ACTE III, SCÈNE V
DAMIS
Ciel î puis- je à mon oreille ajouter quelque foi ? Est-ce la main d'Eraste... ?
ERASTÈ.
Oui , oui , monsieur , c'est moi.
Trop heureux que ma main vous ait tiré de peine , Trop malheureux d'avoir me'rité votre haine.
dàmis.
Quoi ! celui dont j'avois résolu le trépas Est celui qui pour moi vient d'employer son bras ï Ah î c'en est trop ; mon cœur est contraint de se rendre ; Et , quoi que votre amour ce soir ait pu prétendre , Ce trait si surprenant de générosité Doit étouffer en moi toute animosité.
Je rougis de ma faute , et blâme mon caprice. Ma haine trop long-temps vous a fait injustice ; Et , pour la condamner par un éclat fameux , Je vous joins dès ce soir à l'objet de vos vœux.