PROLOGUE
Aspasie assembloit ce que toute la Grèce Âvoit de grand et de poli.
Sur ce terrain brillant de grâce et de ri(
Tous les fruits avoient leur saison ; La gravité sévère y suivoit la vieillesse, Le calme Tâge mûr, laudace ki jeunesse.
Instruits, par la comparaison.
De ce qui plait, de ce qui blesse, Tous dévoient Tun à l'autre une heureuse souplesse.
Le riant épicurien T déridoit Fàpre stoïcien ;
Sous les yeux de lenchanteresse, Pleins de grâce, àrla*fois, et de sévérité, Le bon sens n eût osé se montrer sans finesse.
L'illusion sans vérité,
L'enthousiasme sans justesse i Le bon exemple y formoit le bon ton ; La criticpie sévère avoit sa politesse.
L'éloge sa délicatesse ;
C'étoit la fleur de la raison
Et la moisson de la sagesse.
Là, dans les doux transports d'une amoureuse ivresse,
Le front paré de fleurs ou de lauriers , Les fameux orateurs, l'élite des guerriers, Parloient de leurs combats, ou de leurs ambassades, Rapportant d'un grand nom l'illustre autorité,
Déployoient avec liberté.
Sans froid raisonnement, sans folles incartades, Leur vieille expériaice, ou leur jeune gaieté. Là, brilloient sans orgueil, mais npn sans dignité, Les Périclès et les Alcibiades (^) ,
Qui, parant leur autorité
Du suffrage de la beauté, L'aimoient comme la gloire, et bien plus que la vie ;
Et, pour un regard d'Aspasie,
Oublioient la postérité.
Là, les yeux pétillants et d'amour et de verve, Le divin Phidias venoit à la beauté
Offrir, avec timidité.
Son Jupiter et sa Minerve.
Là, de Platon le maître respecté,
Par des accents pleins de noblesse, Ramenant à lespoir la triste humanité,
Faisoit entendre à la foiblesse Le dogme consolant de Timmortalité.
Aussi son amante ravie Aspirant, pour lui plaire, à la célébrité,
Après lavoir aimé toute sa vie, Vouloit suivre son vol vers la postérité.
Tous deux, en même temps, admirés dans la Grèce, L'un à lautre payoient un encens mérité.
Aspasie, en beaux vers, célébroit la sagesse , Et Socrate amoureux encensoit la beauté.
D'accord avec ses yeux, son caur Tavoit choisie ;