‹ ŒuvresChapitre 13 sur 47 · DE LA DEUXIÈME ÉPITBE · texte numérisé non relu

DE LA DEUXIÈME ÉPITBE

(*) Des astres vagabonds, du roi brillant des jour» , Calcule la distance et dirige le cours.

Ce fut dans le temps où Pope composa son poème, que se firent les premières entreprises pour aller mesurer le degré du méridien sous l'équateur et sous le cercle polaire, afin de déterminer la véritable figure de la terre ; chose de la dernière importance pour l'astronomie et pour la navigation. Il fait ensuite allusion à la chronologie de la Grèce par Newton, dont la réforme étoit basée sur ces deux sublimes conceptions, la différence entre les régnes des rois et les générations des hommes ; et la position des colures des équinoxes et des solstices, au temps de l'expédition des Argonautes.

(*) Va , vole dans les cieox, avec le grand Platon.

«11 semble, dit M. de Fontanes, que Pope, en parlant des disciples de Platon , ait voulu désigner Malebranche , quoiqu'il ne Fait pas nommé. » t Le presque divin Malebranche, a dit M. de Buffon , est le simulacre de Platon en philosophie. » La métaphysique de Fauteur de la Recherche de la Vérité 9 est sans doute pleine d'erreurs; mais ces erreurs sont brillantes. D'ailleurs , le quatrième volume renferme des vérités importantes. Les philosophes de nos jours ont souvent copié cet ouvrage , sans le citer une seule fois. Ce qui doit sur-tout rendre Malebranche précieux aux gens de lettres, c'est son style, qui réunit à-la-fois la concision et la clarté, l'éclat et le naturel. Malebranche est plein d'ima-

gination, et cependant il ne prodigue point les figures; il évite également l'abus des métaphores , ou celui des termes abstraits. Il est peu de nos écrivains en prose qui ne tombent aujourd'hui dans l'un ou l'autre de ces excès. »

( 3 ) Comme nous nom montrons an singe ingénieux.

, On dira peut-être pourquoi, au lieu d'un singe, ne pas citer un animal plus noble , l'éléphant, par exemple , que Fauteur appelle un être presque doué de raison? Je réponds : Parcequ'il falloit une figure peu différente de la figure humaine 9 accompagnée de quelque sagacité, pour donner lieu au doute si un pareil animal appartient à la classe des hommes, ou non. Ainsi la spiritualité que Newton a en commun avec les anges, jointe à sa supériorité sur les autres hommes, a pu faire soupçonner à ces êtres supérieurs qu'il appartenoit à leur ordre. C'est sur cette espèce de relation qu'est fondée la beauté de la comparaison. Les commentateurs anglais ont critiqué, avec raison, la traduction foible et inexacte que Du Resnd a faite de ces quatre beaux vers :

Snperior beings, wben of tate they s*w A mortal man onfold ail nature'» law, Admired tnch wisdom, in an eartbly shape, And shew'd a Newton, as we shew an ape.

Des célestes esprits la rive intelligence Regarde « aiec pitié notre foible science. • Newton, le grand Newton que nous admirons tons , Est peut-être pour eux ■ ce qu'on singe est pour nous. •

Quelle différence, en effet, de cette pâle imitation à la traduction de Delille !

On lit dans la belle épltre que Voltaire adresse à la marquise du Ghateleft, sur la philosophie de Newton :

Confidents du Trèt»Haut, substances éternelle! , Qui broies de tes fans , qui eouYrez de tos ailes Le troue où votre maître est assis parmi wus, Parler, du grand Newton n'ética-vous pat jaloux?

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Il y a plus de pompe et d'éclat dans la figure que Voltaire emploie ; et dans la pensée , plus de cette grandeur qui en impose d'abord : mais n'y auroit-il pas plus de vérité dans Pope? Quelle pitié, en effet, pour les substances qui puisent à leur source les vérités éternelles , que les vains efforts des hommes pour en pénétrer le mystère !

(<) Lai qui tut mesurer et régler ces grands corps.

Newton, en calculant la vitesse du mouvement d'une comète, et la courbe qu'elle décrivoit, a conjecturé, avec beaucoup de vraisemblance , que ces astres décrivent perpétuellement autour du soleil des ellipses fort excentriques, et peu différentes des paraboles.

( s ) L'attention bientôt produit l'expérience : L'habitude se forme, et t'accroît en silence.

«U ne faut pas se méconnottre; nous sommes corps autant qu'esprit : et de là vient que l'instrument par lequel la persuasion se fait, n'est pas la seule démonstration. Combien y a-t-il peu de choses démontrées! Les preuves ne convainquent que l'esprit; la coutume fait nos preuves

les plus fortes Il est vrai qu'il ne faut pas commencer

par elle pour trouver la vérité; mais il faut avoir recours à elle, quand une fois l'esprit a vu où est la vérité, afin de nous abreuver et de nous teindre de cette créance qui nous échappe à toute heure; car d'en avoir toujours les preuves présentes, c'est trop d'affaire. Il faut acquérir une créance plus facile qui est celle de l'habitude, qui, sans violence, sans avis, sans argument, nous fait croire les choses, et incline toutes nos puissances à cette créance, en sorte que notre ame y tombe naturellement. Il faut donc faire marcher nos deux pièces ensemble; l'esprit, par les raisons qu'il suffit d'avoir vues une fois en sa vie ; et les sens, par la coutume, et en ne leur permettant pas de s'incliner au contraire. » Pem, de Pascal, chap. 7.

