le cultivateur vit dans l'ignorance de son état ; des moyens l'enseignement et d'améliorations sont nécessaires.

Ces faits, vous ne les contestez pas. Eh bien I fondez un prix de iix mille francs; appelez à concourir lessavans de la capitale et ceux de l'Europe entière. Les théoriciens et les praticiens vous apporteront ilors le fruit de leurs veilles et de leur expérience , et vous doterez votre pays et la France d'une institution qui doublera les produits dans 5o départemens.

Ne craignez point qu'on vous blâme : les hautes conceptions n'appartiennent qu'aux hommes de mérite ; et si leur puissance est méconnue cpielque temps , elle finit toujours par doinjner les masses.

Voilà les grands problèmes d'économie politique que les gouverncmens et les corps de l'État doivent jeter dans les populations : elles les résoudront , s'ils sont solubles.

Ne croyez pas que je tienne à ma méthode, J*en veux une et voilù tout ; car ce qui existe ne vaut rien.

fluence. Us doivent dire : Vos inspecteurs chassent , s'amusent et ne travaillent pas ; l'agent est paresseux , le correspondant néglige ses devoirs. Vous n'avez rien fait, dans telles conununes ; si vous n*y avez pas d'associés , choisissez des cultivateurs, donnez des graines, encouragez, flattez Tamour-propre , agissez.

Sur tout cela , l'autorité doit être inexorable. Les associations vieillissent comme les hommes et s'éteignent, comme eux, dans la langueur et l'atonie. Si enfin on ne peut vaincre l'inaction , on change les agens salariés. On imprime un nouveau mouvement , et on redonne la vie à l'association'.

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