BUFFON
(4**) Les chèvres , à lear tour, Tenlent pour noairitnre Des feuilles d'arboisier, et Tonde la plus pure.
tt On ne les laisse pas sortir pendant les neig;es et les tt frimas; on les nourrit a Pétable, d'herbes, et de petites tt branches d'arbres cueillies en automne, ou de choux, de tt navets, et d'autres légumes, n (Buffon.)
(4*) Oui, comme les brebis , l'humble thèvre a ses droits.
Rien de si agréable que cet éloge de la chèvre. Virgile sait nous intéresser à cet animal, que nous regardons comipe un des plus vils. M. de Buffon semble avoir dérobé à Virgile T§on secret ; tant il a su relever par son style enchanteur les moeurs et les opérations des animaux! On lira sûrement aveé plaisir ce parallèle qu'il fait de la chèvre et de la brebis.
« La chèvre a de sa nature plus de sentiment et de resu source que la brebis : elle vient à Thomme volontiers, elle tt se familiarise aisément; elle est sensible aux caresses, et cau pable d'attachement ; elle est aussi plus forte, plus légère, ^plus agile, et moins timide que la brebis; elle est vive, «capricieuse, lascive et vagabonde: ce n'est qu'avec peine tt qu'on la conduit et qu'on peut la réduire en troupeau ; elle tt aime à s'écarter dans les solitudes , à grimper sur les lieux tt escarpés; à se placer, et même à dormir sur la pointe des w rochers et sur le bord des précipices ; elle cherche le mâle tt avec empressement, elle s'accouple avec ardeur, et prott duit de très bonne heure : elle est robuste, aisée à nour- « rir; presque toutes les herbes lui sont bonnes, et il y en tta peu qui l'incommodent. Le tempéraflbnt, qui, dans tt tous les animaux, influe beaucoup sur le naturel, ne pa-
u roit cependant pas dans la chèvre différer essentiellement ttde celui de la brebis. Ces deux espèces d^animaux, dont ce Torganisation intérieure est presque entièrement semblait ble, se nourrissent, croissent, et multiplient de la même li manière ; et se ressemblent encore par le caractère des «maladies, qui sont les mêmes, à l'exception de quelques « unes auxquelles la chèvre n'est pas sujette. Elle ne craint «pas, comme la brebis, la trop g^rande chaleur; elle dort a au soleil, et sVxpose volontiers à ses rayons les plus vifs « sans en être incommodée, et sans que cette ardeur lui cause u ni étourdissement ni vertiges : elle ne s'effraie point des «orages, ne s'impatiente pas à la pluie; mais elle parait « être sensible à la rigueur du froid* Les mouvements ex- «teneurs, lesquels, comme nous l'avons dit, dépendent « beaucoup moins de la formation du corps que de la force « et de la variété des sensations relatives à l'appétit et au «désir, sont par cette raison beaucoup moins mesurés, « beaucoup plus vifs dans la chèvre que dans la brebis. L^n- « constance de son naturel se marque par l'irrégularité de « ses actions : elle marche, elle s'arrête, elle court, elle bon- «dit, elle satite, s'approche, s'éloigne, se montre, se cache «ou fuit comme par caprice, et sans autre cause détermi- « nante que celle de la vivacité bizarre de son sentiment « intérieur; et toute la souplesse des organes, tous les nerfe « du corps , suffisent à peine à la pétulance et à la rapidité « de ces mouvements , qui lui sont naturels, n
{^*) Ses enfants sont nombreux, son lait ne tarit pas.
« Le» chèvres peuvent s'accoupler et produire dans toutes « les saisons.
« La chèvre fournit du lait comme la brebis, et même en « plus grande abondance.
« Son lait estJ||)us sain et meilleur que celui de la brebis : « il est d'usage dans la médecine ; il se caille aisément , et l'on « en fait de très bons fromages.
K Les chèvres se laissent téter aisément, même par les en- (t fants, pour lesquels leur lait est une très bonne nourriture, a Elles sont, comme les vaches et les brebis, sujettes à être u tétées par la couleuvre, et encore par un oiseau connu sous «le nom de tète-chèvre, ou crapaud volant ^ qui s^attache à u leur mamelle pendant la nuit , et leur fait , dit-on, perdre a leur lait. » (Buffon. )
(^') Cependant wn ëponx contre Tàpre saison
Nous cède ces longs poils qui parent son menton.
