‹ ŒuvresChapitre 73 sur 84 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

d'une tardive instruction.

XL s'agît de décrire quelques inconvéniens où tombent ceux qui , ayant méprisé dans leur jeunesse les sciences et les exercices , veulent réparer cette «négligence, dans un âge avancé , par un travail souvent inutile. Ainsi un vieillard de soixante ans s'avise d'apprendre des vers par cœur , et de les réciter à table dans un festin (i), oii, la mémoire venant à. lui manquer, il a la confusion de demeurer court. Une autre fois, il apprend de son propre fils les évolutions qu'il faut faire dans les rangs à droite ou à gauche , le maniement des armes , et quel est l'usage à la guerre de la lance et du bouclier. S'il monte un cheval que Ton lui a prêté, il le presse de l'éperon, veut le manier j et, lui faisant faire des voltes ou des caracoles , il tombe lourdement et se casse la tête. On le voit tantôt pour s'exercer au javelot le lancer tout un jour contre l'homme de bois (2), tantôt tirer de l'arc , et disputer ^vec son valet lequel des deux donnera mieux dans un blanc avec des flèches ; vouloir d'abord apprendre de lui , se mettre ensuite à l'instruire et à le corriger , comme s'il était le plus habile. Enfin , se voyant tout nu au sortir d'un bain , il imite les postures d'un lutteur; et, par le défaut d'habitude, il les fait de mauvaise grâce, et il s'agite d'une manière ridicule.

Page 1