‹ ŒuvresChapitre 264 sur 302 · LA PRINCESSE, IPHITAS, EURYALE, AGLANTE, CYNTHIE, MORON · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE, IPHITAS, EURYALE, AGLANTE, CYNTHIE, MORON

O ciel ! que vois- je ici ?

iphitas, à Eurijale.

Oui, Vhonneur de votre alliance m'est d'un prix 1res considérable, et je souscris aisément de tous mes suffrages à la demande que vous me faites. la princesse, à Iphitas.

Seigneur, je me jette à vos pieds pour vous demander une grâce. Vous m'avez toujours témoigné une tendresse extrême, et je crois vous devoirbien plus par les bontés que vous m'avez fait voir que par le jour que vous m'avez donné. Mais, si jamais Vous avez eu de l'amitié pour moi, je vous en demande aujourd'hui la plus sensible preuve que vous me puissiez accorder; c'est de n'écouter point, seigneur, la demande de ce prince, et de ne pas souffrir que la princesse Aglante soit unie avec lui.

IPHITAS.

Et par quelle raison , ma fille, voudrois-tu t'op~ poser à cette union ?

Par la raison que je bais ce prince , et que je veux , si je puis, traverser ses desseins.

IPHITAS.

Tu le hais , ma fille \

ÀCTEV,SCÉNE Iî. 9§gj

Oui, et de tout mon cœur, je vous l'avoue.

IPHIT AS.

Et que t'a-t-ilfait?

Il m'a méprisée.

IPH ITAS.

Et comment?

Il ne m'a pas trouvée assez bien faite pour m'adresser ses vœux.

IPH ITAS.

Et quelle offense te fait cela? tu ne veux accepter personne.

N'importe : il me devoit aimer comme les autres , et me laisser au moins la gloire de le refuser. Sa déclaration me fait un affront ; et ce m'est une honte sensible qu'à mes yeux et au milieu de votre cour il ait recherché une autre que moi.

IPHI TAS.

Mais quel intérêt dois-tu prendre à lui ?

J'en prends, seigneur, à me venger de son mépris; et comme je sais bien qu'il aime Aglante avec beaucoup d'ardeur, je veux empêcher, s'il vous plaît, qu'il ne soit heureux avec elle.

IPHIT AS.

Cela te tient donc bien au cœur?

4oo LA PRINCESSE D'ÉLIDE.

Oui, seigneur, sans doute; et, s'il obtient ce qu'il demande, vous me verrez expirer à vos yeux.

IPHITAS.

Va, va, ma fille, avoue franchement la chose; le mérite de ce prince t'a fait ouvrir les yeux, et tu l'aimes enfin, quoi que tu puisses dire.

Moi, seigneur?

IPHITAS.

Oui, tu l'aimes.

Je l'aime, dites- vous, et vous m'imputez cette lâcheté! O ciel! quelle est mon infortune! Puis-je bien, sans mourir, entendre ces paroles? et faut-il que je sois si malheureuse qu'on me soupçonne de l'aimer? Ah! si c'étoit un autre que vous, seigneur, qui me tînt ce discours, je ne sais pas ce que je ne ferois point.

IPHITAS.

Hé bien ! oui , tu ne l'aimes pas : tu le hais , j'y consens ; et je veux bien , pour te contenter , qu'il n'épouse pas la princesse Aglante.

Ah ! seigneur , vous me donnez la vie.

IPHITAS.

Mais, afin d'empêcher qu'il ne puisse être jamais h elle , il faut que tu le prennes pour toi.

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