CARI T IDE S
C'est un placet , monsieur , que je voudrois vous lire, Et que, dans la posture où vous met votre emploi, J'ose vous conjurer de présenter au roi.
ÉRASTE
Hé ! monsieur , vous pouvez le présenter vous-même.
C ARITIDÈS.
Il est vrai que le roi fait cette grâce extrême ;
Mais , par ce même excès de ses rares bontés ,
Tant de méchants placets , monsieur , sont présentes ,'
Qu'ils étouffent les bons ; et l'espoir où je fonde ,
Est qu'on donne le mien quand le prince est sans monde.
ÉRASTE
Hé bien ! vous le pouvez , et prendre votre temps.
CARITIDES*
Àl) î monsieur, les huissiers sont de terribles gens ! Ils traitent les savants de faquins à nasardes, Et je n'en puis venir qu'à la salle des gardes. Les mauvais traitements qu'il me faut endurer Pour jamais de la cour me feroient retirer, Si je n'avois conçu l'espérance certaine Qu'auprès de notre roi vous serez mon Mécène. Oui, votre crédit m'est un moyen assuré...
ÉRASTE
Hé bien , donnez-moi donc ; je le présenterai,
CARITIDÈS.
Le voici. Mais au moins oyez-en la lecture.
Non ..
CARITIDÈS.
C'est pour être instruit , monsieur : je vous conjure.