‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 30 sur 80 · A MADAME LA COMTESSE DE B · texte numérisé non relu

A MADAME LA COMTESSE DE B

8t7R son JAllDIIf D*A**.

J'ai parcouru ce jardin enchanté, Modeste en sa richesse, et simple en sa beauté. Qu'on vante ces jardins tristement magnifiques,

Où l'art, de ses mains symétriques.

Mutile avec le fer les tendres arbrisseaux ; Où des berceaux pareils répondent aux berceaux. Où le sable jaunit les terres nivelées ; Où l'ennuyeux cordeau dirigea les allées.

Où l'œil devine tout, et prompt à tout saisir,

D'un seul regard dévore son plaisir !

Oh ! que j'aime bien mieux l'énergique franchise Et la variété de ces libres jardins.

Où le dédale des chemins M'égare doucement de surprise en surprise ; Ces bouquets d'arbres verts négligemment épars, Et cet heureux désordre, et ces savants hasards !

En contemplant cette heureuse imposture.

Ces naïves beautés, dont Plutus est jaloux,

J'ai dit de vos jardins ce que Ion dit de vous : C'est l'art conduit par la nature.

Cet asile délicieux, Peuplé de bois, tapissé de prairies.

Inspire, dites-vous, de doctes rêveries :

Mais celle qui l'habite inspire beaucoup mieux ; Et, malgré les attraits de ces simples retraites. Ce n'est pas la beauté des lieux Qui fait rêver dans les lieux où vous êtes.

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