‹ ŒuvresChapitre 4 sur 47 · DES EDITEURS DE 17G · texte numérisé non relu

DES EDITEURS DE 17G

dont il faisait peu de cas, mais dont le public jugera différemment. Son intention était de travailler à un grand poème épique ; il en avait déjà choisi le sujet et esquissé le plan. Quel dommage qu'il ne Tait point exécuté! Ses amis, qui ne lui en ont entendu parler que légèrement , ne sont pas en état d'en rendre compte ; ils savent seulement que c'est la découverte du nouveau monde qu'il se proposait de célébrer.

M. de Malfilâtre avait aussi l'ambition de courir la carrière du théâtre; quelques morceaux excellens répandus dans une tragédie ' qui ne porte point son nom sont une preuve des succès qu'il pouvait s'y promettre. Ses talens prodigieux et rares n'étaient pas seulement un don delà nature : il les devait en partie à la lecture des anciens dont il se nourrissait tous les jours , et surtout à celle de Virgile dont il avait fait une étude particulière. Il avait même traduit en vers les endroits les plus intéressans de ce poète : on ne craint pas d'avancer qu'il est dans cette tra-

' dylcmnosùe , imprimée à Paris en i7Gr.

diiclion souvent égal à l'original; il était peiit-étre le seul homme en état de nous rendre Virgile avec toutes ses beautés; nous souhaitons ardemment que les gens de lettres qui ont entre les mains les diflérens morceaux de sa traduction mettent bientôt le public dans le cas de justifier notre jugement.

M. de Malfdâtre était né à Caen, d'une famille honnête, en 1733; il avait fait avec distinction ses études en cette ville, chez les Jésuites, et montré pendant sa jeunesse le germe des talens qu'il a développés dans un âge plus avancé , et qu'il aurait portés au plus haut degré de perfection, s'il eût vécu plus long-temps et plus heureux.

Il est mort à Paris le 6 mars 1 767 , après avoir souffert avec courage les douleurs les plus longues et les opérations les plus cruelles. Les sentimens de religion qu'il avait toujours montrés pendant le cours de sa vie se sont réveillés avec plus de force dans ses derniers momens. Prêt à lui faire le sacrifice de sa vie , il aurait encore désiré lui faire celui de ses ouvrages; il avait mên\e exigé de ses amis de ne pas les laisser paraître après lui; mais nous ne

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