A SAINT-ANGE
Sur Tenvoi de sa traduction des Métamorphoses.
Que tu rends bien ce chantre ingénieux, Qui d un style brillant, facile, harmonieux, Nous raconte si bien l'origine des choses,
Leurs effets et leurs causes, Tous ces enchantements, ces miracles divers, Dont la fable autrefois embellit l'univers; Sur un ruisseau, qui fait son charme et son supplice, Courbe le crédule Narcisse,
Qui, dans ce frais et limpide miroir,
Voit flotter son image et se plaît à se voir;
Du malheureux Atys, du triste Gyparisse, Change les bras en rameaux verds ;
Sur les feuilles d'un lys, avec grâce dépose
Le nom de cet Ajax fameux par ses revers ;
Teint du sang d'Adonis la pourpre d une rose ;
Des beaux cheveux de la jeune Daphné,
Adroitement compose
La guirlande du dieu qui de ses pleurs arrose
Les festons verdoyants dont il est couronné !
Quand il raconte ces prestiges,