Les anciens, comme on voit, ne tiroient pas autant de parti du poil de chèvre que nous. Les étoffes faites de cette matière sont une des plus grandes richesses des manufactures de Flandre et de Picardie.
(^) Le joar, au fond des bois , au penchant des collines , Elle vit de buissons, de ronces, et d'épines.
«Elles aiment mieux les lieux élevés, et les mon tagines « mêmeles plus escarpées; elles trouvent autant de nourriture u qu'il leur en faut dans les bruyères, dans Iqs terrains inu cultes et dans les terres stériles.
« L'âne et la chèvre ne demandent pas autant de soins « que le cheval et la brebis; par-tout ils trouvent à vivre, et o broutent également les plantes de toute espèce, les herbes u grossières, les arbrisseaux chargés d'épines; ils sont moins «affectés de l'intempérie du climat; ils peuvent mieux se « passer du secours de Thomme: moins ils nous appartien- « nent, plus ils semblent appartenir à la nature.» (Buffon )
(^) Mais le printemps renaît , et le zéphyr t'appelle :
Viens; conduis tes troupeaux sur la mousse nouvelle. Sors sitôt que l'aurore a rougi l'horizon , Quand' de légers frimas blanchissent le gazon; Lorsque, brillant encor sur la tendre verdure, Une fraîche rosée invite à la pâture.
M. de Buffon n'est point ici d'accord avec Virgile. La
chèvre , selon lui , doit sortir de grand matin. L'herbe chargée de rosée fait grand bien aux chèvres ; mais il la croit nuisible aux brebis.
(^^) Qaand déjà de ses chants
La cigale enroaée importune les champs.
Le chant des cigales n'est point produit par les frottements de leurs ailes, comme celui des grillons, des sauterelles ; c'est une mécanique qui leur est particulière : elles ont sous le ventre une petite cavité, dans laquelle se trouve une membrane extrêmement roide, élastique, qui a la forme d'une timbale. Deux muscles très forts frappent sur cette timbale alternativement, et produisent ce chant. M. de Réaumur, ayant disséqué des cigales , mit enjeu ces muscles, et aussitôt il fit parler sa cigale morte depuis plus de trois mois.
, Il n'y a que les mâles qi^i aient cet organe, les femelles en sont privées: en récompense elles ont un instrument dont les mâles sont dépourvus ; c'est une tarière très forte avec laquelle elles percent le bois pour déposer leurs œufs dans les trous qu'elles y font. L'œuf vient à éclore, s'échappe par le même trou sous la forme d'un ver hexapode, pénètre dans la terre, où il se nourrit de racines d'arbres, jusqu'à ce qu'il soit changé en nymphe, de la classe de celles qui marchent toujours , et qui prennent encore de l'accroissement. Quand sa métamorphose est près de finir, elle sort de terre, et grimpe sur les arbres, dont la sève la nourrit.
(4?) Telle de nos Romains une troupe vaillante
Marche d'un pas léger sous sa charge pesante. ,
Végèce, livre r% dit que le fardeau que les soldats romains portoienl ordinairement dans leur marche étoit de soixante livres. Cicéron dit, TuscuL I, n°, 37: Qui labor, quantus agminis ? ferre plus dimidiati mensis cibaria, ferre si (juid cul usum velint, ferre vallum, Nam scutum^ gladium, in
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onere nostri milites non plus numerant quant humeras, lacertosy manus. Voici comme s'exprime à ce sujet M. le président de Montesquieu, dans son excellent livre de la Grandeur et deJa Décadence des Romains : u Pour que les Romains u pussent avoir des armes plus pesantes que celles des autres u hommes, il falloit qu'ils se rendissent plus qu'hommes : « c'est ce qu'ils firent par un travail continuel qui auçmentt toit leur force, et par des exercices qui leur donnoient de M l'adresse, laquelle n'est autre chose qu'une juste dispenii sation des forces que l'on a. Nous remarquons aujourd'hui (( que nos armées dépérissent beaucoup par le travail imu modéré des soldats ( sur-tout parle fouillement des terres) ; u et cependant c'étoit par un travail immense que les Rou mains se conservoient. La raisoir&i est , je crois , que leurs tt fatigues étoient continuelles, au lieu que nos soldats pasu sent sans cesse d'un travail extrême à une extrême oisi- « veté ; ce qui est la chose du monde la plus propre à les (c faire périr. On accoutumoit les soldats romains à aller le upas militaire, c'est-à-dire à faire en cinq heures vingt ce milles, et quelquefois vingt-quatre ; pendant ces marches a on leur faisoit porter des poids de soixante livres. On les tt entretenoit dans l'habitude de courir ou de sauter tout « armés; ils prenoierit, dans leurs exercices, des épées, des tt javelots, des flèches d'une pesanteur double des armes « ordinaires, et ces exercices étoient continuels. »
(4*) Mais aux champs où l'Istcr roule ses flots rapides , Aux bords du Tanaïs et des eaux Méotides. . .
