‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 59 sur 80 · ÉPITRE A M. DE BRULE · texte numérisé non relu

ÉPITRE A M. DE BRULE

Perdreaux exquis, vers pleins de grâce, Les fruits de votre veine et ceux de votre chasse Dans notre humble logis arrivent à-la-fois.

Ainsi le dieu qui d un heureux délire Dans mes beaux ans m animoit quelquefois, Partage avec vous son empire :

Poète, vous touchez sa lyre; Chasseur, vous portez son carquois.

Pour moi qui, sur les monts, dans les plaines riantes, Sous la fraîche épaisseur des forêts ondoyantes. Promenant mes rêves chéris.

Poursuis des vers, et non pas des perdrix; Qui dans les airs laissant Foiseau rapide, Le lièvre dans son gîte, et le cerf dans ses bais ; Qui, chasseur paresseux et rimeur intrépide.

Chaque soir reviens sous mes toits Mon portefeuille plein, ma gibecière vide, Entre vos deux talents s'il falloit faire un choix , Au lieu de dépeupler ces terres giboyeuses, De vos festins à la gaieté si chers Inépuisables pourvoyeuses ,

Fidèle aa diea da chant que dès loiig-teim>s je sers, Je lavouerai, pour ma Muse indigente,

A vos poétiques concerts J'aimerois mieux voler quelqu'un des jolis airs

Que votre Muse négligente *

Adresse à Técho des déserts :

Gardez donc votre chii^, et laissez*moi vos vers.

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