‹ ŒuvresChapitre 49 sur 302 · ACTE III, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IX

LÉOUOR.

Et moi , je n'ai rien vu de plus insupportable 5 Et je préfèrjcpis le plus simple entretien A tous les cïSïtes bleus de ces diseurs de rien. Ils croient que tout cède à leur perruque blonde , Et pensent avoir dit le meilleur mot du monde , Lorsqu'ils viennent , d'un ton de mauvais goguenard , Vous railler sottement sur l'amour d'un vieillard ; Et moi , d'un tel vieillard je prise plus le zèle , Que tous les beaux transports d'une jeune cervelle. Mais n'aperçois-je pas. . . ?

sgANArelle, a Ariste.

Oui , l'affaire est ainsi.

( Apercevant Léonor. ) Ah ! je la vois paroître , et sa suivante aussi.

ARISTE

Léonor, sans courroux, j'ai sujet de me plaindre. Vous savez si jamais j'ai voulu vous contraindre, Et si plus de cent fois je n'ai pas protesté De laisser à vos vœux leur pleine liberté : Cependant votre cœur, méprisant mon suffrage, De foi comme d'amour à mon insu s'engage. Je ne me repens pas de mon doux traitement : Mais votre procédé me touche assurément ; Et c'est une action que n'a pas méritée Cette tendre amitié que je vous ai portée.

LÉONOR

le ne sais pas sur quoi vous tenez ce discours : Mais croyez que je suis la même que toujours , Que rien ne peut pour vous altérer mon estime , Que toute autre amitié me paroîtroit un crime , Et que , si vous voulez satisfaire mes vœux ,

Un saint nœud dès demain nous unira tous deux.

Dessus quel fondement venez- vous donc, jfl&n frère... ?

SGAN ARELLE.

Quoi ! vous ne sortez pas du logis de Valère ? Vous n'avez point conté \os amours aujourd'hui ? Et vous ne brûlez pas depuis un an pour lui ?

LÉONOR

Qui vous a fait de moi de si belles peintures , Et prend soin de forger de telles impostures ?

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