‹ ŒuvresChapitre 36 sur 47 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

Celai d'écrire et de penser, Et ponrroit un jour tapisser Les murs du temple de Mémoire.

Il ne lui faudrait , pour cela, que meubler votre muséum ; il le visitera du moins. Vous nous verserez de ce nectar que vous savez. Nous boirons à l'amitié, aux beaux vers, et nous narguerons , le verre à la main , ce censeur qui a supputé avec génie combien de fois ce mot de nectar se trouve employé dans vos Gjborgiques. Plaignons ces misérables, gourmets , pour qui l'ambroisie n'est que de la piquetttw Pour moi , qui sais au moins sentir et goûter le bon , je vous demanderai quelques prémices de ce beau poème de (Imagination auquel vous travailles , et qui doit mettre le sceau à votre gloire , et soutenir celle du siècle. Tout vous invite à couronner ce bel œuvre. Vous êtes fêté des auteurs et des belles , des courtisans et des hanquiers. Ces épais Mondorê qui faisaient vanité de ne savoir lire que dans des kttxesrd^change, se piquent de lire et de goûter vos vers. Jouissez d'un privilège si rare, qui n'a jamais appartenu qu'à vous. Si le talent des vers ne m'a pas fait beaucoup de réputation , il m'a fait encore moins de profit j et si je n'avois pour les lettres cet amour pur, dont les quiétktes faisaient profession en matière de religion , et dont Fénélon fut l'apôtre et la victime, il y a long-temps que j'aurois dû suivre ce précepte de Juvénal :

Frange, miser, cal&mos, etc.

Je sens tout l'embarras d'une position gênée. Pourquoi le dissimuler? Mais je trouve dans mon travail une première récompense. Je fais en sorte de pouvoir dire , comme le Créateur dans la Genèse: Et vidit quod esset bonum, car vous le savez mieux que personne :

Est deas in nobis; agitante oatescinras iUo.

Page 1