‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 7 sur 14 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Je suis content de ma journée ;

De mes poétiques travaux,

Ma diligente matinée

A vu naître les fruits nouveaux.

Dans ma paisible solitude J'ai rassemblé mes amis les plus chers, Amateurs, comme moi, des beaux^arts, des beaux vers, Éclairés par Tusage et polis par Fétude, Que chaque soir, dans mon humble réduit, Auprès de moi l'habitude conduit ;

NonThabitude routinière.

Qui , ae traînant dans son ornière , Dans la même assemblée et dans les niâmes lieux, S'en va porter sa face coutumière

Et ses propos fastidieux ;

Mais l'habitude libre et fière Qui, chez ses bons amis, les mêmes qu'autrefois, S'acheminant par goût et s'arrétant par choix.

Dans sa visite journalière.

Sans faste, sans bruit, vient à pied.

218 LA CONVEÏSATIO».

Avec sa grâce familière, Vider, en causaat, la théière, Ou le flacon de Famitié.

Par une amère et douce souvenance,

Nous sommes remontés aux jours de notre enfaiiM :

Ces jours d'insouciance et de captivité ; Ces j ours de crainte et d'esp^nce , Et de tristesse et de gaieté.

Nous aimions à revoir, dans cette douce image.

Et les fruits de Tétude et les fleurs du jeune à^ ; Nos peines, nos amusements.

Nos raquettes, nos rudiments,

La liberté des champs, les barreaux du collège; En hiver nos boules de neige, £t dans Tété , nos ri<;ochets ;

Nos frivoles plaisirs, nos douleurs passagères.

Pour tromper nos pédants , nos ruses mensongères , Et leur férule et nos hochets ,

La balle , le sabot tournant sous la courroie ;.

Le cerf-volant, objet de surprise et de joie Pour les msurmots qui , le suivant des yeu&, Croyoient monter avec lui dans les cievx.

/ Souvent encore avec délices.

De nos scolastiques essais, Nous nous rappelions les esquisses ,

Et nos premiers travaux, et nos premiers succès; Qui de nous , du laurier ckfisiqae, Vit ceindre son front jeune encor;

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