‹ ŒuvresChapitre 249 sur 264 · SUR LES DISPOSITIONS A LA COMMUMOÎS · texte numérisé non relu

SUR LES DISPOSITIONS A LA COMMUMOÎS

Division. Quatre dispositions sont nécessaires pour communier dignement et avec fruit : une foi respectueuse qui nous fasse discerner ; une foi prudente qui nous fasse éprouver.; une foi ardente qui nous fasse aimer; tinefoi généreuse qui nous fasse immoler. C'est le précis de la doctrine de l'Apôtre, et le sujet de ce discours.

l" Disposition. Une foi respectueuse qui nous fasse discerner, qui , malgré le voile dont le véritable Moïse se couvre sur celte montagne sainte , ne laisse pas do voir toute sa gloire ; qui est saisie d'une horreur religieuse à la seule présence du sanctuaire, qui sent tout le poids de la présence d'un Dieu , et qui effrayée s'écrie comme Pierre : lletirez-vousde moi , Seigneur, parce que je ne suis qu'un h >mme , et un homme pécheur.

Mais en rc«le-t-i!, de cette foi, sur la terre? on croit.

mais d'une foi superficielle, qui s'en tient pour ainsi dire à la surface de ce sacrement , et n'en approfondit pas la vertu et les mystères ; qui se termine à des hommages extérieurs, qui ne sent rien , qui n'a point de suite dans la vie ; en un mot, qui n'a rien de vif, rien de grand , de sublime , de digne du Dieu qu'elle nous découvre.

Il" Disposition. Une foi prudente qui nous fc!.^s6 éprouver : mais sur quoi nous éprouverons-nous? sur la sainteté de ce sacrement et sur notre propre corruption. C'est la chair de Jésus-Christ, c'est le pain des anges, c'est l'Agneau sans tache qui ne veut autour de son autel que ceux ou qui n'ont pas souillé leurs vêlements , ou qui les ont lavés dans les larmes de la pénitence : c'est un azyme pur ; il faut être exempt du vieux levain pour en manger : c'est la viande des forts ; une âme faible , chancelante , mal affermie, qui tourne à tout vent, qui plie au premier obstacle, qui se brise au premier écueil, n'est pas en élat de s'en nourrir : c'est la pâque des disciples de Jésus- Christ ; il faut donc être de ce nombre pour y participer, c'est-à-dire se renoncer soi-même , porter sa croix et suivre Jésus-Christ : enfin c'est un Dieu si pur, que les astres sont souillés devant lui : bannissons donc de nos cœurs tout ce qui est indigne de sa sainteté.

m* Disposition. Une foi ardentequi notis fasse aimer. J'ai désiré ardemment de manger cette pâque avec vous, disait Jésus-Christ à ses disciples. Or, que voulait-il nous apprendre par là? c'est qu'il faut apporter à cette table divine un coHir embrasé , pénétré , consumé par l'amour, un cœur impatient, empressé, avide; une faim et une soif de Jésus-Christ, qui nous presse d'aller à lui pour goûter combien il est doux. Mais, hélas! les uns y apportent un dégoût et une répugnance criminelle; les autres s'en apjirochent avec un co'ur pesant , un goût émoussé, une âme toute de glace ; en sorte que les images du monde et de leurs passions fout sur eux des impressions bien plus vives que la présence de Jésus-Christ et le souvenir de ses mystères : aussi portent-ils toujours à l'autel et en rapportent-ils les mêmes faiblesses et les mêmes imperfections. Quel sujet de trembler î

1V« Disposition. Une foi généreuse qui nous fasse immoler : c'est ce que l'Apôtre appelle annoncer la mort du Seigneur. Or, on annonce la mort du Seigneur en portant au pied du sanctuaire un esprit de mort et de martyre ; un désir sincère de sortir de cette prison de boue, pour jouir de Jésus-Christ ; un corps mortifié et immobile pour les œuvres dapéché ; des yeux fermés depuis longtemps à tout ce qui peut blesser la pudeur ; une langue environnée d'unft garde de circonspection ; des oreilles impénétrables aux sifflements du serpent; une âme insensible aux mépris comme aux louanges ; une âme hors de la portée des événements d'ici-bas , à l'épreuve des révolutions de la vie, égale dans la bonne et dans la mauvaise fortune, et toujours attentive à marcher d'un pas ferme vers l'éternité.

Ce n'est pas que je veuille exclure de l'autel tous ceux qui n'ont pas encore atteintàla perfection de cet état; mais il faut au moins y tendre et en avoir les prémices : sans cela , communier c'est se rendre coupable du corps et du sang du Seigneur.

ANALYSES DES SERMONS

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