‹ ŒuvresChapitre 58 sur 302 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Qui rompt ce qu'à mes vœux elle donne d'espoir, Et malgré ses bontés lui défend de me voir. Je crains d'avoir déjà passé l'heure promise ; Et c'est dans cette allée où devoit être Orphise.

LA MONTAGNE

Lheure d'un rendez- vous d'ordinaire s'étend . Et n'est pas resserrée aux bornes d'un instant.

ÉRASTE

Il est vrai : mais jje tremble ; et mon amour extrême .D'un rien se fait un crime envers celle que j'aime.

LA MONTAGNE

Si ce parfait amour que vous prouvez si bien Se fait vers votre objet un grand crime de rien, Ce que son cœur pour vous seot de feux légitimes En revanche lui fait un rien de tous vos crimes.

éraste.

SVIais tout de bon , crois-tu que je sois d'elle aimé ?

LA MONTAGNE

Quoi ! vous doutez encor d'un amour confirmé ?

ÉRASTE

Ah î c'est malaisément qu'en pareille matière Un cœur bien enflammé prend assurance entière : Il craint de se flatter; et, dans ses divers.soins > Ce que plus il souhaite est ce qu'il croit le moins. Mais songeons à trouver une beauté si rare.

LA MONTAGNE

Monsieur } votre rabat par devant se sépare,

N'importe.

LA MONTAGNE

Laissez-moi l'ajuster, s'il vous plaît

MoUèrc. 2. P»

86 LES FAG H E U X.

ÉRASTE

Ouf ! tu m'étrangles ; fat , laisse-le comme il est.

LA MONTAGNE

Souffrez qu'on peigne un peu...

ÉRASTE

Sottise sans pareille !

Tu m'as d'un coup de dent presque emporté l'oreille.

LA MONTAGNE

Vos canons...

Laisse-les ; tu prends trop de souci.

LA MONTAGNE

Ils sont tout chiffonnés.

ÉRASTE

Je veux qu'ils soient ainsi.

LA MONTAGNE

Accordez-moi du moins, par grâce singulière,

De frotter ce chapeau qu'on voit plein de poussière,

ÉRASTE

Frotte donc, puisqu'il faut que j'en passe par-là.

LA MONTAGNE

Le voulez-vous porter fait comme le voilà ?

ÉRASTE

Mon dieu î dépêche-toi.

LA MONTAGNE

Ce seroit conscience.

ÉRASTE , après avoir attendu»

C'est assez.

LA MONTAGNE

Donnez-vous un peu de patience.

ÉRASTE

Il me tue.

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