‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 8 sur 14 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Qui , dans la lice poétique, Risqua le premier son essor.

Tantôt des meeurs, du caractère.

Boudeur ou gai, folâtre ou sérieux, Dans notre enfance et dans nos premiers jenz. Nous recherchions Télan involontaire ; Ces premiers traits, ces préludes obscurs, Des défauts, des vertus, et des talents futurs ; Qui de nous, sous les lois d'un pédagogue austère. Sujet obéissant et docile écolier.

De bonne heure apprit à plier Au joug d'une régie sévère.

Son caractère moutonnier; Lequel de nous, malgré sa chaire dominante.

Sa coiffure carrée et sa robe imposante ^ Sur le nez du régent faisoit, d un doigt hardi. Voler le pain en boulette arrondi.

Sans pesanteur, sans morgue doctorale, Souvent nous raisonnions des lois, de la morale, Des défauts de 1 esprit et des vices du cœur; De la science, peu commune, D'unir la gloire et le bonheur ; Du grand chemin de la fortune.

Du sentier étroit de l'honneur:

Aucun , par un babil frivole , Sur son voisin n'usurpoit la parole ; Chacun parlant, se taisant à son tour.

Du discours circulaire attendoit le retour ;

Et comme ces pinces fidèles Qui, des tisons de mon ardent foyer,

De temps en temps, pom* m'égayejr.

Font pétiller les vives étincelles, Par nn commmi accord passoient de main en ipain ;

Ainsi venant, revenant à la ronde, L entretien, tour-à-tour, sérieux ou badin.

Sans désordre suivoit sa marche vagabondç.

Et faisoit jaillir à propos Le feu de la saillie et Téclair des bons mots.

De ces aimables causeries.

Qui me charmèrent tant de fois,, J*ai conservé les images chéries ; J en goûtai les plaisirs ; j en dicterai les lois.

Dans les sociétés et les âges antiques.

Causer fut le premier des plaisirs domestiques ;

Et dans cette altière cité.

Mère du despotisme et de la liberté, Dont les bandes républicaines, Aux bords de TEurotas, aux rives africaines, A travers les débris de vingt trônes divers, Alloient porter ses lois, ses drapeaux et ses fers ; Si du Forum les fougueuses cabales, Ou du sénat les discordes fatales.

Ou les attentats des méchants.

Les avoient exilés dans leurs maisons des champs,

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