DE SAINT-ANGE
Enfin , pour me consoler des chagrins et des persécutions , je m'écrie quelquefois :
Eh! quel écrivain, dans ta vie,
Haï, raillé, calomnié,
Trop souvent n'eût sacrifié
La célébrité du génie
A la douceur d'être oublié!
V Homère de la Henriadc
A va des Français, trop ingrats ,
S'obstiner à ne vouloir pas
Que la France eût son Iliade.
Le philosophe genevois,
Soixante ans eut la lèvre Imbue
Des poisons de cette ciguë
Que Socratê but autrefois ;
Banni des rives de la Seine,
N'a-t-on pas vu l'autre Rousseau
Mourir victime de la haine
Qui le poursuit jusqu'au tombeau?
Il entre beaucoup trop de vanité dans ces réflexions chagrines et si peu faites pour vous. Mais il y a des occasions où l'amour-propre est le seul remède au découragement. Et alors qui pourroit le blâmer? Je sais bien qui... mais ce ne sera pas vous. Adieu, mon illustre maître, je vous salue de cœur et d'esprit, en Ovide et en Virgile.
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