‹ ŒuvresChapitre 72 sur 264 · SUR L'IMPÉNITENCE FINALE · texte numérisé non relu

SUR L'IMPÉNITENCE FINALE

Ego vado , et quœretis me , et inpcccato veslro moricmini , Je m'en vais , et vous me chercherez , et vous mourrez dana votre péché. (Jean, xvin, 21.)

Si vous n'avez pas frémi, mes frères, en m'entendant prononcer ces paroles, les plus terribles sans doute qu'on lise dans nos divines Écritures, je ne vois plus de vérité dans la religion capable de vous toucher. Pour moi, je vous avoue que j'en suis frappé de terreur; et il me semble, qu'en exposant de si formidables menaces, il faudrait plutôt prendre des précautions pour prévenir les frayeurs excessives qu'elles pourraient jeter dans les esprits, que pour réveiller l'attention et la crainte.

En effet, ce n'est pas des calamités publiques: vos villes démolies, vos femmes et vos enfants menés en servitude, et l'héritage du Seigneur en proie à des nations barbares et infidèles, que Jésus-Christ vous annonce aujourd'hui ; ni tant d'autres menaces que les Israélites , au pied du mont Sinaï , ne purent entendre sans être renversés de terreur, et sans craindre de mourir, si le Seigneur ne cessait de leur parler.

C'est l'abandon de Dieu, et l'impénitence au ht de la mort, qu'on vous annonce; des efforts pour

' Oraison du troisième dimanche après la Pentecôte.

retourner au Seigneur en cette dernière heure, inutiles et rejetés ; la réprobation consommée en ce moment fatal , et une âme depuis longtemps infidèle à la grâce, menée enfin captive par son péché : Quxretis me , et in peccato vestro moriemini. C'est la destinée déplorable de tant de fidèles, ou qui méprisent les voies du salut, ou qui ne se proposent d'y entrer qu'à la dernière heure : c'est celle de la plupart des pécheurs qui m'écoutent : c'est la vôtre, mon cher auditeur, si vous différez de vous convertir au Seigneur : Il s'en va, et vous le chercherez, et vous mourrez dans votre péché.

Grand Dieu! mais que devient votre bonté, lorsque vous abandonnez le pécheur dans cette dernière heure? Ses pleurs, ses sanglots, sa bouche tremblante collée sur le signe sacré de son salut, ses promesses de pénitence, ne peuvent-elles plus alors fléchir votre clémence? et de venez- vous un Dieu cruel pour l'homme que vous avez créé ? Ne mettons point de bornes à ses miséricordes infinies , mes frères; il peut se laisser fléchir : mais vous ne le fléchirez pas; et il vous avertit lui-même que vous ne devez pas vous y attendre : Je m'en vais, et vous me chercherez , et vous mourrez dans votre péché. Il vous le dit à tous en général , à chacun de vous en particulier, de quelque âge, de quelque sexe, de quelque rang que vous puissiez être.

Cette matière est trop effrayante pour y chercher un autre dessein , que celui que les paroles de Jésus- Christ elles-mêmes nous fournissent ; si vous attendez de vous convertir à la mort, vous mourrez dans votre péché : cette terrible vérité m'occupe tout entier ; je vous la propose avec simplicité toute seule. Or, si vous différez jusque-là votre conversion, vous mourrez dans votre péché, parce que vous ne serez plus en état alors de chercher Dieu , et de retourner à lui : Quà ego vado, vos nonpotestis venire {JoxT^. viii, 22); parce que, supposé même que vous soyez en état de le chercher, et que vous fassiez des efforts pour retourner à lui, vos efforts seront inutiles, et vous ne le trouverez pas •.Qvseretis me, et in jjeccato vestro moriemini. Première raison tirée du côté du pécheur, hors d'état, au lit de la mort , de chercher Dieu , et de retourner à lui. Seconde raison tirée du côté de Dieu irrité alors envers le pécheur, et qui ne recevra pas , ne regardera pas , méprisera même les efforts que le pécheur mourant semblera faire pour le chercher et retourner à lui. C'est-à-dire, la pénitence au lit de la mort, presque toujours impossible; la pénitence au lit de la mort, presque toujours inutile. Nous avons besoin des lumières de l'Esprit saint, etc.

Ave. Maria.

LUNDI DE LA DEUXIEME SEMAINE

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