On a accusé Virgile d'exagération dans la peinture qu'il fait du fcpid de la Scythie. Mais il faut songeg|lque les anciens dl^doient souvent par la Scythie tous les peuples du Nord, comme ils appeloient Indiens tous les peuples -de l'Orient, et qu'en général les noms géographiques, chez les Romains, avoient, comme j'ai déjà remarqué, une acception très étendue. Ovide, qui fut exilé dans ces contrées.
semble avoir calqué sa description sur celle de Virgile : c^est une preuve de plus en sa faveur.
(49) La hache fend le Tin ; le froid brise le fer.
Le capitaine Jacques, qui passa l'hiver dans* le Groenland, en i63i et 1 63 2, dît que le vinaigre, Fhuile et le vin ëtoient entièrement glacés. Le capitaine Monck, danois, rapporte aussi que, dans le même pays, ni le vin ni Feaude-vie ne pouvoient résister au froid , qu'ils étoient obligés de couper ces liqueurs avec le fer, et de les faire fondre au feu avant de les boire. M. deMaupertuis, qui avoit été envoyé par le roi pour mesurer un degré du méridien sous le cercle arctique, dit qutt^ froid étoit si grand, que la langue et les lèvres se geloient sur-le-champ contre la tasse, lorsqu'on vouloit boire de Peau-de-vie, qui étoit la seule liqueur qu'on pût tenir assez liquide pour la boire, et ne s'en arrachoient que sanglantes. Il ajoute, quelques lignes plus bas, que l^esprit-de-vin se geloit dans les thermomètres.
(^<*) Là, brûle comme 1*001*8 qaifonmit sa parure...
Les peaux des bétes sont l'habillement ordinaire des nations barbares. Quelques peuples d'Amérique n'en connoissent point d'autres , et c'est ainsi que sont vêtus les Lappons.
(^*) Et boit no jus piquant , nectar de ces déserts.
Il y a dans le texte, Et pocula lœti fermenta atqtie acidis imitantur vitea sorbis. 11 s'agit de quelque liqueur semblable à la bière, au cidre, ou au poiré : peut-être cependant étoitelJe plus foi|^ ; car on sait le goût des peuples sauvages et des habitants du Nord pour les boissons qui piq&pt vivement le palais. La Motraye, dans ses voyages, parle d'une liqueur nommée hoya, dont on fait usage dans la Tartarie- Crimée: c'est, dit-il, une liqueur blanche, faite de fleurs de millet et d'eau qu'on fait fermenter ensemble.
('') Que tes (ronpcanz , couveru d'un davet précieaz , D'une laine sans tache éblouissent les yetix.
tt Gomme la laine blanche est plus estimée que la noire, u on détruit presque par-tout avec soin les agneaux noirs ou u tachés: cependant il y a d^ endroits où presque toutes les u brebis sont noires ; et par-tout on voit SQuvent naître d'un u bélier blanc et d'une brdbût blanche des agneaux noirs. En « France, il n'y a que des^Kitons blancs, bruns, noirs , et u tachés ; en Espagne, il y a des moutoqs roux ; en Ecosse, il u y en a de jaunes. » (Buffon.)
(^') S^me d'un sel piquant l'herbage qu'on leur donne.
Il faut que le sel soit bien salutaire pour les bestiaux , puisque nos paysans leur en donnent toujours, malgré les précaution^ qu'on a prises pour rendre chère une chose si commune et si nécessaire.
(^) Il hiut savoir aussi dresser des chiens fid^es.
