ACTE I, SCÈNE I
Qui rompt ce qu'à mes vœux elle donne d'espoir, Et malgré ses bontés lui défend de me voir. Je crains d'avoir déjà passé l'heure promise ; Et c'est dans cette allée où devoit être Orphise.
LA MONTAGNE
Lheure d'un rendez- vous d'ordinaire s'étend . Et n'est pas resserrée aux bornes d'un instant.
ÉRASTE
Il est vrai : mais jje tremble ; et mon amour extrême .D'un rien se fait un crime envers celle que j'aime.
LA MONTAGNE
Si ce parfait amour que vous prouvez si bien Se fait vers votre objet un grand crime de rien, Ce que son cœur pour vous seot de feux légitimes En revanche lui fait un rien de tous vos crimes.
éraste.
SVIais tout de bon , crois-tu que je sois d'elle aimé ?
LA MONTAGNE
Quoi ! vous doutez encor d'un amour confirmé ?
ÉRASTE
Ah î c'est malaisément qu'en pareille matière Un cœur bien enflammé prend assurance entière : Il craint de se flatter; et, dans ses divers.soins > Ce que plus il souhaite est ce qu'il croit le moins. Mais songeons à trouver une beauté si rare.
LA MONTAGNE
Monsieur } votre rabat par devant se sépare,
N'importe.
LA MONTAGNE
Laissez-moi l'ajuster, s'il vous plaît
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86 LES FAG H E U X.
ÉRASTE
Ouf ! tu m'étrangles ; fat , laisse-le comme il est.
LA MONTAGNE
Souffrez qu'on peigne un peu...
ÉRASTE
Sottise sans pareille !
Tu m'as d'un coup de dent presque emporté l'oreille.
LA MONTAGNE
Vos canons...
Laisse-les ; tu prends trop de souci.
LA MONTAGNE
Ils sont tout chiffonnés.
ÉRASTE
Je veux qu'ils soient ainsi.
LA MONTAGNE
Accordez-moi du moins, par grâce singulière,
De frotter ce chapeau qu'on voit plein de poussière,
ÉRASTE
Frotte donc, puisqu'il faut que j'en passe par-là.
LA MONTAGNE
Le voulez-vous porter fait comme le voilà ?
ÉRASTE
Mon dieu î dépêche-toi.
LA MONTAGNE
Ce seroit conscience.
ÉRASTE , après avoir attendu»
C'est assez.
LA MONTAGNE
Donnez-vous un peu de patience.
ÉRASTE
Il me tue.