( 6 ) I>"un acide piquant aiguise encor l'uigreur.

Saint Paul employoit précisément le même argument, pour donner la plus haute idée de l'utilité de la religion chrétienne (Ép. aux Rom., ch. VII). Mais, dira-t-on, le poète a peut-être indiqué quelque remède fourni par la religion naturelle. Bien loin de là, il laisse ici la raison destituée de tout secours. Que peut-on en inférer, sinon qu'il faut chercher le remède dans cette religion qui seule a jamais osé le promettre.

(7) Ainsi, des fiers humains que l'orgueil en rougisse, La vertu dans nos cœurs est toujours près du vice.

Ce passage a donné lieu à de vives réclamations de la part des moralistes et des théologiens. « Quoi ! se sont-ils écriés, il n'y a que peu de différence entre le vice et la vertu! Cette différence est infinie, telle qu'entre l'ordre et le chaos, entre Dieu et la créature, entre le bien et le mal , entre le néant et l'être. » On peut dire que ce sont là des raisonnements scolastiques, faits sur des considérations et des aperçus métaphysiques, qui ne sauraient les admettre, et par des hommes qui n'ont pas voulu comprendre Pope, quelque clair et intelligible qu'il soit, a Étudiez l'homme, dit-il; vous verrez que la ligne qui sépare. la générosité de la prodigalité, le zèle du fanatisme, la fermeté de l'obstination, est souvent imperceptible. On passe souvent de l'un à l'autre sans s'en apercevoir. »

(*) L'homme apprend à bénir le termcMe son cours » Et voit tranquillement s'évaporer ses jours.

Comme ce passage a été mal entendu , il est nécessaire de le mettre dans tout son jour. Cest à ces foiblesses, dit notre auteur, que nous devons tous les agréments de la vie privée; cependant, quand nous arrivons à cet âge, qui, généralement parlant, dispose les hommes à jeter un coup d'oeil plus sérieux sur la véritable valeur des choses,

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et par conséquent à faire des réflexions sur l'état à venir, la considération que les fondements de nos joies, de nos amours, et de nos amitiés, ne sont que des besoins, des foiblesses et des passions , sert puissamment à nous détacher du monde, et à nous porter à penser à un autre état. L'observation est neuve , et d'une grande vérité ; elle confirme la thèse générale que Dieu , en créant le mal, a voulu qu'il produisît le bien à chaque pas.

(9) Et pour nous rendre heureux , nous abusant toujours , De nuages dorés elle embellit nos jours.

Le P. Garasse f fameux casuiste , dans sa Somme Théologique, a déduit de ce principe une conséquence fort charitable: «Selon la justice, dit ce théologien, tout travail honnête doit être récompensé de louange ou de satisfaction. Quand les bons esprits font un ouvrage excellent, ils sont justement récompensés par les suffrages du public. Quand un pauvre esprit travaille beaucoup pour faire un mauvais ouvrage, il n'est pas juste, ni raisonnable, qu'il attende des louanges publiques; car elles ne lui sont point dues : mais , afin que ses travaux ne demeurent pas sans récompense, Dieu lui donne une satisfaction personnelle, que personne ne lui peut envier sans une injustice plus que barbare; tout ainsi que Dieu, qui est juste, donne de la satisfaction aux grenouilles de leur chant. »

THE ARGUMENT

OF TBX SATURE AND STATB OV MAff WTTH RESPECT TO SOCIETY.

The whole universe one System of society. Nothing made wholly for itself, nor yet wholly for another. The happiness of animais mutual. Reason or instinct operate alike to the good of each individual. Reason or instinct operate also to society in ail animais. How far society carriedby instinct. How much farther by reason. Of that which is cailed the state of nature. Reason instructed by instinct in the invention of arts, and in the fbrms of society. Origin of politicalsocieties. Origin of monarchy. Patriarchal government. Origin of îrue religion and government, from the same principle, of love. Origin of superstition and tyranny, from the same principle, of fear. The influence of self -love operating to the social and public good. Restoration of true religion and government, on tbeir first principle. Mixed government. Various forms of each, and the true end of ail.

ARGUMENT

DR LA WATUM ET I» L'ÉTAT Dl LROMMR PAR RAPPOUT A LA SOCIÉTÉ.

L'univers n'est qu'un système de société. Rien n'est fait entièrement pouriui-méme, ni entièrement pour un autre. Les animaux ont leur bonheur aussi bien que l'homme. La raison et Pinstinct coopèrent également au bien de chaque individu. La raison ou Pinstinct concourent à la formation des sociétés parmi tous les animaux. Jusqu'à quel point peut s'élever la société formée par l'instinct seulement. Combien die est plus parfaite, lorsque c'est la raison qui l'a formée. De ce qu'on appelle l'état de la nature. La raison éclairée par l'instinct, invente les arts et crée diverses formes de société. Origine des sociétés politiques. Origine de la monarchie. Gouvernement patriarcal. L'amour est le principe et la source de la vraie religion et d'un bon gouvernement. La crainte est le principe de la superstition et de la tyrannie. Influence de l'amour-propre sur le bien-être de la société et sur le bien public. Rétablissement de la vraie religion et d'un bon gouvernement sur leur premier principe. Gouvernement mixte. Diverses formes de chacun de ces gouvernements , et véritable but de tous.

ANESSAYONMAN.

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