‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 51 sur 80 · JABLONOWSKA · texte numérisé non relu

JABLONOWSKA

Belle Jablonowska , de mon champêtre ouvrage Daignez d uii doux souris favoriser Thommage. La camplgne inspira mes chants ; Là sont unis l'agréable et Futile ; Vos agréments sont faits pom' enchanter la ville ;

Mais vos goûts purs vous ramènent aux champs. Je ne puis vous offrir des sceptres, des couronnes, Des tem^^s fastueux, de superbes colonnes ; Mais le^n'inités, dun regard complaisant.

Daignent sourire au plus simple présent :

Ainsi la vive Ilamadryade, Ou la Nymphe des bois, ou la jeune Oréade,

Chez la pieuse antiquité, Dans un temple entouré d une pompeuse arcade.

Ou d'une riche colonnade.

Par les grands et les rois voyoit son nom fêté ; Puis rentroit dans son arbre, et sous son frais ombrage, Oubliant et son temple et les palais du ciel, Se contcntoit de Thumblc hommage

De quelque fleur, ou d'un rayon de miel.

Peut-être un jour m élançant sur vos traces,

Dans mon essor audacieux Je chanterai vos vertus et vos grâces.

L'antique sang de vos aïeux, Cette noble fierté qui n'a rien de farouche,

Qu'aucun titre n'enorgueillit; Ces entretiens charmants dont la grâce nous touche , Et la bonté qui s'embellit En s'exprimant par votre bouche.

Alors de mon succès je ne douterai plus ; Votre nom du public me vaudra le suffrage ; Avec plaisir mes vers seront reçus.

Et le sujet consacrera l'ouvrage.

Avec bonté, dit-on, mes poèmes sont lus Par votre aimable et vertueuse fille ; Pour moi c'est un titre de plus :

L'indulgence chez vous est un goût de famille ;

Même l'on dit que ses heureux essais Daignent de mes tableaux copier quelques traits (') : Si ses vers sont polis, doux, élégants comme elle, Alors, grâce à sa main noblement infidèle.

Les miens me sembleront parfaits ; Alors, dans mes Jardins et plus verts et plus frais, Pour couronner mon front je choisis l'immortelle.

(') La jeune fille de la princesse s'occupoit alors à traduire quelques morceaux du poëme des Jardins,

Dans ses Jardins, où plus d'an connoisseur Goûta la grâce naturelle De la Muse pleine d appas Qui prit la mienne pour modèle , Les yeux ne rencontreront pas Une fleur aussi fraîche, aussi charmante qu'elle. A polir mes tableaux j ai passé bien des ans ; Mais la grâce n'est pas un ouvrage du temps ; Son maintien élégant, sa forme enchanteresse

Appartiennent à la jeunesse.

Souvent Tété flétrit les filles du printemps ; Sur ce rosier, que de ses pleurs arrose La jeune amante de Tithon, Voyez ce tendi'e rejeton Montrer la fleur nouvellement éclose De son modeste et timide bouton :

Du plus brillant émail sa robe se colore.

En célestes parfums son souffle s'évapore; Du coloris le plas éblouissant Son teint varié se compose ; Le papillon léger lui-même s'y repose, L'abcillc y prend ses sucs, le zéphyr caressant D'un murmure flatteur la courtise en passant.

Et le bouton fait envie à la rose :

Voilà mon sort; mon vers (c'est cette vieille tige) Perd chaque jour de son prestige ; L'aimable fleur qui Fembellit, C'est le talent de votre fille,

Où la sagesse à lagrément s'unit ; Par lui mon vers se rajeunit, Et de ce frais bouton où la jeunesse brille, Le vieux rosier s enorgueillit.

A M. L'OEILLART-D'AVRIGNY,

Aunua d'un poèmb sur lapeteouss.

Le poëte iiiimortel d'Achille et d'Andromaque ,

Jadis d'un ton harmonieux Chanta le prince errant de la petite Ithaque ;

Grâce à tes vers ingénieux L'Ulysse des Français nous attache encor mieux. A travers les écueils, sur les gouffres de Fonde, Nous demandons aux mers sa poupe vagabonde ;

Et, tremblant pour ses joui's chéris.

Craignons, en la cherchant, de trouver ses débris. Sa Pénélope, hélas ! dans le royaume sombre, Peut-être maintenant accompagne son ombre ; L'impatient désir de retrouver Tépoux Qu a ses embrassements ravit le sort jaloux, Lui fit voir sans terreur les voûtes infernales,

Et du Styx les ondes fatales,

Qui, mieux que ses remparts de fer.

Défendent en grondant la porte de Tenfer.

Aujourd'hui, dans les bois des Champs Élysiens,

Dont les paisibles citoyens Bravent le triple cri des gueules de Cerbère, Le couple heureux entend les vers du grand Homère, Et se console en relisant les tiens.

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