Virgile parle ici des chiens de berger et des chiens de chasse. Voici la pdHH^ifiarmante qu'en fait M. de Buffon :
uLe chien, fl^^^Hbomme, conservera toujours une u portion del'en^jHpKh degré de supériorité sur les autres tt animaux: il leur commapde; il régne lui-même à la tête tt d'un troupeau ; il s'y fait mieux entendre que la voix du « berger : la sûreté, l'ordre et la discipline sont les fruits de tt sa vigilance et de son activité : c'est un peuple qui lui est tt soumis, qu'il conduit, qu'il protège, et contre lequel il tt n'emploie jamais la force que pour y maintenir la paix, tt Mais c'est sur-tout à la guerre , c'est contre les animaux «ennemis ou iudcp|Gpdants qu'éclate son courage, et que ' u son intelligence se déploie tout entière. Ses talents naturels tt s^réunissent ici aux qualités acquises. Dès que le bruit ttdes armes se fait entendre, dès que le son du cor ou la tt voix du chasseur a donné le signal d'une guerre prochaine, tt brillant d'une ardeur nouvelle , le chien marque sa joie
u parjiet^pltts Yi£i transports*; il annonce par ses mouvea ments et par se» crîPTimpatience de combattre et le désir ttde yainçre: iîiàjrchant ensuite en silence*, il cherche à re- «èôniiSrtt^là pays, à ^écSAjj^, à surprendre renneml a dans Ma fort; il recherche m^aces, il le suit pas à pas, «et, par dés acqMgs différents f indique le temps, la dis- M. tance, respéce,*^méme rÀ|il|>lle celui qu'il poursuit. »
(^^) Ta braves avec eux et les loups affames ,
Et le voleur hoctume , et les brigands armél^ .
Il y a dans le texte, impacaios IberQS. Les Ihères ou Espa- ^ols passoient pour de grands voleurs. Ils tirent leur nom dà fleuve Iberus : c'est TÈbre.
(56) Dulièvrefugitif interroger la trace.
Il y a dans le texte, timidos agitabis onagros. On ne voit dans aucun auteur latin que Fane sauvage se trouvât en Italie. Pline nous apprend que Mécène préfâroit la chair de Fanon domestique à celle de Fanon sauvage: il ajoute que ce voluptueux courtisan ayoitjÊÊjÊàBafitfi en honneur, mais que la mode* en passa avec ^u^^^^^P conclure de ce passage que Fanon sauvage se ser\|^^^H^ tables des Ro* mains: mais ce n'est point une pret^PÇu'il y en eût en Italie, car on sait que ces vainqueurs du monde avoient rendu Funivers tributaire de leur luxe.
Les Latins , d'après les Grecs , ont appelé l'âne sauvage onageUf onagre, qu'il ne faut pas confondre, comme Font fait quelques naturalistes et plusieurs voyageurs, avec le zèbre, parceque le zèbre estHln animal d'une espèce différente de celle de l'âne. L'onagre, oa^ne sauvage, n'est point rayé comme le zèbre, il ne Fâ|f as à beaucoup près d'une manière si élégante. On trouve des ânes sau^ges dans quelques iles de FArchipel, et particulièrement dans celle de Gérigo : il y en a beaucoup dans les déserts de Libye ^t de Numidie; ils sont gris, et courent si vite, qu'il n'y a
e les chevaux barbe# qui puissent les atteindre à la course. Lorsqu'ils voient un homme, ils jettent uÉ cri, font une ruade, s'arrêtent, et ne fuient que lorsqu'on les approcha On les prend dans des picg;es et dans des lacs de corde; ils vont par troupes pâturer et boire.
(^7) Poursuis, la flamme en main, tous ces hôtes rampants.
Il y a dans le texte, Galbaneoque agitare graves nidore chefydros. Le çalbanum est le suc d'une plante ap^péiéeferula» Dioscoride dit qu'on exprime d'une espèce àeferuia^ arbre de Syrie, un suc dont l'odeur est très forte, et ckKit la fumée chasse les serpents. Pline dit la même chose. Columelle donne aussi cette recette; il prétend que les cheveux de femme, étant brûlés, produisent leq^ême effet.
