‹ ŒuvresChapitre 234 sur 302 · LA PRINCESSE, AGLANTE, CYNTHIE, PHILIS · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE, AGLANTE, CYNTHIE, PHILIS

Oui, j'aime à demeurer dans ces paisibles lieux ; On n'y découvre rien qui n'enchante les yeux, Et de tous nos palais la savante structure Cède aux simples beaute's qu'y forme la nature. . Ces arbres , ces rochers , cette eau , ces gazons frais , Ont pour moi des appas à ne lasser jamais.

AGLANTE

Je chéris comme vous ces retraites tranquilles Où l'on se vient sauver de l'embarras des villes : * De mille objets charmants ces lieux sont embellis ; Et ce qui doit surprendre est qu'aux portes d'Élis La douce passion de fuir la multitude Rencontre une si belle et vaste solitude. Mais , à vous dire vrai , dans ces jours éclatants , Vos retraites ici me semblent hors de temps ; Et c'est fort mal traiter l'appareil magnifique Que chaque prince a fait pour la fête publique. Ce spectacfe pompeux de la course des chars Devroit bien me'riter l'honneur de vos regards.

Quel droit ont-ils chacun d'y vouloir ma présence ? Et que dois-je , après tout , à leur magnificence ? Ce sont soins que produit l'ardeur de m'acquérir , Et mon cœur est le prix qu'ils veulent tous courir. Mais , quelque espoir qui flatte un projet de la sorte , Je me tromperois fort, si pas un d'eux l'emporte.

CYNTHIE

Jusques à quand ce coeur veut- il s'effaroucher Des innocents desseins qu'on a de le toucher , Et regarder les soins que pour vous on se donne Comme autant d'attentats contre votre personne Z Je sais qu'en défendant le parti de l'amour On s'expose chez vous à faire mal sa cour : Mais ce que par le sang j'ai l'honneur de vous être S'oppose aux duretés que vous faites paroître ; Et je ne puis nourrir d'un flatteur entretien Vos résolutions de n'aimer jamais rien.

Est-il rien de plus beau que l'innocente flamme Qu'un mérite éclatant allume dans une ame ? Et seroit-ce un bonheur de respirer le jour , Si d'entre les mortels on bannissoit l'amour ? Non , non , tous les plaisirs se goûtent à le suivre ; Et vivre sans aimer n'est pas proprement vivre.

te dessein de l'auteur étoit de traiter toute la comédie en vers ; mais un commandement du roi , qui pressa cette affaire , l'obligea d'achever le reste en prose, et de passer légèrement sur plusieurs scènes , qu'il aurait étendues davantage s'il avoiî eu plus de loisir,

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