Voici l'explication des mots qui composent cette recette contre les maladies des troupeaux. Amurca est la lie de l'huile. Les anciens en faisoient un g[rand usagée en médecine. On peut lire dans Dioscoride l'énumération de toutes les vertus qu'on lui attribuoit. Spumas argenti n'est point le vif-argent, comme quelques traducteurs l'ont prétendu; c'est l'écume de l'argent qu'on épure. Scilla^ ou l'oignon de mer, est une plante bulbeuse, qui ressemble à un oignon, mais qui est beaucoup plus grosse. L'ellébore est blanc ou noir : on ^e sert de l'ellébore blanc pour les maladies de la peau. Le bitume est une substance grasse, sulfureuse, tenace et inflammable, qui sort de la terre ou qui flotte sur l'eau.
(^*) Art connu , dans le nord , de ces peuples guerriers Qui rougissent leur lait du sang de leurs coursiers.
Ces peuples étoient les Bisaltes, nation de Macédoine ; les Gétes, qui habitoient près du Danube; les Gelons, que les uns ont placés dans la Thrace, d'autres dans la Scythie. La Motraye, dans ses voyages, nous apprend que les peuples qui habitent maintenant ce qu'on appeloit les déserts des
Gétes, et plusieurs autres hordes tartares, vivent encore ^^ la même manîèt*e ; qu'un de ses g[uides , après avoir longtemps erré dans ces déserts, saigna son cheval et hut son sang. ^
(H) Timaye , Noride , 6 lieux jadis si beaux ! . . .
La Noricie est une partie de la Bavière ; Flapidie est le Frioul ou la Garniole. Le Timave est un petit fleuve du Frioul, qui va se jeter dans la mer Adriatique. Virgile, dans cette description d'une peste, avoit sûrement en vue celle qui ravagea l'Attique, et dont on trouve la description dans Thucydide et dans Lucrèce. Plusieurs de ses observations, et même de ses expressions, sont empruntées de ces auteurs ; mais il ne faut pas en conclure que cette peste soit la même que celle qu^ils ont décrite. i° Virgile la place dans un pays différent ; 2° la peste de TAttique attaqua à-la-fbis les hommes et les animaux, tandis que, dans Virgile, les hommes sont préservés de ce Qéau.
(^) Et d'une horrible toux les accès violents Étouffent Tanimal qui s'engraisse de glands.
Le^ cochons sont sujets à Tesquinancie ; ce qui augmente la vérité de l'expression angit, car cette maladie se nomme en latin angina*
(^') Mais, ses forces bientôt se changeant en fureur,
O ciel ! loin des Romains ces transports pleins d'horreur ! L'animal frénétique , à son heure dernière , Tournoit contre lui-même une dent meurtrière.
Pour bien comprendre le second de ces quatre vers, il faut se rappeler que Virgile écrivoit après les guerres civiles,
06 Rome de ses mains déchiroit ses entrailles. (S>) Voyez-vous le tatureau fumant sous l'aiguillon?
Virgile a bien senti qu'il ne suffisoit pas de décrire avec
•tu
énergie, comme Fa fait Lucrèce, les symptômes de la peste: il a su intéresser pour les animaux qui en sont les victimes; et c^est en quoi il est infiniment supéfteur à Lucrèce.
(^^) Hélas ! que leur servit de sillonner nos plaines?...
% Cet endroit plaisoit tellement à Scaliger, qu'il auroit mieux aimé, disoit-il, en être Tauteur, que d'être le favori du plus grand roi de l'univers. On reconnoit là son enthousiasme pour Virgile, qu'il mettoit fort au-dessus d'Homère.
{^^IfnJart vainca cède au mal...
Il y a dans le texte, Philly rides Chiron^ Amythaoniusque Melampus. Cfairon, précepteur d'Achille, étoit fils de Phillyre ; Melampus étoit fils d'Amythaon : ils représentent ici tous les médecins en général. ScLcer ignis, c'est le nom de la maladie contagieuse dont il s'agit : nous l'appelons vulgairement leyèu Saint'Antoine. On peut comparer cette peste avec celle que décrit Lucrèce , dont M. de La Grange nous a donné une excellente traduction en prose (>).
(*) Et tout récemment M. de Pongerville, en vers.
LES GÉORGIQUES
. LIVRE tV.
P, VIRGILII
MARONIS ^^ ^^
GEORGICA.